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Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre !
Avant son incarcération, Bahar Kimyongür avait lancé un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi, en grève de la faim depuis plusieurs mois en protestation pour les conditions de détention de ses clients. Il fut écouté mais Maître Asçi se débat encore entre la vie et la mort. Faisons du geste généreux de Bahar une victoire : Soutenons sa campagne ! [Lire]

 


Les familles des prisonniers politiques et le Clea dénoncent des traitements inhumains et dégradants en Belgique



Le Clea dénonce les traitements cruels, inhumains et dégradants et leur banalisation dans nos prisons, s'insurge contre l’isolement des prisonniers, la lumière aveuglante juor et nuit, les fouilles anales et vaginales et les contrôles incessants et appele à la mobilisation pour un système carcéral belge à la hauteur d’un Etat respectueux des droits humains.

 

chez onkelinx
17/11/2006: Action surprise du Clea et des familles des prisonniers politiques devant le “domicile” de la ministre Onkelink


Un jugement inique
Bahar Kimyongür, citoyen belge et ancien porte-parole du Bureau d’information du DHKC à Bruxelles, inculpé avec plusieurs autres prévenus dans « l’affaire Erdal », a été condamné ce 7 novembre à 5 ans de prison ferme par la Cour d’Appel de Gand, pour appartenance à une organisation qualifiée de « criminelle et terroriste ».
 
Le DHKP-C est une organisation politique turque radicalement opposée au régime d’Ankara. Dans ce contexte et en parallèle à de multiples activités à portée sociale en faveur de populations fragilisées du pays, il est amené parfois à commettre, en Turquie uniquement, des actions ciblées de résistance armée pour protéger ces mêmes populations de l’oppression violente qu’exerce contre elles l’Etat turc. A l’évidence, aucune de ces actions n’est imputable, ni de près ni de loin, à Bahar Kimyongür.

Le travail de Bahar Kimyongür au sein du Bureau d’information consistait essentiellement  à dénoncer en Belgique les violations des droits humains dont sont notoirement coupables les autorités turques à l’encontre de leurs opposants politiques. Bahar Kimyongür n’étant lui-même coupable d’aucun fait criminel, les charges et accusations retenues contre lui ont manifestement été dopées afin de justifier la sévérité du verdict.

Des conditions d’incarcération inhumaines
Les conditions de l'incarcération de Bahar Kimyongür après le prononcé de la sentence sont révoltantes. Entièrement déshabillé puis rhabillé déjà au Tribunal, il fut conduit bandé et menotté aux poignets et aux chevilles à la prison de Gand où, par “manque de place”, fut placé dans un cachot si puant que l'air était irrespirable. C'est là qu'il passera se première nuit en prison. Durant le transfert dans un combi, les policiers l'avaient soumis à l'écoute obligée d'une musique folle, à un volume assourdissant. C'est seulement le lendemain vers midi qu'il sera transféré vers une cellule. Aujourd'hui, Bahar Kimyongür est soumis à un régime d'isolement de 23 sur 24 heures (si visite d'une heure, derrière une vitre), avec un seul repas par jour. Incarcéré à Gand, il est en attente de son transfert à la prison de Bruges où sont détenus dans le cadre de cette affaire, depuis le 28 février dernier, Musa Asoglu, Sukriye Akar et Kaya Saz, respectivement condamnés tout aussi injustement que Bahar Kimyongür à 7, 4 et 4 ans d’emprisonnement.

Depuis le début de leur incarcération à Bruges il y aura bientôt neuf mois, Musa Asoglu, Sukriye Akar et Kaya Saz sont soumis à un régime d’isolement et à des conditions de détention « exceptionnelles » telles que fouilles anales systématiques et privation sensorielle. Ainsi par exemple, une lumière aveuglante de 80 watts reste allumée la nuit en permanence juste au-dessus de leur tête, les empêchant de dormir et provoquant des troubles du sommeil susceptibles d’entraîner une série de dérèglements physiques et psychiques tels que spasmophilie, claustrophobie, voire folie… Ces détenus, qualifiés de « dangereux », sont totalement isolés des autres détenus. Ils ne participent à aucune activité de la prison. Ils restent confinés dans leur cellule 23 heures sur 24 et n’en sortent que pour se rendre au préau de manière individuelle. Toutes les 30 minutes, ils sont soumis à un contrôle dans leur cellule.

