COMMUNIQUÉ
du 18/11/2006 : Plus
de 120 sympathisants du Clea et membres
des familles des prisonniers politiques
du procès
du DHKC ont manifesté devant la
domicile de Madame Onkelinx à Schaerbeek
Comité pour
la Liberté d'Expression et d'Association
(Clea):
COMMUNIQUÉ À LA
PRESSE
Plus
de 120 sympathisants du Clea et membres
des familles des prisonniers politiques
du procès du DHKC ont manifesté devant
la domicile de Madame Onkelinx à Schaerbek
Plus
de 120 (*) personnes ont répondu à l’appel
du Comité pour les libertés
d'expression et d'association (Clea) qui
a organisé une “action-surprise” devant
le domicile de Madame Laurette Onkelinx à Schaerbeek
ce vendredi 17 novembre 2006 à 18
heures précises.
Le Clea
entendait ainsi exprimer son refus
des traitements cruels, inhumains
et dégradants et sa banalisation
dans nos prisons, dire “Non à l’isolement
des prisonniers, à la lumière
aveuglante, aux fouilles anales et
contrôles incessants” et
appeler à la mobilisation pour
un système carcéral belge à la
hauteur d’un État respectueux
des droits humains. Il exigeait, par
la même occasion, l’Abrogation
des législations antiterroristes et
la Liberté pour Bahar Kimyongür.
Le rendez-vous avait été fixé au
pied de la fontaine de la Place Jamblinne
de Meux, 1040 Bruxelles. |
|

Özkan
Güzel, ancien prisonnier
politique en Turquie pendant 6 ans
dont les 2 dernières dans
les sinistres prisons de type F ;
ancien gréviste de la faim
qui en garde les séquelles,
il présente la photo de Musa
Asoglu ; en seconde position,
la photo de Sükriye Akar ;
derrière,
la mère de Bahar Kimyongür
qui brandit l'autocollant édité
par le Clea
|
Daniel
Flinker –chercheur à l’ULB– a
introduit, au nom du Clea, le rassemblement
par une explication générale
de la situation affectant les prisonniers
politiques du DHKC en Belgique et des dangers
que représente la dite «guerre
contre le terrorisme» pour nos libertés.
Il a souligné ensuite que le cas
de Bahar Kimyongür en est l'illustration
dramatique de cette situation, ce qui fait
de lui et de la lutte pour sa libération
le symbole de la lutte pour la défense
de nous libertés fondamentales.
Il a dénoncé après
l'État belge, et en particulier
Madame Onkelinx, qui n’a même
pas hésité à agir
de manière illégale en tentant
d'organiser –via un complot avec
collusion de fonctionnaires– la "livraison" de
Bahar Kimyongür vers un pays, la Turquie,
pratiquant la torture. Mais ce complot
n’étant qu’un jalon
d’une machination politico-judiciaire
dont le but, atteint, du moins provisoirement, était
l’établissement d’une
jurisprudence d’exception mettant
en péril les libertés d’expression
et d’association de tout un chacun
et criminalisant le droit à la contestation.
La justice a ainsi condamné Bahar
Kimyongür à cinq ans de prison
ferme, pour ses opinions, alors qu'il n'a
commis aucun délit, ce qui fait
de lui l’un des premiers prisonniers
d’opinion belges de l’après-guerre.
Il subit maintenant des conditions de détention
inhumaines et dégradantes, et les
autres condamnés en subissent des
pires encore.
Madame
Onkelinx a donc joué un rôle
central du début à la fin
et dans ce jugement truqué, dans
le complot destiné à livrer
Bahar Kimyongür à la
Turquie –c’est sa chef de cabinet
qui présida la réunion secrète
tenue au centre de crise du ministère
de l’intérieur le 26 avril
dernier– et nous savons maintenant
que c’est elle qui ordonne systématiquement
le maintien de ces traitements cruels,
inhumains et dégradants pour les
prisonniers politiques du DHKC. En appliquant
ces mesures, les autorités pénitentiaires
agissent dans une totale illégalité,
et ce malgré le fait que les juridictions
belges ont déjà dicté à quatre
reprises la suspension de toute mesure
visant ou ayant comme effet de perturber
le sommeil des détenus.
Devant le
domicile de Madame Onkelinx
C’est
pourquoi la manifestation s’est poursuivie
après devant le "domicile" de
Madame Onkelinx où les manifestants
ont projeté des spots sur sa façade
pour signifier et dénoncer le fait
que la lumière reste en permanence
allumée pour les détenus
de Bruges. Deniz Kimyongür –l’épouse
de Bahar– a alors pris la parole
au nom de l’«Association des
Familles des Prisonniers Politiques en
Belgique» pour faire le récit écœurant
de ces conditions, suivie par l’intervention émouvante
d’une personne d’un âge
très avancé venue spécialement
des Pays-Bas : le père du Néerlandais
Musa Asoglu, l’un des condamnés
du procès du DHKC.
Un “cadeu” symbolique,
de la part des des deux prisonniers en
grève de la faim, fut déposé dans la boîte
aux lettres de la ministre : les masques
de protection que madame Onkelinx avait
ordonné à la direction de la prison ce
faire porter aux prisonniers «pour que
les détenus se protegent de la lumière
durant les heures de sommeil». Avérés entièrement
inutiles, les prisonniers politiques les
ont ainsi restitués à la ministre.
Madame Onkelinx n'était pas à son “domicile”
mais avait envoyé un représentant de son cabinet,
Monsieur Marc Monin, à qui un représentant du Clea
à donné ses coordonnées en lui signifiant que le
Clea et les familles des prisonniers politiques aimeraient pouvoir la
rencontrer. Cette demande a déjà été
formulée à maintes reprises durant la détention de
Bahar Kimyongür aux Pays-Bas, sans qu’elle n’ait
jamais réussi à rencontrer un écho favorable chez
la Ministre.
Lettre
ouverte à Madame
Onkelinx
Les organisateurs ont ensuite
remercié les très nombreuses
démonstrations de soutien reçues
y compris de l’étranger et
les nombreuses initiatives prises ici et
là pour marquer sa solidarité avec
Bahar Kimyongür et soutenir l’action
du Clea. Bahar Kimyongür, cet ancien
membre d’Amnesty International Belgique,
a ainsi été déclaré,
il y a seulement quelques jours, membre
d’honneur d’Attac-Bruxelles,
des sites internet mettent leurs pages
d’accueil «en deuil»,
la CGSP-enseignement de Bruxelles a voté, à l’unanimité,
une motion de soutien à Bahar ainsi
que de dénonciation de la dérive
liberticide qui s’empare de la Belgique,
des partis de la gauche extraparlementaire
ont fait parvenir des messages de soutien,
de même que des organisations du
monde associatif ainsi que des citoyens à titre
personnel. L’émotion est grande
aussi dans milieux académiques où différentes
initiatives prolifèrent. Le représentant
du Clea a ainsi informé que le Comité remerciait
et soutenait la «Lettre
ouverte à Madame
Laurette Onkelinx, Ministre de la Justice»,
initiative issue du monde universitaire
et associatif qui a déjà récolté,
en seulement quelques jours, beaucoup de
signatures, et a invité tout le
monde à la signer. Il a aussi invité le
nombreux public présent à participer
aux initiatives
renseignées
dans le site du Clea et à s’associer
au combat du Clea pour nos libertés,
autour de trois mots
d'ordre :
Pas de traitements cruels,
inhumains et dégradants en Belgique
/ Des conditions d'incarcération
conformes à la loi et aux engagements
de la Belgique en termes de respect
des droits et libertés
Abrogation des
législations
antiterroristes
Liberté pour Bahar Kimyongür
Ce combat –a-t-il
ajouté– ne fait que commencer,
invitant tout le monde à parler
de cette affaire pour terminer en donnant à tous
rendez-vous le 7 décembre pour une
grande action, un mois après l’incarcération
de Bahar Kimyongür. Le rassemblement
s'est clôturé par un rappel : «Nous étions
présents
aujourd'hui pour montrer que nous soutenions
les familles de tous les prisonniers politiques
et de tous les détenus afin de réclamer
pour eux des conditions de détention
dignes d’un pays se prétendant
démocratique».
(*) Addendum :
Ce samedi 18/11/2006 le Clea a appris,
grâce à l'Agence Belga, que d'après la
police les manifestants étaient 150.
COMMUNIQUÉ
du 15/11/2006 : Action-surprise
devant le “domicile” de madame
Laurette Onkelinx ce vendredi 17 novembre
2006 à 18 heures précises
Comité pour
la Liberté d'Expression et d'Association
(Clea)
COMMUNIQUÉ À LA
PRESSE
Action-surprise
devant le “domicile” de madame
Laurette
Onkelinx ce vendredi 17 novembre 2006 à 18
heures précises
Le
Clea entend dénoncer
ainsi les conditions de détention
inhumaines et dégradantes infligées
aux condamnés du procès
DHKC.
Le
Comité pour la liberté d'expression et d'association
(Clea) organise une “action-surprise” avec remise
d’une lettre ouverte à madame Laurette Onkelinx ce
vendredi 17 novembre 2006 à 18 heures précises.
Rendez-vous au pied de la fontaine de la Place Jamblinne de Meux, 1040
Bruxelles.
