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Procès du DHKC
en Belgique :
Quand
une certaine presse joue sciemment le
jeu attendu par une nomenklatura prête
à violer la loi
A travers un article
d'opinion déguisé en article
d'information, un journaliste d'un grand
quotidien francophone fermant les
yeux sur le fait qu'on vient de découvrir
que des hauts dignitaires de l'État
ont violé la loi en vue de "vendre"
un compatriote à la Turquie, pays
pratiquant la torture se sert de
la technique de la rumeur et de l'amalgame
pour suggérer aux juges de la Cour
de Gand le verdict qu'ils devraient prononcer
le 7 novembre dans le procès contre
le DHKC et le citoyen concerné
par le marchandage susmentionné.
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Sous
le titre : "Pas
d'angélisme : c'est un
groupe criminel et terroriste"
(1),
le journaliste Roland Planchar du quotidien
La Libre Belgique
(20/ 09/2006) envoie aux juges de la
Cour de Gand, un message sans ambiguïté
pour le 7 novembre à Gand : "Il
faut admettre que l'angélisme
qui consisterait à exonérer
le DHKP-C de son caractère criminel
et terroriste serait tout à fait
déplacé." Pour
ce faire, il se livre à la
pratique de l'amalgame, de la diffusion
de rumeurs
fumeuses, de la mise en rapport d'énoncés
disparates à propos de pseudo-faits
nullement liés entre eux, voire
de mensonges et de calomnies.
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Belga
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L'article de Roland
Planchar
(La
Libre Belgique - 20/09/2006)
«Pas d'angélisme
: c'est un groupe criminel et
terroriste»
[Lire]
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Par ailleurs, de quel droit M.
Planchar déguise-t-il un article d'opinion
en article d'information et le place-t-il
ailleurs que dans la section "Agora"
de son journal ? Nous sommes de toute
évidence en présence d'une tentative
évidente de tromperie des lecteurs...
PASSONS EN REVUE QUELQUES-UNES DES ACCUSATIONS
LES PLUS GROSSIÈRES DE M. PLANCHAR :
"(Le DHKP-C) s'en prend volontiers à
des symboles de l'État turc et tue
parfois dans les bus stambouliotes."
M. Planchar ferait bien d'investiguer
un peu, de lire tout simplement la presse,
y compris turque, avant d'avancer des affirmations
susceptibles de compromettre des personnes
innocentes. Il aurait appris ainsi que le
seul exemple que l'on pourrait retenir à
l'appui de son accusation n'est même
pas un attentat mais une explosion accidentelle
dans un autobus. Cela s'est passé le
24 juin 2004. Il aurait donc dû dire
: "(il) est arrivé
une fois qu'une explosion accidentelle ait
tué dans un bus stambouliote".
M. Planchar aurait appris aussi que le mouvement
qu'il hait tant s'était alors excusé
auprès des familles des victimes (communiqué
n° 335) et que même le chef de la
police et le gouverneur d'Istanbul Muammer
Güler avaient déclaré que
la cible n'était pas l'autobus. Le
DHKP-C étant avant tout une organisation
politique, et seulement secondairement une
organisation armée, il se caractérise
par un choix de cible méticuleux. Cette
qualité lui est même reconnue
par ses ennemis (2).
"En 2001,
on passe aux attentats-suicides, avec par
exemple trois morts le 10 septembre à
Istanbul, l'attentat étant revendiqué...
au départ de Bruxelles !"
C'est là une accusation
extrêmement grave ! Quel est l'attentat
revendiqué au départ de Bruxelles
? L'accident pour lequel le DHKP-C présenta
ses excuses, et que le bureau d'information
bruxellois du DHKC traduisit et diffusa à
Bruxelles ? Traduire et diffuser une présentation
d'excuses pour un accident et revendiquer
un attentat sont tout de même deux choses
diamétralement opposées ? Question
: pourquoi le procureur Delmulle, qui hait
le DHKC au point d'aller jusqu'à agir
en marge de la loi dans le but de le criminaliser,
ne s'est-t-il pas emparé de ce "fait"
afin d'alourdir son réquisitoire ?
