Bahar
Kimyongur est un citoyen belge de 32
ans qui dénonce,
sans relâche, les violations
des droits de l’Homme commises
par l’Etat turc. En particulier,
il s’est attaché, ces
dernières années, à conscientiser
l’opinion publique sur les cas
de torture dans les prisons turques –à travers
un Bureau d’information lié au
DHKC, une organisation communiste turque.
Ce Bureau, installé à Bruxelles
dans le quartier européen, a
toujours respecté le cadre légal
belge –comme le soulignait encore,
en 2004, la Ministre de la Justice.
De ce fait, Bahar
Kimyongur n’a
fait que jouir des libertés
que lui confèrent la Constitution
belge et les traités internationaux.
Il n’a, en effet, jamais commis
de délit en Belgique, en Turquie
ou ailleurs. Il s’est cantonné à développer
un argumentaire critique à l’encontre
de l’action du gouvernement d’Ankara
et à s’organiser en conséquence.
Pourtant, en vertu
de la législation
antiterroriste belge de décembre
2003, inspirée par les lois
que l’administration Bush a adoptées
suite au 11 septembre 2001, l’action
démocratique de Bahar Kimyongür
est désormais qualifiée
de «terrorisme».
La traduction d’un communiqué du
DHKP-C (qui est considéré comme
une organisation terroriste par la
Turquie et donc par les pays qui soutiennent
le régime d’Ankara, comme
les Etats-Unis et la Belgique) et la
participation de Bahar Kimyongur au
travail du Bureau d’information
de cette organisation à Bruxelles
sont dorénavant jugées
par les tribunaux belges comme les
preuves que l’universitaire belge
est le chef d’une organisation
terroriste internationale. La Cour
d’Appel de Gand l’a ainsi
condamné à cinq ans de
prison ferme, le 7 novembre 2006.
Bahar Kimyongür est devenu, de
la sorte, un prisonnier d’opinion
en Belgique, un pays se présentant
pourtant comme démocratique
et soucieux du respect des droits de
l’Homme. Alors que les tribunaux
hollandais, au printemps dernier, avaient
considéré l’action
militante de ce citoyen belge parfaitement
légale, «la Justice» de
son propre pays se range à présent
aux côtés des autorités
de Turquie et des Etats-Unis. En fait,
Bahar Kimyongur est un symbole :
celui des dangers que la lutte contre «le
terrorisme» fait peser sur la
liberté d’expression et
sur la liberté d’association
en Occident.
Défendre Bahar Kimyongür,
exiger sa libération, c’est
protéger les libertés
de tous les citoyens.
Tous les progressistes
doivent s’unir pour s’opposer à la
politique américaine qui assimile
la contestation sociale à du
terrorisme
Depuis les attentats
du 11 septembre 2001, l’administration Bush a
lancé sa «guerre mondiale
contre le terrorisme». A l’aide
d’une propagande massive, systématique
et en stimulant la peur au sein de
leurs populations, les Etats-Unis et
leurs alliés européens
sont en train de faire passer des opposants
politiques de gauche pour des criminels,
des bandits, des terroristes. En Belgique,
Bahar Kimyongür est la première
victime de cette manipulation.
Par l’application de la loi
antiterroriste de 2003, les tribunaux
belges n’ont plus besoin de se
baser, pour fonder leur jugement, sur
les délits éventuellement
commis par un individu mais sur un
positionnement politique. En dépit
de nombreux rapports alarmants (comme
ceux d’Amnesty International
ou même de la Commission européenne)
dénonçant les violations
des droits de l’Homme en Turquie,
la Cour de Gand est donc partie du
présupposé que ce pays
est une démocratie. Dès
lors, une organisation d’opposition
comme le DHKP-C est qualifiée
de «terroriste» et l’appartenance
présumée à ce
parti est considérée
comme un «acte terroriste».
Le qualificatif «terroriste» permet,
en réalité, d’évacuer
le fait qu’en l’espèce
Bahar Kimyongür n’a jamais
commis d’actes illicites (d’ailleurs
aucun des condamnés dans le
procès DHKP-C n’a été puni
pour des actes de violence. Quatre
personnes vont purger plusieurs années
de prison pour « appartenance à une
organisation » jugée « terroriste »).
De même, si ce militant internationaliste éprouve
de la sympathie envers l’action
de la mouvance du DHKP, il n’a
jamais reconnu son appartenance à ce
parti. L’utilisation du
terme «terrorisme» remet
finalement en question la notion même
de «démocratie».
En effet, dans un pays démocratique,
définir la nature d’un
autre Etat (et des organisations qui
s’y opposent) est une question
qui ne relève d’aucun
tribunal correctionnel. A fortiori,
elle n’a pas à être
tranchée par ce genre de juridiction.
Concrètement, si la Turquie
a le droit de diffuser son point de
vue en Belgique, Bahar Kimyongur, le
DHKC ont le droit de faire la même
chose. Dans le cas contraire et en
usant des nouvelles législations,
un porte-parole d’une organisation
comme l’ANC de Nelson Mandela
(qui luttait résolument contre
le régime d’apartheid
en Afrique du Sud) aurait pu être
condamné comme terroriste en
Belgique.
Que l’on soit d’accord
ou non avec lui, il est évident
que Bahar Kimyongür n’est
pas un terroriste; c’est un militant,
un opposant politique au régime
d’Ankara dont l’engagement
a toujours respecté le cadre
démocratique belge. Son travail
est apprécié au sein
de la société civile
belge et le CLEA soutient son action
résolue et progressiste contre
les injustices sociales en Turquie,
contre la torture en prison, contre
l’oppression des minorités
dans le pays d’origine de ses
parents, contre l’inféodation
des autorités turques à la
pax americana. Il s’agit d’une
démarche critique salutaire
en démocratie.
Il est indispensable de défendre
Bahar Kimyongür pour éviter
que les voix contestataires soient
une à une muselées comme
le projettent Georges Bush et ses comparses.
En Occident comme partout dans le monde,
il y a des raisons de se lever, de
protester et de se révolter.
Exiger «la liberté pour
Bahar», c’est faire front
pour refuser la vision américaine
du monde, c’est s’opposer à l’administration
Bush qui voit tout contestataire comme
un terroriste en puissance. Faire de
Bahar Kimyongür un symbole de
solidarité internationale participe
d’une démarche visant à rappeler
que s’exprimer, s’organiser,
contester, «ce n’est pas
du terrorisme».
Il s’agit, au contraire, de droits
et de libertés chèrement
conquis…, d’une nécessité.
Vous souhaitez
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une campagne internationale dynamique
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autour du mot d’ordre « liberté pour
Bahar ! », contactez dflinker@ulb.ac.be

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