Le Clea entend exprimer
son refus des traitements cruels, inhumains
et dégradants et leur banalisation dans
nos prisons, dire “Non à l’isolement
des prisonniers, à la lumière
aveuglante, aux fouilles anales et contrôles
incessants” et appeler à la
mobilisation pour un système
carcéral
belge à la
hauteur d’un Etat respectueux des
droits humains.
Le Clea appele ses membres
et sympathisants à être tous
présents,
munis d’une
lampe de poche, aux côtés
de la famille de Bahar Kimyongür ainsi
que des familles de Musa Asoglu et Kaya
Saz qui feront le déplacement d’Allemagne
et des Pays-Bas.
Verrassingsactie
en overhandiging van een Open Brief
aan Mevrouw Laurette Onckelinx
Samen
met de familie van Bahar Kimyongür
en de families van Musa Asoglu en Kaya
Saz, die speciaal voor deze actie overkomen
uit Nederland en Duitsland. Vrijdag
17 november 2006 om 18 uur stipt. Afspraak
aan de fontein op de Place Jamblinne de
Meux, 1040 Brussel.
Breng
een zaklamp mee !
Neen aan de
witte foltering in onze
gevangenissen : de
isolering, het verblindende
licht dag en nacht op de
cel, de anale fouillering,
het blinddoeken en ketenen
aan handen en voeten !
Een staat die de mensenrechten
wil respecteren moet
die ook toekennen aan
zijn politieke gevangenen !
Un jugement inique
Bahar
Kimyongür, citoyen belge et
ancien porte-parole du Bureau d’information
du DHKC à Bruxelles, inculpé avec
plusieurs autres prévenus dans « l’affaire
Erdal », a été condamné ce
7 novembre à 5 ans de prison ferme
par la Cour d’Appel de Gand, pour
appartenance à une organisation
qualifiée de « criminelle
et terroriste ».
Le DHKP-C est une organisation politique
turque radicalement opposée au régime
d’Ankara. Dans ce contexte et en
parallèle à de multiples
activités à portée
sociale en faveur de populations fragilisées
du pays, il est amené parfois à commettre,
en Turquie uniquement, des actions ciblées
de résistance armée pour
protéger ces mêmes populations
de l’oppression violente qu’exerce
contre elles l’Etat turc. A l’évidence,
aucune de ces actions n’est imputable,
ni de près ni de loin, à Bahar
Kimyongür.
Le travail de Bahar Kimyongür au
sein du Bureau d’information consistait
essentiellement à dénoncer
en Belgique les violations des droits humains
dont sont notoirement coupables les autorités
turques à l’encontre de leurs
opposants politiques. Bahar Kimyongür
n’étant lui-même coupable
d’aucun fait criminel, les charges
et accusations retenues contre lui ont
manifestement été dopées
afin de justifier la sévérité du
verdict.
Des conditions
d’incarcération
inhumaines
Les
conditions de l'incarcération
de Bahar Kimyongür après le
prononcé de la sentence sont révoltantes.
Entièrement déshabillé puis
rhabillé déjà au Tribunal,
il fut conduit bandé et menotté aux
poignets et aux chevilles à la prison
de Gand où, par “manque de
place”,
fut placé dans un cachot si puant
que l'air était irrespirable.
C'est là qu'il passera se première
nuit en prison. Durant le transfert dans
un combi, les policiers l'avaient
soumis à l'écoute obligée
d'une musique folle, à un volume
assourdissant. C'est seulement le lendemain
vers midi qu'il sera transféré vers
une cellule. Aujourd'hui, Bahar Kimyongür
est soumis à un régime d'isolement
de 23 sur 24 heures (si visite d'une heure,
derrière une vitre), avec un seul
repas par jour. Incarcéré à Gand,
il est en attente de son transfert à la
prison de Bruges où sont détenus
dans le cadre de cette affaire, depuis
le 28 février dernier, Musa Asoglu,
Sukriye Akar et Kaya Saz, respectivement
condamnés tout aussi injustement
que Bahar Kimyongür à 7, 4
et 4 ans d’emprisonnement.
Depuis
le début de leur incarcération à Bruges
il y aura bientôt neuf mois, Musa
Asoglu, Sukriye Akar et Kaya Saz sont soumis à un
régime d’isolement et à des
conditions de détention « exceptionnelles » telles
que fouilles anales systématiques
et privation sensorielle. Ainsi par exemple,
une lumière aveuglante de 80 watts
reste allumée la nuit en permanence
juste au-dessus de leur tête, les
empêchant de dormir et provoquant
des troubles du sommeil susceptibles d’entraîner
une série de dérèglements
physiques et psychiques tels que spasmophilie,
claustrophobie, voire folie… Ces
détenus, qualifiés de « dangereux »,
sont totalement isolés des autres
détenus. Ils ne participent à aucune
activité de la prison. Ils restent
confinés dans leur cellule 23 heures
sur 24 et n’en sortent que pour se
rendre au préau de manière
individuelle. Toutes les 30 minutes, ils
sont soumis à un contrôle
dans leur cellule.
Les contacts avec l’extérieur
sont quasiment réduits à néant
puisque seules les visites des avocats
sont admises sans contraintes et que les
appels téléphoniques sont
limités. En outre, la confidentialité des
entretiens avec les avocats n’est
pas toujours assurée puisqu’ils
se déroulent parfois avec une présence
extérieure. Les seules autres visites
qui leur sont autorisées sont, dans
certains cas, celles d’un cercle
familial défini de manière
très restrictive. Même les
gardiens sont surpris par la dureté des
conditions de détention qui visent
ces trois détenus…Pendant
le procès en appel, lors
de chaque transfert entre la prison de
Bruges et le Palais de Justice de Gand,
Musa Asoglu, Sukriye Akar et Kaya Saz se
virent affubler d’un gilet pare-balles
d’un poids de 10,5 kg. Doublement
menottés, ils portaient aux poignets
une paire de menottes classiques, une seconde
paire étant fixée à la
ceinture de leur camisole de force. Ils étaient
en outre contraints de porter des menottes
aux pieds ainsi qu’un bandeau sur
les yeux. A l’occasion de chaque
comparution, ils étaient déshabillés
et mis à nu par trois fois. Il leur était également
interdit de porter leurs propres sous-vêtements,
chaussettes et chaussures. C’est
du reste en raison de ces pratiques humiliantes
que Musa Asoglu et Sukriye Akar refusèrent
de se présenter devant le tribunal
de Gand le 7 novembre dernier.
Totale illégalité
Ce régime carcéral inhumain
semble être le fait de la ministre
de la Justice, laquelle, malgré quatre
requêtes des avocats en extrême
urgence, renouvelle inmanquablement ses
directives auprès de l’administration
pénitentiaire afin que ces mesures
de coercition soient maintenues, voire
renforcées. Il faut souligner que
ces méthodes sont contraires aux
libertés et droits fondamentaux
reconnus par la Convention européenne
pour la prévention de la torture
et des peines ou traitements inhumains
ou dégradants et qu’à ce
titre, le CPT, Comité du même
nom, chargé du contrôle du
respect de la Convention, a déjà tancé la
Belgique pour l’absence de bases
légales en la matière. Les
autorités pénitentiaires
agissent donc dans une totale illégalité -
ce que les juridictions belges ont également
rappelé à quatre reprises,
réclamant la suspension de toute
mesure visant ou ayant comme effet de perturber
le sommeil.
Grève
de la faim
Notre concitoyen Bahar Kimyongür est
en passe de devenir également victime
de ces traitements inacceptables. Le Néerlandais
Musa Asoglu et l’Allemande Sukriye
Akar, quant à eux, sont en grève
de la faim depuis le 30 octobre dernier
pour protester contre leurs conditions
de détention à la prison
de Bruges.
Le Clea soutient ces prisonniers politiques
et, saluant leur courage, en appelle à tous
les démocrates humanistes de Belgique
et d’ailleurs pour dénoncer
avec force ces atteintes aux droits fondamentaux
garantis par la Constitution belge, ainsi
que le mépris flagrant, dans le
chef de madame Onkelinx en particulier,
de l’autorité de la chose
jugée!
Non à l’isolement
des prisonniers, à la lumière
aveuglante, aux fouilles anales et contrôles
incessants! Refusons
les traitements inhumains et dégardants
et leur banalisation dans nos prisons!
Mobilisons-nous tous pour un système
carcéral
belge à la
hauteur d’un Etat respectueux des
droits humains!
Le Comité pour la Liberté d’Expression
et d’Association www.leclea.be
COMMUNIQUÉ
du 13/11/2006 : Les
yeux bandés et menotté aux
poignets et aux chevilles, vers le cachot
de sa première nuit en prison
Comité pour
la Liberté d'Expression et d'Association
(Clea):
COMMUNIQUÉ À LA
PRESSE
Les
yeux bandés et menotté aux
poignets et aux chevilles, vers le
cachot de sa première
nuit en prison
Le message écœurant
de la sœur de Bahar Kimyongür
La "Justice" de ce
pays s'acharne contre une famille. Il n'a
pas suffit que le juge ait ordonné l'évacuation
immédiate de la mère de Bahar
Kimyongür après que celle-ci
eut crié, au moment de la sentence,
dignement, vaillamment, tout simplement
comme une mère : «Mon
fils est innocent!». Il n'a
pas suffit que la sœur de Bahar Kimyongür
ait été projeté contre
le sol puis conduite vers une pièce
contiguë, obligée à se
déshabiller et fouillée pour
la troisième fois de la journée
en fin d'audience ce mardi 7 novembre au
Tribunal de Gand. Il fallait encore que
le condamné subisse lui-même
ce même type d'humiliations, qu'il
soit conduit menotté aux poignées
et aux chevilles vers un cachot puant
et que les policiers aient mis une musique
folle, à un
volume assourdissant, dans le combi qui
le transportait. Étrange: des techniques
de torture psychologique systématisées à Fort
Bragg (USA) [Lire],
[Lire
aussi] et connues jusqu'à présent
seulement dans les dictatures militaires.