Tout simplement parce qu'il n'y a jamais eu
d'attentat revendiqué au départ
de Bruxelles. Le bureau d'information du DHKC
n'est pas un QG militaire comme veulent le
faire croire l'État turc et M. Planchar
! Ce bureau ne fait que recevoir l'information
tant en provenance du DHKP-C que, d'ailleurs,
d'organes de la presse nationale et internationale.
Comment expliquer cette volonté
de travestir à tout prix la réalité,
sans s'interroger sur la présence presque
certaine de fortes pressions ? De
l'État turc ?, du procureur Delmulle,
d'autres hauts dignitaires belges ayant participé
au complot destiné à permettre
qu'un de nos compatriotes soit livré
à ses futurs tortionnaires ?
Ou, traîner le DHKC dans la boue est-il
devenu une cause personnelle pour M. Planchar ?
"Son financement ?
(...) On évoquait, en marge de l'accusation,
"des procédés couramment
employés par des organisations terroristes
moyen-orientales", à savoir le
racket, le hold-up et le trafic de stupéfiants."
Un peu d'investigation s'il vous
plaît ! En réalité,
jamais un seul militant du DHKP-C n'a été
arrêté pour trafic de stupéfiants
ou hold-up. Le trafic de drogue est au contraire
durement combattu par le mouvement (3).
D'autre part, les statuts du DHKP-C interdisent
formellement à leurs militants de recourir
à des "actions d'expropriation".
Ainsi, pas un seul fait pareil n'a été
signalé depuis 1994, date de la fondation
du DHKP-C (à l'époque de Devrimci
Sol, il arrivait que des banques soient
attaquées). Comment, sans une dose
non négligeable de mauvaise foi, un
journaliste peut-il se permettre de tirer
une conclusion d'une allure aussi univoque
au départ d'un contexte qui ne devrait
permettre, tout au plus, que des questions
et des présomptions ?
"La famille
d'Ozdemir Sabanci, l'un des industriels turcs
les plus importants, accuse (...) Fehriye
Erdal, d'être complice d'un triple assassinat
commis le 9 janvier 1996 à Istanbul.
M. Sabanci avait été abattu
en même temps que Haluk Gorgün
et Nilgün (...) Si Erdal nie (contre
l'évidence des caméras), la
Turquie et la famille Sabanci ont tout fait
pour obtenir son extradition."
Le poids de l'accusation de M. Planchar
contre le DHKC (4)
repose ici sur quelques mots qui sembleraient
ne mériter pas plus que d'être
entre parenthèses :
"contre l'évidence des caméras".
C'est sur cela qu'il veut bien évidemment
insister... Les autorités turques prétendent
que Fehriye Erdal se trouvait dans le bâtiment
au moment de l'attentat, ce qu'elle nie. Le
régime turc sort alors "la preuve"
: un enregistrement vidéo. Mais, la
date et l'heure qui apparaissent dans les
images des caméras de surveillance
des tours Sabanci peuvent, comme on le sait,
aisément, avoir été trafiquées.
Fehriye Erdal, jeune étudiante, âgée
à l'époque de 19 ans, travaillait
en effet dans les tours Sabanci. Elle était
connue par la police turque comme sympathisante
du DHKP-C pour avoir été arrêtée
le 8 mars 1995, en marge de la journée
mondiale de la femme, après un collage
d'affiches dans le campus de son université.
Quelques minutes après l'attentat qui
a visé le milliardaire Sabanci, les
écrans de télévision
avaient immédiatement affiché
son portrait en tant que suspecte n° 1.
Pourtant, Fehriye Erdal n'était pas
sur les lieux au moment des faits. Face aux
cris de vengeance retransmis à la télévision
et qui la visaient personnellement, Fehriye
Erdal a naturellement décidé
de se cacher (5).
Mais pourquoi se cacher si l'on est innocent ?
Parce les faits se passent en Turquie. En
effet, peut-on faire confiance au régime
turc ?, surtout quand on connaît les
"preuves" que prétend apporter
un tel régime dont le caractère
non démocratique ne semble pas poser
problème à M. Planchar
en dehors de toute contextualisation historique ?
(6)
"D'autant
que, à Bruges, le parquet avait révélé
que le DHKP-C avait monté un camp de
"formation" à Stavelot et
qu'il avait subi des plaintes pour extorsion."