Les contacts avec l’extérieur sont quasiment réduits à néant puisque seules les visites des avocats sont admises sans contraintes et que les appels téléphoniques sont limités. En outre, la confidentialité des entretiens avec les avocats n’est pas toujours assurée puisqu’ils se déroulent parfois avec une présence extérieure. Les seules autres visites qui leur sont autorisées sont, dans certains cas, celles d’un cercle familial défini de manière très restrictive. Même les gardiens sont surpris par la dureté des conditions de détention qui visent ces trois détenus…Pendant le procès en appel, lors de chaque transfert entre la prison de Bruges et le Palais de Justice de Gand, Musa Asoglu, Sukriye Akar et Kaya Saz se virent affubler d’un gilet pare-balles d’un poids de 10,5 kg. Doublement menottés, ils portaient aux poignets une paire de menottes classiques, une seconde paire étant fixée à la ceinture de leur camisole de force. Ils étaient en outre contraints de porter des menottes aux pieds ainsi qu’un bandeau sur les yeux. A l’occasion de chaque comparution, ils étaient déshabillés et mis à nu par trois fois. Il leur était également interdit de porter leurs propres sous-vêtements, chaussettes et chaussures. C’est du reste en raison de ces pratiques humiliantes que Musa Asoglu et Sukriye Akar refusèrent de se présenter devant le tribunal de Gand le 7 novembre dernier. 

Totale illégalité
Ce régime carcéral inhumain semble être le fait de la ministre de la Justice, laquelle, malgré quatre requêtes des avocats en extrême urgence, renouvelle inmanquablement ses directives auprès de l’administration pénitentiaire afin que ces mesures de coercition soient maintenues, voire renforcées. Il faut souligner que ces méthodes sont contraires aux libertés et droits fondamentaux reconnus par la Convention européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants et qu’à ce titre, le CPT, Comité du même nom, chargé du contrôle du respect de la Convention, a déjà tancé la Belgique pour l’absence de bases légales en la matière. Les autorités pénitentiaires agissent donc dans une totale illégalité - ce que les juridictions belges ont également rappelé à quatre reprises, réclamant la suspension de toute mesure visant ou ayant comme effet de perturber le sommeil.

Grève de la faim
Notre concitoyen Bahar Kimyongür est en passe de devenir également victime de ces traitements inacceptables. Le Néerlandais Musa Asoglu et l’Allemande Sukriye Akar, quant à eux, sont en grève de la faim depuis le 30 octobre dernier pour protester contre leurs conditions de détention à la prison de Bruges.
Le Clea soutient ces prisonniers politiques et, saluant leur courage, en appelle à tous les démocrates humanistes de Belgique et d’ailleurs pour dénoncer avec force ces atteintes aux droits fondamentaux garantis par la Constitution belge, ainsi que le mépris flagrant, dans le chef de madame Onkelinx en particulier, de l’autorité de la chose jugée!

Non à l’isolement des prisonniers, à la lumière aveuglante, aux fouilles anales et contrôles incessants! Refusons les traitements inhumains et dégardants et leur banalisation dans nos prisons! Mobilisons-nous tous pour un système carcéral belge à la hauteur d’un Etat respectueux des droits humains!


Action surprise devant le domicile de Madame Onkelinx
Le Clea et les familles des prisonniers politiques ont organisé une action-surprise le vendredi 17 novembre 2006 devant le “domicile” de la Ministre Onkelinx à Schaerbeek. Ils entendaient dénoncer ainsi les conditions de détention inhumaines et dégradantes infligées aux condamnés du procès DHKC.
Une lumière aveuglante fut projetée vers la maison de Madame Onkelink “pour qu'elle comprenne ce qui doivent subir, suite à ses instructions, les prisonniers politiques. Étaient présentes, la famille de Bahar Kimyongür, de même que les familles de Musa Asoglu et Kaya Saz, qui s'étaient déplacés d’Allemagne et des Pays-Bas. Plus de 150 personnes ont répondu à l'appel. Mais le combat ne fait que commencer et sera de longue halaine.
[Lire plus] [Visionnez ici les images vidéo que vous ne verrez pas au JT - Pourquoi ?]


Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit et comdamné aujourd'hui à cinq ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 
 

autocollant
Bahar Kimyongür est un symbole
Il est le symbole des dangers que la lutte contre le “terrorisme” fait peser sur nos libertés

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«Dis-moi avec qui tu colistes...»
Lire :

«Un citoyen belge livré pour des raisons électoralistes à un régime pratiquant la torture ?»

Consultez aussi :
www.mouvements.be


Actualité de Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
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