Aujourd'hui, Bahar Kimyongür est soumis à un
régime d'isolement de 23 sur 24
heures (si visite d'une heure, derrière
une vitre), avec, lors des premières journées,
un seul repas par jour. Des conditions
inacceptables, dans un pays désigné comme
démocratique
et, de surcroît, appliquées à un
prisonnier condamné en raison de
ses seules opinions.
Reconnaissance
du statut de prisonnier politique pour
Bahar Kimyongür !
Un récit révoltant
Le récit de Gülay Kimyongür,
la sœur de Bahar, dit tout sur les
motifs de notre véritable colère.
Il est à espérer que les
hommes et femmes de bonne volonté de
ce pays feront tout ce qu'il est de leur
pouvoir pour arrêter vite cette situation
qui nous avilisse tous!
«
Chers amis et amies,
C’est la rage au cœur que
je vous donne ces quelques informations
concernant les conditions de détention
et la première nuit de mon frère
Bahar dans un cachot à la prison
de Gand. Beaucoup d’amis m'ont demandé de
relater cela en détails...
Première visite à Bahar
le vendredi 10 novembre, de ma mère
et moi-même à la prison de
Gand
Les conditions de
détention
de Bahar:
Il lui est interdit de sortir
de sa cellule, cela veut dire :
-pas de bibliothèque (lui,
qui est un lecteur infatigable…) ;
-pas de promenades (donc
aucun contact humain avec d'autres détenus) ;
-pas de coups de téléphone ;
Il est par ailleurs obligé de
porter un uniforme de
prisonnier (hélas !, sans triangle rouge,
cela aurait été un honneur) ;
Il n’a droit qu’à un
repas par jour, à midi,
plus une carafe de café le soir,
et c'est tout ; il ne reçoit rien à manger
ni le matin, ni le soir ;
Il a une vielle télé et
une Bible qui se trouvait dans sa cellule
quand il est arrivé (il deviendra
un expert) ;
Heureusement, il peut recevoir
des visites durant les horaires
prévus : maximum trois personnes à la
fois et par jour, pendant pas plus une
heure chaque fois, tous les jours sauf
le dimanche. Lui rendre visite c’est
donc réduire son temps d’isolement
de 24 à 23 heures (sur le site
du Clea on peut trouver toutes les modalités
pratiques pour les visites). Vous serez
dans une petite salle de moins de 2 mètres ;
de l’autre côté d’une épaisse
vitre, dans une sorte de cage d’un
peu plus d’un mètre au
fond de laquelle vous apercevrez une
grosse porte en métal, vous verrez
Bahar en train de vous faire un grand
sourire, puis, il fera tout pour vous
remonter le moral ; il dira même
quelques blagues à propos de son look en
uniforme et sa condition de "terrible
terroriste"… Vous le connaissez,
la dernière chose que mon frère
pourrait perdre, ce serait cette confiance
sans égal en la vie et en l’être
humain qui le caractérise !
Il a toujours été comme
cela.
Mais ce qui est important à savoir,
c'est que s'il n'est pas soumis
aux mêmes conditions de détention
que les détenus de Bruges, c'est
tout simplement parce qu'il n'existe pas
de quartier d'isolement à Gand.
Mais une fois transféré à la
prison de Bruges, où il n'y aurait
toujours pas de cellule de libre, Bahar
sera soumis très probablement aux
mêmes conditions que les autres inculpés
du DHKC, c’est-à-dire, lumière
aveuglante toute la nuit ou réveil
toutes les 30 minutes.
Un autre fait qu'il est
important de mentionner et que Bahar
avait voulu nous relater dans une lettre écrite le jeudi 09 novembre
mais que nous n'avons jamais reçue,
est le récit (oral,
donc, lors de la visite) de son
premier jour d'incarcération...
Un cachot puant
Arrêté directement
après
le verdict, Bahar est déshabillé au
tribunal et rhabillé juste
après. Ensuite, on lui fait porter
des menottes rattachées à une
ceinture ventrale, on l'habille
d'un gilet pare-balles (qu'il
dit peser au moins 10 kilos), on
lui bande les yeux. Une fois dans
le combi de la police, on lui
met des menottes aux pieds.
De la musique trash allemande
au volume maximum accompagnera le prisonnier
toute la durée du trajet depuis
le tribunal jusqu'à la prison. Des
techniques trop élaborées
pour penser qu’elles découlaient
de la seule malveillance des policiers…
Arrivé à la
prison, il est à nouveau
déshabillé, [fouillé
y compris dans l'anus] et là on
lui enfile un uniforme.
Ô stupeur, il n'est pas
transféré dans une cellule
mais au cachot, «parce
qu'il n'y aurait une seule cellule de
libre». Mensonge ou vérité ?
On lui dit qu'on viendra
le rechercher à 06h
du matin pour être transféré dans
une cellule, on ne viendra qu'à 12h...
Et si vous saviez à quoi
ressemble ce cachot;
Bahar nous dit que cela puait
tellement la m... qu'il
a eu du mal à respirer, il y aavit
un vieux matelas dégoûtant
au sol avec une couverture tout aussi crasseuse, pas
de chasse d'eau pour les sanitaires
de la cellule, moustiques et mouches y
avaientt élu domicile. Voulait-on
l’obliger à contracter
des maladies ?
Voici le récit de sa première
nuit d'homme non-libre dans son corps...
mais plus libre que jamais dans son esprit.
Et content de savoir que ça bouge à l’extérieur.
C’est tout pour l’instant.
Merci pour votre soutien
indéfectible.
Et, comme il disait habituellement à la
fin de ses emails : «Good
night and good luck...»
Gülay Kimyongür
»
Note
ajoutée après l'envoi de ce communiqué. Quelques
jours plus tard, les conditions de détention
de Bahar Kimyongür se sont quelque peu
améliorées. Déjà le lendemain, vers midi,
il fut transféré vers une cellule un
peu plus décente et bien qu'il reste
en isolement 23 h. sur 24 h. (22h. sur
24 h. s'il reçoit de la visite et si
cette dernière ne coïncide pas avec l'heure
de préau), ses conditions alimentaires
se sont vues améliorées et il
peut communiquer avec d'autres détenus
une heure par jour. C'est lui même qui
demande à ses proches de dire à tous
ses amis de ne pas s'attarder sur son
sort mais de surtout ne pas perdre de
vue que les prisonniers de Bruges subissent
des conditions de détention autremet
plus dures que les siennes et, surtout,
qu'ils observent une grève de la faim
pour protester contre des traitements
inhumains et dégradants depuis le 30
octobre.
COMMUNIQUÉ
du 08/11/2006 [02h30 AM] : La
mère et la sœur de Bahar Kimyongür
maltraitées par la police
Comité pour
la Liberté d'Expression et d'Association
(Clea):
COMMUNIQUÉ À LA
PRESSE
La
mère et la sœur de Bahar
Kimyongür maltraitées par
la police en fin d'audience à la Cour
de Gand
La
justice et la police belges traitent
les citoyens comme des bandits.
Le sénateur Écolo
Josy Dubié sera présent
ce mercredi à la conférence
donnée par le Clea au «Festival
des libertés».
Sept
novembre 2006. Il est un peu plus
de 20h30 au Palais de Justice de
Gand. Le juge énonce les peines à l'encontre
de sept des prévenus. Bahar
Kimyongür, «ce fanatique,
ce dirigeant d'une organisation terroriste
extrêmement dangereux pour
la société» –dixit le
juge– écope d’une
peine de cinq ans ferme. C'est la
dernière peine prononcée.
Le procureur Delmulle –oui,
le même de la réunion
secrète au centre de crise
du ministère de l’intérieur
destinée à organiser,
le 26 avril dernier, la "livraison" de
Bahar Kimyongür à la
Turquie– enchaîne en
exigeant son arrestation immédiate
car il risquerait de «fuir à l'étranger».
La mère de Bahar, très éprouvée
par la condamnation, se lève
et supplie : «Mon
fils n'a rien fait». |
|
Néjiba, la mère
de Bahar Kimyongür |
Gülay Kimyongür
lors du Colloque «Six
heures pour nos libertés» le
9 septembre 2006 à l'ULB |
|
C'en
est trop pour le juge qui ordonne à la
police de faire évacuer la
maman de la salle. Oui, vous avez
bien lu ! Peu importe la douleur
qu'elle ressent, peu importe si elle
ne verra, ne touchera plus son fils
durant cinq longues années.
La police se rapproche, mais les
nombreuses personnes présentes
dans la salle la protègent.
La police encercle la mère.