Nous sommes en présence
ici des seules accusations de M. Planchar,
avec celle concernant le trafic de drogue,
que le procureur Delmulle a jugé lui
aussi utile de retenir dans le procès.
La défense s'est déjà
chargée de répondre à
la question relative à ce "camp
de formation" lors du procès en
appel à Gand. Il s'agissait en fait,
comme Bahar Kimyongür l'a expliqué
dans sa plaidoirie du 19 septembre à
Gand (7)
d'un camp familial de vacances. Notons au
passage que, malgré qu'il ne dispose
d'aucun élément matériel
pouvant prouver son accusation, M. Planchar
met insidieusement le mot "formation"
entre guillemets dans le but évident
de suggérer qu'un autre type d'activité
se cachait derrière ce terme.
Quant aux allégations d'extorsion
reprises par notre journaliste, elles sont
également de la pure invention du procureur
dont on connaît les méthodes.
Par ailleurs, pour les avancer, Monsieur Delmulle
"s'appuie" sur... des lettres anonymes.
Des procédés utilisés
habituellement par les dictatures pour "écarter"
(avec guillemets à la Planchar) leurs
opposants.
Et Monsieur Planchar de terminer
son torchon par une conclusion sans appel :
"Si l'on sait
de surcroît que la Sûreté
de l'État avait déjà
noté divers méfaits (comme des
cocktails Molotov contre les bureaux bruxellois
des "Turkish Airlines", en 1992),
il faut admettre que l'angélisme qui
consisterait à exonérer le DHKP-C
de son caractère criminel et terroriste
serait tout à fait déplacé."
Observons tout d'abord la construction
discursive de M. Planchar : "la
Sûreté de l'État avait
déjà noté divers méfaits".
Il omet d'ajouter : "Plus
ou moins
un". Par ailleurs,
le jet de cocktail Molotov en question date
de... juillet 1991 ! Le DHKP-C n'existait
même pas ! Ceci, Monsieur Planchar
aurait pu le savoir si seulement s'était
donné la peine de consulter le dossier
judiciaire du procès en première
instance à Bruges (il se trouve même
sur internet !) C'est la seule action
forte attribuée à... Devrimci
Sol, l'une des organisations ayant
donné naissance au DHKP-C, il est vrai.
Les faits datant d'il y a plus de 15 ans,
il est pour du moins exagéré,
voire abusif, de prétendre impliquer
des membres du DHKC en Belgique en remettant
sur le tapis un acte isolé, qui n'a
visé qu'un bâtiment vide, provoquant
des dégâts matériels ont
été quasi inexistants, et réalisé
par des personnes d'une autre organisation
(que les actuels membres de DHKC n'ont sans
doute même pas connu).
Mouvement dur ?
M. Planchar qualifie le DHKC de "mouvement
dur". Mais s'il s'était donné
la peine d'investiguer tant soit peu avant
d'étaler ses accusations, il aurait
appris que le DHKC est essentiellement un
mouvement social et populaire et non une organisation
principalement militaire. Car, effectivement,
vu de l'unique angle militaire, toutes les
branches armées de n'importe quel mouvement
apparaîtront comme "dures".
Monsieur Planchar aurait appris aussi que
les actions militaires du DHKC sont très
sporadiques, tandis que sa lutte démocratique
est quotidienne et permanente. Et il aurait
appris de plus que le DHKP-C n'a jamais exporté
son conflit en dehors des frontières
de la Turquie...
IGNORANCE OU MAUVAISE FOI ?
UNE RHÉTORIQUE QUI DÉMONTRE
EN TOUT CAS UNE PARTIALITÉ ÉVIDENTE
Attardons-nous maintenant
aux procédés rhétoriques
de M. Planchar qui montrent que
la juxtaposition d'"énoncés
discursifs" (il ne s'agit même
pas de faits), les amalgames auxquels il se
livre ne sont qu'une façon de manipuler
ses lecteurs et, pourquoi pas, les juges de
Gand...
«Son
financement ? Dans un procès ouvert
contre 24 membres du DHKP-C en février
2000 à Paris (...), on évoquait,
en marge de l'accusation, "des procédés
couramment employés par des organisations
terroristes moyen-orientales"»,
écrit M. Planchar.
"On" (sujet :
inconnu, désignant qui ? : le
gouvernement turc...?, des "Loups gris" ?),
"évoquait" (verbe :
exécutant une action incertaine), "en
marge de l'accusation" (lieu : à
statut douteux)... Ce "On",
évoquait "quoi" ? :
"des procédés
couramment employés par des organisations
terroristes moyens-orientales", à
savoir le racket, le hold-up et le trafic
de stupéfiants." Sujet
flou, mais prédicatpéremptoire !
Voilà le type de glissements de sens
sur lesquels repose le texte de M. Planchar.
Soulignons le fait que ce mystérieux
"sujet" d'un "prédicat"
seulement "évoqué"
et fondé donc sur du vent ne prouvait,
même dans le produit fébrile
de la plume de M. Planchar, rien du tout,
il ne se limitait qu'à "évoquer",
insinuer quelque chose. De plus, ce sujet
de paille le faisait, comme M. Planchar le
reconnaît lui-même obligé,
lui aussi, tout comme Johan Delmulle, à
une certaine retenue "en
marge de l'accusation". Pourquoi
pas "dans"
l'accusation ? S'est-il demandé
M. Planchar que si ces accusations avaient
eu un minimum de fondement, le procureur français
comme Johan Delmulle en Belgique
ne se serait pas emparé de celles-ci
afin d'alourdir le cas des accusés ?
Revenons au "prédicat"
de la phrase : celui-ci dénote
une attitude davantage malveillante de la
part de notre "journaliste" :
"Monsieur", ou "l'institution",
ou "l'État" = "On",
évoquaient-ils quoi en fait ?
: "Des procédés
couramment employés par des organisations
terroristes moyen-orientales".
Dit ainsi, cela paraît très grave.
Résumons :
"Son financement ? =
Dans un procès ouvert" (...) "à
Paris" (...) "on évoquait",
"en marge de l'accusation", "des
procédés couramment employés
par des organisations terroristes moyens-orientales".
Que veut induire M. Planchar chez ses
lecteurs avec de tels "libertés"
rhétoriques ? La conclusion, bien
évidemment, que le DHKC est financé
par des islamistes moyens-orientaux et suivant
leurs mêmes méthodes... Al-Qaeda?
Ben Laden? Comment le lecteur échapperait-il
à la quasi obligation de conclure qu'il
serait en présence d'«un
groupe criminel et terroriste»,
comme M. Planchar l'affirme dès le
titre de son pamphlet ?
Quand on sait que depuis le 11
septembre 2001 il suffit tout simplement d'insinuer,
même de très loin, un lien quelconque
avec cette autre construction fumeuse des
fabricants de la peur permanente qu'est Al-Qaeda
pour devenir définitivement un proscrit,
un paria, l'exercice discursif auquel se livre
M. Planchar confine à l'assassinat
social, au meurtre civique..., il donne froid
dans le dos ! (8)
Et que dire d'autres procédés
rhétoriques peu soucieux de vérité
utilisés par M. Planchar ?
"Attentats,
assassinats, exactions, rackets : le DHKP-C
ne veut pas la paix.
"La Belgique "découvre"
le DHKP-C dans la nuit du 26 au 27 septembre
1999, à la faveur d'un incendie. L'appartement
conspiratif que neuf de ses membres occupent
à Duinbergen (Knokke-Heist) livre ses
secrets."
Dès le début du
billet de M. Planchar il y a d'abord la dénonciation
d'«attentats, exactions, rackets»
(commis par qui ?, à combien de
milliers de kilomètres de la Belgique ?)
de même que du "fait" que
«le DHKP-C ne veut pas la paix»,
tout cela suivi de la phrase en rien anodine :
«La Belgique "découvre"
le DHKP-C dans la nuit du 26 au 27 septembre
1999, à la faveur d'un incendie"
(dans) un "appartement
conspiratif" que neuf de ses membres
occupent à Duinbergen».
Quel est le but ce cette juxtaposition
d'énoncés ? De toute évidence,
faire porter aux membres du DHKC en Belgique
la responsabilité de "faits"
qui auraient eu lieu à des milliers
de kilomètres de la Belgique et qui,
par ailleurs, comme nous l'avons vu plus haut,
sont soit entièrement faux, soit à
relativiser fortement.