Une voix retentit dans la salle,
c’est la sœur de Bahar
qui crie : «Laissez
ma maman, ne la touchez pas !».
La police la
bouscule… Échauffourées… Elle
reçoit des coups dans la figure
et est projetée au sol, menottée
et évacuée avec quatre
autres personnes dont un membre du Clea
vers le commissariat central où elle
est entièrement deshabillée
(vous lisez bien) et fouillée. |
Comme si elle pouvait encore
cacher quelque chose : elle
venait d'être fouillée à deux
reprises durant la journée lors
de chacune de ses entrées dans la
salle d'audience. Une policière pleurait
même au vu de la cruaté de la scène, tandis
que certains de ses collègues se livraient
à un étrange rituel : ils
frappaient de toutes leurs forces avec
leurs matraques sur les carrelages :
faire peur ? Accuser le public d'éventuels
dégâts ? À 22h30,
sous pression des avocats, les cinq sont
libérées
mais le mal est fait : la décision
d'arrêter Bahar immédiatement
a été prononcée. Un
citoyen qui n'a commis aucun délit
matériel va purger cinq ans de prison
ferme.
Quelques minutes après sa libération,
la sœur de Bahar reçoit un
coup de fil. C’est Josy Dubié,
le sénateur Écolo. Scandalisé du
verdict, il annonce qu’il sera présent
mercredi à la conférence
de presse du Clea, à 11h00 au «Festival
des Libertés».
Conférence de presse :
Le Comité pour la liberté d'expression
et d'association (Clea) organise
une conférence de presse pour commenter
le verdict du procès du DHKP-C et
dénoncer l'usage des législations
antiterroristes en Belgique ainsi que les
conditions de détention inhumaines
et dégradantes appliquées
aux prévenus. Elle aura lieu demain,
mercredi 8 novembre, à 11 heures,
au «Festival des Libertés» -
Pathé Palace - Boulevard Anspach
n°85 - 1000 Bruxelles.
Benoît Vendermeerche, président
de la Ligue des drots de l'Homme; Josy
Dubié, sénateur Écolo,
Céline Delforge, parlementaire bruxelloise Écolo
et Jean Flinker du Clea y interviendront.
Nous invitons les journalistes à être
présents lors de ces interventions.
Pour plus d'informations,
vous pouvez consulter le site du Clea
: www.leclea.be ou
téléphoner au
0487 174 851.
Note ajoutée après
l'envoi de ce communiqué :
Le
lendemain du verdict, un pauvre et triste
personnage du journalisme belge qualifierait
la réaction digne et vaillante
de la mère de Bahar Kimyongür
comme “une crise de nerfs”.
Il avait certainement tiré son “information” d'un
rapport de police. Il fait pitié, il
ne connaît pas ce que c'est l'amour
d'une mère. Le juge qui avait
ordonné l'évacuation de
cette même mère non plus,
d'ailleurs. Nous ne savons pas grand
chose sur les options philosophiques
du journaliste en question mais, une
chose es sûre,
s'il avait veçu dans l'Argentine
de la sinistre dictature du général
Videla, il aurait été parmi
ces journalistes qui ont traité les
mères, les grandes-mères
et les compagnes des prisonniers politiques
et des disparus, atteintes de systématiques
“crises de nerfs” chaque
jeudi, durant plus de trente ans, dans
la place jouxtant le palais du gouvernement
argentin, de folles : “les
folles de la Place de Mai”.
«(...)
par le moyen de méthodes
toujours plus efficaces de manipulation
mentale, les démocraties
changeront de nature. Les vieilles
formes pittoresques
– élections,
parlements, hautes cours de justice–
demeureront mais la substance sous-jacente
sera une nouvelle forme de totalitarisme
non violent. Toutes les appellations
traditionnelles, tous les slogans
consacrés resteront exactement
ce qu'ils étaient aux bon
vieux temps. La démocratie
et la liberté seront les thèmes
de toutes les émissions (...)
et de tous les éditoriaux
mais (...) l'oligarchie au pouvoir
et son élite hautement qualifiée
de soldats, de policiers, de fabricants
de pensée, de manipulateurs
mentaux mènera tout et tout
le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur
des mondes |
Le Comité pour
la Liberté d’Expression
et d’Association (Clea)
www.leclea.be
COMMUNIQUÉ
du 07/11/2006 [2] : Une
législation d'exception, un tribunal
d'exception, une instruction d'exception:
un verdict d'exception
Comité pour
la Liberté d'Expression et d'Association
(Clea):

COMMUNIQUÉ À LA
PRESSE
Une
législation
d'exception, un tribunal
d'exception, une
instruction d'exception:
UN VERDICT D'EXCEPTION !
Avec le verdict
de la Cour d’Appel de Gand rendu
seulement vers 21h30 ce 7 novembre, la
Justice belge et la Ministre Onkelinx seront
finalement arrivés aux résultats
judiciaires exigés par la Turquie:
mettre hors d’état de nuire un
de ses opposants, Bahar Kimyongür,
et criminaliser un mouvement révolutionnaire
d’opposition au régime
d’Ankara. Parallèlement, ce
jugement très partial et partisan
aura donc atteint son objectif majeur : établir
une jurisprudence d’exception
ayant pour Nord la criminalisation
des mouvements sociaux et de la contestation
politique.
C’est peu de le souligner:
initié le 26 septembre 1999,
avec l’arrestation à Knokke
de Fehriye Erdal, le procès
intenté contre 9 membres présumés
du DHKP-C s’est terminé à Gand
sur un véritable naufrage judiciaire.
La justice de notre pays y aura accepté,
du début à la fin, d’être
soumise à une instruction d’exception, à une
législation d’exception, à un
tribunal d’exception –le
tout afin d’aboutir à un
verdict d’exception. Car, dans
cette affaire exemplaire, s’est
exercée une véritable
coalition d’intérêts
décidée à tout
faire pour mettre la réalité à genoux –la
légalité dut-elle en
souffrir.
C’est pourquoi, le
Clea appelle :
—À dénoncer
ce jugement inique et à appuyer,
par leurs mobilisations, toutes les voies
de recours aptes à contester un
jugement de pure complaisance, prononcé coup
sur coup par deux tribunaux belges «sous
pression!
—À contester
les lois sécuritaires qui, dans
notre pays comme dans l’ensemble
de l’Union européenne, sont
en train de défaire les libertés
démocratiques obtenues par un
siècle et demi de luttes sociales!
—À marquer
leur solidarité avec les forces
politiques, syndicales et associatives
qui combattent l’autoritarisme,
le despotisme et la violence d’État
dont le régime d’Ankara
a fait sa nature ordinaire!
Sept
années après
avoir débuté, «l’affaire
Erdal» –à laquelle
est venue se surajouter «l’affaire
Kimyongür»– vient donc
de connaître un épilogue… provisoire.
Ce mardi 7 novembre,
la Cour d’Appel
de Gand a en effet condamné sept
des prévenus à de lourdes peines
d’emprisonnement –les charges
et accusations retenues ayant été manifestement
dopées afin de justifier la sévérité du
verdict :
- Sukriye Akar:
4 ans (4 en première instance);
- Musa Asoglu: 7 ans (6 en première instance);
- Fehriye Erdal: 4 ans (4 en première instance);
- Dursun Karatas: 7 ans (5 en première instance);
- Bahar Kimyongür: 5 ans (4 en première
instance);
- Zerrin Sari: 4 ans (4 en première instance);
- Kaya Saz: 4 ans (4 en première instance).
Ce jugement confirme et amplifie donc
les condamnations prononcées en
première instance par le tribunal
de Bruges le 28 février dernier –alors
que, dans le dossier, ne figure aucun élément
d’aucune sorte relatif à des
actes violents qu’aurait commis ou
qu’aurait voulu commettre, ensemble
ou seul, quelque prévenu que ce
soit… En Belgique, en Turquie ou
dans un quelconque autre pays.
C’est peu de le souligner: initié le
26 septembre 1999, avec l’arrestation à Knokke
de Fehriye Erdal, le procès intenté contre
9 membres présumés du DHKP-C
s’est terminé à Gand
sur un véritable naufrage judiciaire.
La justice de notre pays y aura accepté,
du début à la fin, d’être
soumise à une instruction d’exception, à une
législation d’exception, à un
tribunal d’exception –le tout
afin d’aboutir à un verdict
d’exception. Car, dans cette affaire
exemplaire, s’est exercée
une véritable coalition d’intérêts
décidée à tout faire
pour mettre la réalité à genoux –la
légalité dut-elle en souffrir.
LES FAITS
1. Le juge Buysse chargé de mener
les investigations initiales ? Il
a été littéralement
dépossédé de son instruction
par le Parquet et la gendarmerie, qui requalifieront
les faits et en étendront abusivement
la géographie.
2. Le soi-disant «secret» de
l’instruction? Dès mars 2000,
des informations confidentielles regroupées
dans le dossier du juge se retrouveront étalées
(avec la complicité des services
de police belges) dans la presse turque
(cf. Hurriyet du 5 mars 2000)
au risque de la vie des inculpés.
3. Fehriye Erdal? Jusqu’au 16 août
2000, elle sera maintenue en détention
plus que de raison, par la seule volonté du
Ministre de l’Intérieur Antoine
Duquesne –alors que les tribunaux
auront, par trois fois, donné tort à celui-ci,
et que le Conseil d’Etat aura dénoncé l’arbitraire
d’une détention préventive
qualifiée d’outrancière.
4. Le Parquet? Il aura,
lui aussi, participé à cette
mascarade en cachant volontairement un
document (daté du 3 juillet 2000),
dans lequel le Commissariat aux Réfugiés juge
la libération de la prévenue «non contraire à la
loi»…
5. La Ministre de la
Justice –si
soucieuse de garantir l’État
de droit et la droiture d’État ?
Elle n’a pas hésité à faire
voter, en décembre 2003, une loi rétroactive
(vous lisez bien) afin de faire juger
et condamner par les tribunaux belges Madame
Erdal (pour l’assassinat dont la
Turquie tient à la poursuivre) –un
coup de force législatif qui sera
heureusement arrêté par la
Cour d’Arbitrage.
6. S’assurer par avance de la sévérité du
tribunal en désignant tout exprès à sa
tête un juge partisan ? C’est
ce que va décider le 4 novembre
2005, en toute illégalité,
le premier Président Jean-Paul De
Graeve (contrevenant ainsi aux dispositions
du Code en son Article 98).
7. Correctionnaliser
l’ensemble
des faits reprochés aux divers prévenus
et travestir les charges retenues contre
eux en vulgaires actes de banditisme social –alors
que ces faits et ces charges ressortissent
tous d’un combat foncièrement
politique ? C’est ce que vont
cependant décider le tribunal de
Bruges et la Cour d’Appel de Gand
en refusant de se dessaisir au profit de
la Cour d’Assises.
8. Condamner à tous prix les inculpés
en inventant, au besoin, des incriminations
qui n’existent pas dans notre Code
pénal (telle la notion d’ «association
de malfaiteurs "à visée
terroriste"»)? C’est
la prouesse que va accomplir le Procureur
fédéral Delmulle, avec la
connivence des trois juges du siège.
9. Laisser plaider l’État
turc, dès la première audience
du procès de première instance,
alors qu’aucune décision n’autorise
la Turquie à se considérer
comme partie civile? C’est pourtant
ce qui va avoir lieu, au mépris
manifeste des droits de la défense.
10. Laisser plaider –dès
le début du procès en degré d’Appel– Kris
Vincke au nom de la Turquie (alors que,
dans son jugement du 28 février
2006, le tribunal de Bruges avait finalement
déclaré la constitution en
partie civile non fondée –«l’Etat
turc n’ayant pas encouru de dommages
individuels»)…? C’est
ce que va néanmoins favoriser le
juge Loghe –instituant une Cour d’Appel à trois
juges et (c’est une «première») à deux
procureurs (le porte-parole d’Ankara étant
rémunéré par une puissance étrangère
pour faire, au sein du tribunal, une plaidoirie
de pure propagande en faveur d’un
régime présenté fallacieusement
comme éminemment «démocratique»).
11. Condamner un prévenu-fantôme
alors qu’aucune preuve matérielle,
d’aucune sorte, ne figure dans le
dossier pour l’accabler de quoi que
ce soit…? C’est ce que vont
toutefois oser les première et seconde
instances en sanctionnant Dursun Karatas
de sept années d’emprisonnement
ferme…
12. Refuser de remettre
en cause le magistrat fédéral Johan Delmulle, en
tant que Procureur du degré d’Appel?
C’est ce que vont toutefois se permettre
la Cour de Gand et son président
Loghe –alors que J. Delmulle
et Leen Nuyts (qui requièrent, alors,
contre le DHKP-C) ont activement participé à la
rencontre secrète du 26 avril 2006 où,
avec l’aval des représentants
des plus hautes instances de l’État,
il a été décidé de «livrer
Bahar Kimyongür à la Turquie,
via les Pays-Bas». Une «collusion
de fonctionnaires» s’étant évertués à contourner
la loi, et qui, selon l’Article 233
du Code pénal sont punissables de
peine d’emprisonnement pour avoir «en
réunion» décidé de
la mise en œuvre de «mesures
contraires aux lois».
13. Confirmer les tribunaux
correctionnels dans une sorte de «compétence
universelle», en leur donnant le
droit de s’ingérer dans les
affaires internes d’un pays tiers
et d’émettre un jugement «politique» sur
la situation qui y prévaut…?
C’est le privilège que se
sera pourtant arrogé la quatorzième
Chambre correctionnelle de Bruges («Les
membres du DHKP-C choisissent expressément
de ne pas prendre part à une société démocratique [la
Turquie]. Il n’appartient pas
au DHKP-C de ne pas reconnaître un État
de droit établi [la Turquie],
de dire son propre droit et de choisir
tous les moyens possibles pour troubler
l’ordre de droit», Jugement
de Première instance, page 72).
14. Sans oublier les
effets liberticides de la nouvelle législation contre
le terrorisme par laquelle est désormais
organisé, en Belgique, un régime
de confusion pénale –où le
seul fait d’appartenir à une
organisation qualifiée de «terroriste» est
durement sanctionné, même
si aucun acte délictueux ne vous
est par ailleurs reprochable ou reproché.
Au nom de quoi, toute rébellion
politique radicale est assimilée
dorénavant à une variété spéciale
de délinquance, émergeant
au droit commun. C’est assez dire
que, sous le prétexte de la lutte
pour plus de sécurité civile,
les autorités de notre pays auront
réussi ce tour de force: installer
l’insécurité dans les
lois et le fonctionnement de la justice
publique.
15. Sans oublier les
conditions de détention «exceptionnelles» auxquelles
sont soumis depuis le 28 février
dernier (soit plus de 250 jours) Musa Asoglu,
Sukriye Akar et Kaya Saz. Alors que, par
quatre fois déjà, les tribunaux
ont statué pour une levée
du régime d’isolement qui
les frappe.
Régime d’isolement?
La Belgique est censée se conformer à l'Article
3 de la Convention européenne des
Droits de l'Homme ainsi qu’aux termes
de la Convention internationale ad
hoc qui interdissent de porter atteinte à l'intégrité physique
et mentale d'une personne en la soumettant à la
torture ou à des peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants.
Bien qu'ils n'aient commis
aucun délit
matériel attentatoire contre autrui,
Asoglu, Akar et Saz sont soumis, depuis
huit mois, à une série d’actes
de contrainte qui n’ont pour but
que de les avilir et de les humilier. Ainsi,
lors de leur procès en Appel, ont-ils été amenés
aux sept audiences le yeux bandés
et bardés d’un gilet par balles
pesant 10,5 kilos, avec –à leurs
poignets doublement menottés– une
menotte classique et une menotte fixée à la
ceinture de leur camisole de force. A chaque
jour de leur comparution, ils ont été complètement
déshabillés et mis à nus
par trois fois. Durant tout le procès,
il leur était interdit de porter
leurs propres sous-vêtements, chaussettes
et chaussures.
Depuis la fin février, ils sont
par ailleurs astreints à des conditions
d'incarcération inacceptables: fouilles
anales systématiques, isolement
total, privation sensorielle, troubles
forcées du sommeil.
«Forcées» : une
lumière aveuglante, située
juste au-dessus de la tête, reste
allumée en permanence toute la nuit
(un «progrès» puisque,
jusqu’il y a un mois encore, la lumière était éteinte
puis rallumée par intermittence
chaque demi-heure…). Depuis l'application
de ce châtiment, il est impossible
aux trois condamnés de dormir la
nuit –provoquant un état d’insomnie
permanent, au risque d’entraîner
une série de dérèglements
physiques et psychiques. C’est la
raison pour laquelle deux d’entre
eux, Musa Asoglu et Sukriye Akar, sont
en grève de la faim depuis le 30
octobre et ont décidé de
ne pas se présenter devant les juges
ce mardi 11 novembre. Ils entendent protester
ainsi contre leur conditions de détention
et les traitements inhumains et dégradants
qui leur sont infligés.
Même les gardiens sont surpris par
la dureté des conditions de détention
qui visent ces trois détenus. Un
régime carcéral inhumain
qui semble être le fait de la Ministre
de la Justice –laquelle, malgré les
multiples requêtes des avocats en
extrême urgence, renouvelle à chaque
fois ses directives auprès de l'administration
pénitentiaire afin que ces mesures
de coercition soient maintenues, voire
renforcées.
LE CONTEXTE
Guerre contre le terrorisme ou atteinte
au droit légitime à la contestation…?
Ces cinq dernières années,
une série de lois spéciales
ont été adoptées en
Belgique, sous le couvert de la
lutte «antiterreur». Or, au
lieu de «sécuriser les droits» des
citoyens comme le prétendent les
autorités, ces lois liberticides
auront pour effet de les restreindre,
de les suspendre, voire de les supprimer.
En Belgique comme partout
dans le monde, on assiste à une attaque frontale
contre les libertés privées
et publiques. Dès la fin des années
90, bien avant les attentats du 11 septembre
2001 à New York, notre pays avait
déjà décidé d’inscrire
de profonds changements dans le Droit,
notamment à travers «la loi
sur les organisations criminelles».
Avec cette législation, en effet,
s’est mis en place un «délit
d'appartenance» permettant à la
Justice de poursuivre des personnes qui
n’ont commis aucun délit matériel,
au seul prétexte qu’elles
feraient partie d’une organisation
ainsi définie.