C'est quoi, en outre, un appartement
"conspiratif" sinon une figure
de style destinée à renforcer
l'effet d'amalgame ? Par ailleurs, si
Monsieur Planchar avait tout simplement lu
la presse de l'époque (ou le dossier
judiciaire), il n'aurait pas pu terminer sa
phrase par son "que neuf de ses membres
occupent à Duinbergen", car
il aurait su qu'ils n'étaient que trois...
La liste est longue. Mais le lecteur
pourra se faire par lui-même une opinion
sur ce que nous avançons tout simplement
en lisant l'«article» de M. Planchar.
Delmulle -
Planchar : mêmes méthodes...
même combat
Peut-être que le Clea devrait remercier
M. Planchar non d'avoir traité
un jour ses membres de "complices"
d'un groupe "terroriste" (La
Libre Belgique du 2 mai 2006), affirmation
à laquelle des nombreuses personnalités
du monde académique et politique ont
donné une réponse ferme et indignée
(9)
mais de se livrer à un exercice journalistique
que l'on pourrait qualifier de "didactique"
car, au-delà certainement de ses intentions,
en procédant à aborder son sujet
de la manière dont il le fait, il adopte
une démarche discursive tellement proche
de celle développée par le procureur
Johan Delmulle lors du procès du DHKC
(tant à Bruges qu'à Gand) qu'il
ne peut qu'aider ses lecteurs à comprendre
par quel biais (juxtapositions d'informations
disparates, conjectures, évocation
de rumeurs, calomnies, présomptions
qu'il essaie de présenter comme ayant
un lien de cause à effet quand en réalité
ce lien n'existe pas) le procureur tente d'influencer
les juges afin d'imposer auprès d'eux
la vision des choses voulue et attendue par
le régime turc. En effet, le procès
en appel à Gand confirme quelque chose
que l'on avait déjà pu observer
à Bruges : ce n'est pas sur des faits
tangibles mais sur des présomptions
"fantaisistes" et donc non fondées
que M. Delmulle entend faire condamner les
prévenus.
Pour le compte de
qui Monsieur Planchar développe-t-il
son "requisitoire" ?
Il y a une différence cependant entre
les comportements de MM. Delmulle et Planchar
: certainement obligé à observer
une certaine retenue, M. Delmulle pourtant
déjà extrêmement partial
et partisan et, nous le savons maintenant,
en rien respectueux de la loi va tout
de même moins loin, dans son forcing
sur la réalité, que M. Planchar
qui se permet même de suggérer
la sentence que les juges devraient prononcer :
"Pas d'angelisme, c'est
un groupe criminel et terroriste",
leur adresse-t-il.
Monsieur Planchar se laisse-t-il
inspirer par les "Loups gris", ou
surfe-t-il simplement sur la culture de la
peur tellement prégnante dans un contexte
de "guerre mondiale au terrorisme" ?
(1)
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=307249
(2)
Deux exemples :
1) Le 9 avril 1991, date de la ratification
de la loi anti-terroriste en Turquie, deux
combattants de Devrimci Sol
(l'une des organisations ayant donné
naissance au DHKP-C) sont assassinés
à Izmir. Quelques jours plus tard,
le 22 avril exactement, Devrimci Sol mène
une action spectaculaire au Swiss
Hotel à Istanbul où devait
se tenir la célébration de mariage
d'Efe Özal, fils du président
de la république Turgut Özal.
Mais Devrimci Sol
révèle délibérément
l'endroit où se trouvent les explosifs
pour ne pas causer de victimes innocentes,
en expliquant que "le
but n'était pas de les actionner mais
de mettre en garde la famille Özal qui
sème la terreur contre le peuple pour
protéger ses privilèges".
2) Dans un article paru dans "Milliyet",
le deuxième plus grand quotidien turc,
en date du 22 décembre 1990, un haut
responsable des services secrets turcs (la
M.I.T.) déclare après que Devrimci
Sol se soit emparé des plans
d'un gazoduc traversant Istanbul : "Nous
ne savons pas ce qui pourrait arriver si l'organisation
utilise ces plans en guise de chantage. Quoiqu'il
en soit, nous sommes sûrs que d'éventuels
attentats de cette organisation ne viseraient
pas les citoyens vu le caractère politique
de celui-ci. Dans les attentats à la
bombe commis par Devrimci Sol auparavant,
il n'y a pas eu de morts. Soit, ils avertissaient
le personnel au préalable, soit ils
organisaient l'évacuation des bâtiments
concernés en ligotant le personnel
afin de les empêcher de regagner les
lieux. En revanche, ce qui est sûr,
c'est que l'État risque de subir de
lourds dégâts matériels."