Toutefois, au nom de la lutte antiterroriste,
les choses se sont depuis lors fortement
accélérées. La Belgique
a intégré, dans sa panoplie
pénale, deux décisions-cadre
européennes particulièrement
liberticides: la loi relative aux organisations
terroristes et la législation concernant
le mandat d’arrêt européen.
La loi antiterroriste, comme la loi relative
aux organisations criminelles, crée
un délit d’appartenance et
permet en outre de s’attaquer directement
aux mouvements sociaux. Est désormais
qualifiée d’acte «terroriste» toute
action commise dans l’intention de
faire pression sur un gouvernement ou sur
une organisation internationale. Que des
grévistes fassent le siège
d’une administration ou que des manifestants
empêchent des trams de circuler est
donc, aujourd’hui, considéré comme
une forme de terrorisme, et lourdement
punissable.
De surcroît, depuis le vote de «la
loi sur les organisations criminelles»,
les tribunaux ont la possibilité de
généraliser des procédures
d’exception à tous les stades
de la procédure pénale, de
l’enquête policière à la
détention: c’est ce qu’autorise «la
loi sur les méthodes particulières
de recherche» de 2003, laquelle légalise
les techniques les plus intrusives. Au
demeurant, les droits de la défense
n’existent plus: une personne soupçonnée
d’un éventuel délit
n’a plus le pouvoir d’en contester
les «preuves» puisque celles-ci
peuvent désormais rester secrètes.
Des dispositions tellement liberticides
qu’elles ont été remises
en cause par la Cour d’Arbitrage,
si bien que le gouvernement a dû les
remanier (légèrement), sans
s’empêcher de rendre certaines
dispositions encore plus contraignantes,
en les faisant revoter en catimini fin
2005, sous le couvert de la lutte «contre
la terreur».
Or les lois antiterroristes
sont totalement pernicieuses. Elles autorisent
tous les abus, la mise en place de tribunaux
d’exception
et les jugements d’opportunité.
Elles confondent volontairement les combats
syndicaux radicaux avec des actes de pure
criminalité ou de banditisme. Elles
s’attribuent indûment des pouvoirs
de compétence universelle en délégitimant,
dans des pays tiers, toute lutte politique
qui userait de moyens violents pour se
défendre de la violence d’États
dictatoriaux.
UNE JURISPRUDENCE D'EXCEPTION
Aussi,
l’enjeu
fondamental du procès
intenté contre neuf membres présumés
de l’organisation révolutionnaire
turque DHKP-C est de toute première
importance. Car «l’affaire
Erdal» a pour but de créer
une jurisprudence criminalisant toute solidarité envers
une organisation désignée
comme «terroriste». En outre,
cette labellisation justifie,
dès à présent, la
violation de règles de droit élémentaires
et l’application de sanctions anticipées
avant même que le jugement d’appel
ne soit venu confirmer le premier verdict.
Autant donc le réaffirmer solennellement:
ce procès concerne tous les citoyens.
Il engage l’avenir de nos libertés.
APPEL DU CLEA
Pour ces raisons, capitales, Le Comité pour
la Liberté d’Expression et
d’Association (le CLEA)
appelle tous les progressistes et l’ensemble
des associations démocratiques :
—À dénoncer
ce jugement inique et à appuyer,
par leurs mobilisations, toutes les voies
de recours aptes à contester un
jugement de pure complaisance, prononcé coup
sur coup par deux tribunaux belges «sous
pression!
—À contester
les lois sécuritaires qui, dans
notre pays comme dans l’ensemble
de l’Union européenne, sont
en train de défaire les libertés
démocratiques obtenues par un
siècle et demi de luttes sociales!
—À marquer leur solidarité avec les forces politiques, syndicales
et associatives qui combattent l’autoritarisme, le despotisme et la violence
d’État dont le régime d’Ankara a fait sa nature ordinaire!
Conférence de presse :
Le Comité pour la liberté d'expression
et d'association (Clea) organise
une conférence de presse pour commenter
le verdict du procès du DHKP-C et
dénoncer l'usage des législations
antiterroristes en Belgique ainsi que les
conditions de détention inhumaines
et dégradantes appliquées
aux prévenus. Elle aura lieu demain,
mercredi 8 novembre, à 11 heures,
au «Festival des Libertés» -
Pathé Palace - Boulevard Anspach
n°85 - 1000 Bruxelles.
Benoît Vendermeerche, président
de la Ligue des drots de l'Homme; Céline
Delforge, parlementaire bruxelloise Écolo
et Jean Flinker du Clea y interviendront.
Nous invitons les journalistes à être
présents lors de ces interventions.
Pour plus d'informations,
vous pouvez consulter le site du Clea
: www.leclea.be ou
téléphoner au
0487 174 851.
«(...)
par le moyen de méthodes
toujours plus efficaces de manipulation
mentale, les démocraties
changeront de nature. Les vieilles
formes pittoresques
– élections,
parlements, hautes cours de justice–
demeureront mais la substance sous-jacente
sera une nouvelle forme de totalitarisme
non violent. Toutes les appellations
traditionnelles, tous les slogans
consacrés resteront exactement
ce qu'ils étaient aux bon
vieux temps. La démocratie
et la liberté seront les thèmes
de toutes les émissions (...)
et de tous les éditoriaux
mais (...) l'oligarchie au pouvoir
et son élite hautement qualifiée
de soldats, de policiers, de fabricants
de pensée, de manipulateurs
mentaux mènera tout et tout
le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur
des mondes |
Le Comité pour
la Liberté d’Expression
et d’Association (Clea)
www.leclea.be
COMMUNIQUÉ
du 07/11/2006 [1] : La
fuite en avant d’une justice d’exception ?
Comité pour
la Liberté d'Expression et d'Association
(Clea):
COMMUNIQUÉ À LA
PRESSE
7/11/2006
- Verdict
du procès en appel de neuf membres
présumés du DHKC :
La
fuite en avant d’une justice d’exception ?

Action
du Clea devant le Palais de Justice de
Gand le 06/11/2006. Les manifestants
portent le signe distinctif des prisonniers
politiques dans les camps nazis
Le Clea a manifesté contre
les législations antiterroristes
devant le Tribunal de Gand ce matin.
C’est à plus
de septante membres et sympathisants
du Clea (le Comité pour
la liberté d'expression et d'association) –ils
sont plus d’une centaine en ce moment
même à l’intérieur
du Tribunal–, que Bahar Kimyongür
s’est adressé ce matin pour
les remercier de ces longs et bien remplis
mois d’actions de solidarité à son égard,
ainsi que de dénonciation de la
dérive
sécuritaire post 11 septembre 2001
qui menace les formes de vie démocratique
de nos sociétés. Devant la
presse, il a dit que «si
nous devons aller en prison pour la proclamation
de nos opinions, j'irai la tête haute.».
Applaudissements,... mais la colère
au cœur : c'est un humaniste
et, pour beaucoup, un ami que l'on va,
peut-être, condamner injustement,
pour l’exemple...
Le
Clea manifestait dès 8h30 ce
matin devant le Palais de Justice de Gand «pour
dénoncer les législations
antiterroristes qui menacent la démocratie», «protester
contre la criminalisation de la contestation
politique» et «exiger l’acquittement
de Bahar Kimyongür».
Fuite
en avant ?
La
séance qui se tient encore au
Palais de Justice de Gand –il n’y
a pas eu d’interruption à midi– est
le point culminant d'un procès marqué de
A à Z par des irrégularités
inacceptables dans un État de droit :
correctionnalisation d'un procès
politique, jugement de première
instance rendu par un tribunal d'exception
présidé par un juge déplacé expressément
de Gand à Bruges afin de rendre
un verdict "commandité",
un procureur extrêmement partial
défendant à outrance la thèse
du caractère "démocratique" du
régime turc... Le tout, sur fond
d'un complot de grande envergure, avec
collusion de fonctionnaires des ministères
de la justice et de l'intérieur,
de la police et de la sûreté de
l'État ayant tenu, sous la présidence
de la Chef de cabinet de la Ministre de
la Justice, la nuit du 26 avril dernier,
une réunion secrète dans
le centre de crise du ministère
de l'intérieur, et –fait extrêmement
grave– avec la participation du procureur
Delmulle en personne. Objectif : organiser
la "livraison" à la Turquie –régime
pratiquant la torture–, via les Pays-Bas,
de l'un des condamnés de Bruges:
Bahar Kimyongür. Un ensemble de faits
qui devrait suffire pour que le jugement
de première instance soit –comme
cela a été demandé par
la défense– frappé de
nullité.
Les juges
persistent et signent ?
On
aurait pu espérer que les Juges
aient décidé de reprendre
la voie de l’indépendance
de la Justice. Mais, leurs interventions
de ce matin montrent que c’est la
fuite en avant qu’ils semblent avoir
préféré. En effet,
ils persistent et signent : Non, il
ne s’agit pas de faits politiques ;
non, ce n’est pas de faits à traiter
en Assise mais bien en Correctionnelle ;
oui, l’État turc est bien
une démocratie et en État
de droit et il est légitime qu’il
représente la partie civile ;
oui, le déplacement du Juge Troch
de Gand à Bruges pour présider
le jugement de première instance
est conforme à la loi… Reste
sans formuler le corollaire qui devrait
s’en suivre en toute logique de ces
arguments : «Oui, le complot
de plus de 25 fonctionnaires de plusieurs
ministères, du parquet –en la personne,
entre autres, de procureur Delmulle lui-même–,
de la police et de la sûreté de
l’État
visant à "livrer" le ressortissant
belge Bahar Kimyongür à la
Turquie, pays pratiquant la torture, est
parfaitement légal». Mais,
les Juges se garderont d’aller jusque
là, pour des raisons apologétiques évidentes !