(3)
Lire : Bahar Kimyongür,
"Le DHKP-C en guerre contre la drogue"
(http://leclea.be/pages/guerrealadrogue.htm)
Lire aussi : Jean Flinker, "L'autre
affaire Erdal" (http://leclea.be/pages/page_autre.html),
Info-Turk, n° 234, "Nouveau
rapport controverse sur le scandale de Susurluk"
(http://www.info-turk.be/234.F.htm)
et L'Humanité,
8 novembre 1996, "La
maffia, c'est l'État" (http://www.humanite.presse.fr/journal/1996-11-08/1996-11-08-764701).
(4)
Fehriye Erdal n'est pas, comme beaucoup le
croient, accusée d'avoir executé
l'un des dynastes du holding Özdemir
Sabanci, le patron de Toyota Haluk Görgün
et la secrétaire des Sabanci Nilgün
Hasefe, mais d'avoir facilité l'entrée
des auteurs dans la tour. Sur le plan juridique,
Fehriye Erdal n'est pas poursuivie pour meurtre
ou participation à un triple meurtre
mais pour "tentative
de renversement de l'ordre constitutionnel"
(article 146/1 du Code pénal turc).
Au-delà de l'innocence de F. Erdal,
il est très significatif d'observer
que l'État turc considère comme
synonymes l'élimination d'un puissant
industriel et le renversement de l'ordre établi...
(5)
"Fehriye se raconte",
Solidaire, le 23 août 2000 :
http://www.ptb.be/international/article.phtml?section=A1AAABBO&object_id=2303
(6)
Au-delà des identités des auteurs
d'une exécution politique qui a bien
eu lieu, il faut en effet savoir que le 4
janvier 1996, soit cinq jours avant l'attentat
contre Sabanci, quatre détenus du DHKP-C
ont été sauvagement assassinés
par l'armée dans la prison d'Ümraniye
à Istanbul. Durant leurs funérailles,
près de 1500 manifestants furent arrêtés
et parqués dans un stade (les dictatures
semblent avoir une prédilection pour
les stades) et un journaliste de gauche du
nom de Metin Göktepe, lui aussi arrêté
par la police, fut torturé à
mort. Après la découverte de
son corps lacéré, la police
déclara qu'il était tombé
d'un mur
d'un mètre de haut !
Voilà le contexte de l'acte de violence
révolutionnaire qui visa le milliardaire
Sabanci. Sans une contextualisation des faits,
l'attentat contre ce dernier peut ainsi être
présenté comme un fait divers
indépendant de la violence qui émaillait
et émaille la vie quotidienne du pays.
Et toutes les actions de la résistance
française contre l'occupant nazi pourraient
ainsi, à leur tour, être dénigrées
et criminalisées.
(7)
http://leclea.be/pages/baharplaidoirie.htm
(8)
Lire : Le Monde, 3 juin 2006, "Un
couple belge dans l'enfer de la guerre contre
le antiterrorisme"
(http://www.lemonde.fr/cgi-
bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=947414)
Lire aussi: Comité "T",
dossier de presse:
http://www.liguedh.be/medias/520_DOSSIER_DE_PRESSE_COMITE_T.pdf
(9)
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&art_id=284219
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Actualité de
Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation
mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques
– élections,
parlements, hautes cours de justice–
demeureront mais la substance sous-jacente
sera une nouvelle forme de totalitarisme
non violent. Toutes les appellations
traditionnelles, tous les slogans
consacrés resteront exactement
ce qu'ils étaient aux bon
vieux temps. La démocratie
et la liberté seront les thèmes
de toutes les émissions (...)
et de tous les éditoriaux
mais (...) l'oligarchie au pouvoir
et son élite hautement qualifiée
de soldats, de policiers, de fabricants
de pensée, de manipulateurs
mentaux mènera tout et tout
le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes |
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