La Cour d'appel
de Gand doit prononcer aujourd’hui
son arrêt dans ce dossier à charge
de Fehriye Erdal et des membres présumés
de l'association DHKP-C. Bahar Kimyongür
a été condamné à quatre
ans de prison en première instance
devant le tribunal correctionnel de Bruges.
Il proteste contre la labellisation de "terroriste" de
sa dénonciation des violations des
droits de l’Homme en Turquie, rappelant
qu’il n’a été que
membre que du bureau d'information de DHKC.
En effet, l’accusation contre lui se
fonde sur le simple fait d’avoir traduit
un document de l'organisation et pour avoir
interpellé le ministre turc des affaires étrangères
au parlement européen. «Une
opinion politique, n'est pas du terrorisme»,
a réitéré ce matin Bahar
Kimyongür.
COMMUNIQUÉ
du 06/11/2006 : Deux
des prisonniers, en grève de la
faim depuis le 30 octobre, ne se présenteront
pas devant les juges ce mardi 7 novembre à Gand
Comité pour la Liberté d'Expression
et d'Association (Clea):
COMMUNIQUÉ À LA
PRESSE
Verdict du procès en appel de neuf
membres présumés du DHKP-C :
Deux
des prisonniers, en grève de
la faim depuis le 30 octobre, ne se présenteront
pas devant les juges ce mardi 7 novembre à Gand
Ils entendent
protester ainsi contre leurs conditions
de détention
particulièrement pénibles
et les traitements inhumains et dégradants
auxquels ils sont soumis par leurs
geôliers
Le
Clea organise un grand rassemblement ce mardi
7 novembre, dès 8h30, devant
le tribunal de Gand, et une conférence
de presse ce mercredi 8 novembre à 11
heures au «Festival des Libertés»
- Pathé Palace - Boulevard Anspach,
n°85 - 1000 Bruxelles (attention :
changement d’adresse).
Le
Néerlandais Musa Asoglu et l’Allemande
Sukriye Akar, détenus à la
prison de Bruges en attente de leur jugement,
ne se présenteront pas devant leurs
juges ce mardi 7 novembre, date du verdict
du procès en appel de neuf membres
présumés du DHKP-C. En grève
de la faim depuis le 30 octobre, ils entendent
protester ainsi contre leurs conditions
de détention particulièrement
pénibles et les traitements inhumains
et dégradants infligés par
leurs geôliers.
En
effet, depuis le 28 février
dernier (soit plus de 250 jours)
Musa Asoglu et Sukriye Akar, de même
qu’un troisième détenu,
Monsieur Kaya Saz, sont soumis à des
conditions de détention «exceptionnelles»,
alors que, par quatre fois déjà,
les tribunaux ont statué pour
une levée du régime
d’isolement qui les frappe.
Régime
d’isolement ? La
Belgique est censée se conformer à l'Article
3 de la Convention européenne
des Droits de l'Homme et à la
Convention internationale ad
hoc qui interdissent de porter
atteinte à l'intégrité physique
et mentale d'une personne en la soumettant à la
torture ou à des peines ou
traitements cruels, inhumains ou
dégradants. |
|

Madame Sukriye
Akar
|
|
 |
|
Or, bien qu'ils n'aient
commis aucun délit
matériel attentatoire contre autrui,
Asoglu, Akar et Saz sont soumis, depuis
huit mois, à une série d’actes
de contrainte qui n’ont pour but
que de les avilir et de les humilier. Ainsi,
lors de leur procès en Appel, ont-ils été amenés
aux sept audiences avec les yeux bandés –comme
sous les dictatures militaires– bardés
d’un gilet par balles pesant 10,5
kilos, avec –à leurs poignets
doublement menottés– une menotte
classique et une menotte fixée à la
ceinture de leur camisole de force. A chaque
jour de leur comparution, ils ont été complètement
déshabillés et mis à nus
par trois fois. Durant tout le procès,
il leur était interdit de porter
leurs propres sous-vêtements, chaussettes
et chaussures.
Depuis la fin février, ils sont
par ailleurs astreints à des conditions
d'incarcération inacceptables :
fouilles anales systématiques, isolement
total, privation sensorielle, troubles
du sommeil. Une lumière aveuglante,
située juste au-dessus de la tête,
reste allumée en permanence toute
la nuit (un «progrès» puisque,
jusqu’il y a un mois encore, la lumière était éteinte
puis rallumée par intermittence
chaque demi-heure…). Depuis l'application
de ce châtiment, il est impossible
aux trois condamnés de dormir la
nuit –provoquant un état d’insomnie
permanent, au risque d’entraîner
une série de dérèglements
physiques et psychiques.
(Lire en annexe quelques extraits de lettres
des détenus).
Même les gardiens sont surpris par
la dureté des conditions de détention
qui visent ces trois détenus. Un
régime carcéral inhumain
qui semble être le fait de la Ministre
de la Justice –laquelle, malgré les
multiples requêtes des avocats en
extrême urgence, renouvelle à chaque
fois ses directives auprès de l'administration
pénitentiaire afin que ces mesures
de coercition soient maintenues, voire
renforcées.
Le Clea soutient ces
prisonniers politiques et leur geste
généreux :
un véritable appel aux citoyens à faire
tout ce qui est en leur pouvoir pour remettre
le système carcéral belge à la
hauteur d’un État respectant
les droits de l’Homme.
Non à la banalisation
de Guantanamo !
Affaire
Kimyongür - DHKC:
Rassemblement
le 7 novembre devant le tribunal de
Gand contre les législations
antiterroristes
Le mardi 7 novembre
tombera le verdict du procès
intenté contre neuf membres
présumés du DHKP-C.
Le procureur Delmulle
y requiert notamment sept années
d'emprisonnement ferme à l'encontre
de Bahar Kimyongur. [Lire
la suite]
Conférence
de presse, mercredi 8 à 11 heures
au «Festival des Libertés»
- Pathé Palace - Boulevard Anspach,
n°85 - 1000 Bruxelles (attention :
changement d’adresse).
Le Comité pour la liberté d'expression
et d'association organise une conférence
de presse pour commenter le verdict du
procès du DHKP-C et dénoncer
l'usage des législations antiterroristes
en Belgique ainsi que les conditions de
détention inhumaines et dégradantes
appliquées aux prévenus de
ce procès.
Benoît Vendermeerche, président
de la Ligue des drots de l'Homme; Céline
Delforge, parlementaire bruxelloise Écolo
et Jean Flinker du Clea y interviendront.
Nous appelons les journalistes à être
présents lors de ces interventions.
Pour plus d'informations,
vous pouvez consulter le site du Clea : www.leclea.be ou
téléphoner au
0487 174 851"
Annexe 1
Lettre datant du 26 septembre
2006:
«Pendant la semaine et
demie de procès, on nous a bandé les
yeux et affublé d'un gilet pare
balles (...) Durant notre transfert de
la prison de Gand à celle de Bruges,
on avait toujours ce bandeau sur les yeux.
Ils ont sciemment prolongé le chemin.
En plus, nous étions seulement
trois détenus à occuper un énorme
autobus. (...) Lorsqu'il y a transfert
d'une prison vers une autre, on reçoit
une boîte verte dans laquelle on
dépose nos effets les plus indispensables.
Les autres effets nous sont envoyés
par la suite. Seulement, voilà,
notre boîte verte ne nous a pas accompagné!
Cela signifie qu’aujourd’hui
je n'ai ni brosse à dents, ni dentifrice,
ni shampoing, ni timbres... Les deux autres
camarades ne les ont pas reçus non
plus. (...)
«Mais, nos tracasseries ne s’arrêtent
pas là.
«Tu t’en souviendras, dans
ses conclusions, le tribunal avait établi
que nos cellules ne seraient plus contrôlées
entre 22h et 6h du matin. Or, ils n’ont
jamais cessé d’outrepasser
cette décision. Nous avons protesté contre
ces mesures. Mais, à présent,
il y aurait de surcroît une nouvelle
directive venant tout droit de Bruxelles: «la
lampe devra rester allumée toute
la nuit». Nous sommes à présent
contraints de dormir avec un cache-yeux».
Voilà en quoi consiste l’État
de droit de ces Messieurs.
«Non, mais t’as vu leur outrecuidance!
Ils nous font une démonstration
de force là. Nous, nous devons nous
plier aux décisions de justice,
mais cette règle ne semble pas être
valable pour eux.
«Delmulle et Onkelinx croient qu’ils
pourront nous soumettre en nous empêchant
de dormir. Ils sont mesquins et minables.
Tout un appareil d’Éat qui
s’acharne sur trois détenus.
J’ai honte pour eux.»
Annexe 2
Lettre datant du 4 octobre
2006:
«Hier, j’ai été menacé d’une
peine disciplinaire. Je m’en suis
sortie in extremis avec un avertissement.
Mon crime impardonnable?…
«En fait, comme tu le sais, depuis
le 25 septembre dernier, ils allument la
lampe de ma cellule de l’extérieur.
Dans la lettre motivée rédigée
par la ministre de la justice, il est stipulé que: «selon
la décision du juge, la lumière
de la cellule devra rester allumée
durant la nuit.»
«Or, aucun juge n’a pris une
telle décision. (…)
«Avec la lumière allumée
la nuit, je n’arrive pas à dormir.
«J’ai donc essayé de
trouver une solution avec les moyens du
bord.
«La cellule que j’occupe est
en fait une cellule double avec un lit
superposé. Lorsque je me couche,
ma tête doit obligatoirement être
orientée vers la fenêtre.
Or la lampe se situe juste au-dessus de
la fenêtre, ce qui veut dire, au-dessus
de nos têtes. Les lampes allumées
la nuit sont deux ampoules d’une
telle intensité qu’on n’en
trouve même pas dans les livings.
Lorsque le maton nous observe par le guichet
de la porte située juste en face
de la fenêtre, il nous voit de large,
des pieds. En d’autres termes, il
ne voit pas la partie supérieure
de notre corps, qui baigne sous la lumière.
Pour me protéger de la lumière,
j’ai tendu une couverture entre la
lampe et ma tête. J’ai coincé une
partie de cette couverture sur la partie
latérale, là où se
trouve l’escalier du lit superposé.
Or, le 30 septembre, il y a eu un incident:
Vers 6 heures du matin, le regard d’un
gardien m’a fixé longuement.
Son regard faisait des va-et-vient incessants
entre mes yeux et la couverture. Je l’ai
alors longuement fixé du regard
en faisant un signe de la tête pour
qu’il s’en aille mais il n’avait
pas l’air d’avoir l’intention
de le faire. Finalement, j’ai trouvé sa
présence tellement agaçante
que je me suis levée pour lui demander: « Est-ce
que je peux vous aider? ». C’est
là qu’il est parti.
«Plus tard, j’apprendrai que
le chef de section avait envoyé à la
direction une lettre dans laquelle il expliquait: «(…)
ne porte pas son cache-yeux. J’ai
eu du mal à l’observer en
raison de la couverture qu’elle a
suspendue de biais.»
«Cette lettre fut à la base
d’un dossier disciplinaire mené par
la direction. Ainsi, le 3 octobre, le directeur
a relevé ma déclaration en
présence de mon avocate. En réalité,
il ne m’a pas écouté et
n’a pas été plus attentif à ce
que disait celle-ci. Ou plutôt, il
a rejeté toutes nos justifications.
Il s’est même comporté de
manière hautaine.
Le directeur m’a ordonné de
«ne plus mésuser ma couverture».
Mon avocate a eu beau protester contre
le régime
de la lampe allumée, la réponse
du directeur fut: «Cela ne m’intéresse
pas de savoir»…
«J’ai alors rétorqué: «si
le fait de suspendre ma couverture sur
le côté latéral pose
problème, j’en déduis
que la suspendre juste derrière
moi pour me protéger de la lumière
ne gêne personne.». Sa réponse
fut expéditive et ne suscita rien
de véritablement constructif: «Les
couvertures servent à couvrir un
lit. Pas à dresser une tente».
Après quoi, il nous a littéralement
chassé de son bureau.
«Ma déclaration a été recueillie à 10h15
mais le "verdict" n’est
tombé qu’à 19h20. Soit
plus de 10 heures plus tard! Et quel est
ce verdict ? : Un avertissement.
«Motif: «(…)
a mésusé sa
couverture. Il lui est défendu de
se protéger. Cela lui a été signalé.
(…) a donné sa parole de
ne plus le faire. Si (…) ne désire
pas porter son masque de nuit (cache-yeux),
elle doit le faire savoir au gardien.»
«Cette décision est une véritable
mise en scène. Car, en réalité,
en me donnant un avertissement alors que
d’après lui, j’ai commis
un «faute impardonnable méritant
un châtiment sévère»,
le directeur fait mine d’être
magnanime et débonnaire.
«Or, je n’ai jamais donné ma
parole. J’ai introduit une requête
mais il l’a rejeté d’un
revers de la main.(…) Cela me rappelle
le régime en prison de type F. Cela
me rappelle surtout les peines disciplinaires
que Ercan Gökoglu avait subi pour
avoir mésusé son "cirage
pour chaussures"» (il utilisait
son cirage de teinte rouge pour colorier
les objets artisanaux qu’il confectionnait
ou ses dessins - NDT).
COMMUNIQUÉ
du 02/11/2006 : Rassemblement
le 7 novembre devant le tribunal de Gand
contre les législations antiterroristes 
Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association (Clea):
COMMUNIQUÉ À LA PRESSE
Affaire Kimyongür
- DHKC:
Rassemblement
le 7 novembre devant le tribunal de Gand
contre les législations
antiterroristes
Le mardi 7 novembre
tombera le verdict du procès intenté contre
neuf membres présumés du
DHKP-C.
Le
procureur Delmulle y requiert notamment sept années
d'emprisonnement ferme à l'encontre de Bahar Kimyongur.
Depuis des mois, le CLEA
essaye d'alerter la population et la
presse à propos
des dangers de ce procès d'exception,
conduit par un tribunal d'exception, où sont
appliquées des législations
d'exception au nom de la lutte "antiterroriste".
Un procès qui a permis aux citoyens
de prendre connaissance d'informations
interpellantes sur la réalité des
tortures de masse dont la Turquie a fait
son régime ordinaire, sur les agissements
des autorités belges décidées à imposer
un procès trafiqué et un
jugement de complaisance à l'égard
d'Ankara, sur la tentative ratée
-complot, réunion secrète,
collusion de fonctionnaires- de livrer
Bahar Kimyongur à un pays dont il
n'a jamais cessé de dénoncer
les tortionnaires et les mafias...
L'arsenal répressif adopté par
les autorités belges, dans la foulée
du 11 septembre et utilisé à Gand
contre un parti communiste turc, vise en
réalité à assimiler
la contestation sociale à du banditisme.
Bahar Kimyongur condamné? Cela
signifiera que la liberté d'expression
et d'association, pour ceux qui luttent
contre l'injustice sociale, sera désormais à la
merci de la loi antiterroriste belge de
2003.
C'est pourquoi le Clea
organise un grand rassemblement à la Cour d'appel
de Gand le 7 novembre dès 8h30 (Hof
van beroep te Gent, Koophandelplein 23,
9000 Gent).
Nous espérons que la presse s'y
trouvera nombreuse afin de relayer auprès
du public cet événement.
Toutes les informations sur : www.leclea.be
Par ailleurs, le Clea
organise une conférence
de presse en collaboration avec la Ligue
des droits de l'Homme et les avocats des
membres présumés du DHKP-C
mercredi 8 à 11h au
Festival des Libertés - Pathé Palace
- Boulevard Anspach, n°85 - 1000 Bruxelles. Nous vous
communiquerons des informations complémentaires à ce
sujet très prochainement.
| Pour rappel : neuf
personnes sont présentement
poursuivies des chefs d'association
de malfaiteurs, d'infraction à la
législation sur les armes, ainsi
que de vol et de recel, voire d'appartenance à
une organisation qualifiée de
"terroriste". Excepté
Bahar Kimyongür, laissé
en liberté après sa condamnation
en première instance à
quatre années d'emprisonnement,
comparaissent Sükriye Akar, Musa
Asoglu, Hasan Ekici et Kaya Saz. Depuis
le 28 février, ils sont incarcérés
à la prison de Bruges et soumis
à un régime exaspérant
d'isolement, de fouilles continuelles,
y compris anales, et de privation forcée
de sommeil... |
COMMUNIQUÉ
du 18/09/2006 : «Je
ne comprends pas d'où il sort...»
Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association (Clea):
COMMUNIQUÉ À LA PRESSE
Affaire Kimyongür - DHKC:
«Je ne comprends
pas d'où il sort...»
Un incident
provoqué par l'attitude méprisante
du procureur à l'égard d'un
avocat turc a émaillé la sixième
audience du procès en appel à
Gand.
| Une
témoin porteuse d'une accusation accablante pour les
tenants du caractère
démocratique du régime turc
fut rejetée par la Cour.
Une
audience clôturée à 13
heures - alors que celles-ci se prolongent
d'habitude jusqu'aux alentours de
18h - à laquelle ont assisté
une trentaine de sympathisants, amis
et proches des prévenus, ainsi
que des membres du Clea. |
|
La jeune Birsen Kars,
venue spécialement
de France, ne pourra pas faire le témoignage
de son histoire dramatique dans les
prisons turques. La Cour l'a ainsi
décidé. |
|
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|
«Je ne comprends pas d'où
il sort...»
S'il y a un point
a retenir de ce procès en appel de
toute évidence politique, c'est
l'attitude ouvertement partisane du procureur.
Lors
de cette sixième audience, Johan
Delmulle s'est permis de traiter de manière
méprisante et remettre en doute l'objectivité
d'un avocat turc venu assister au procès.
Ce dernier, dénommé Taylan
Tanay, avait expliqué que les critères
de définition d'organisation terroriste
ne pouvaient être applicables pour
le DHKP-C. Cela a suffit pour que Monsieur
Delmulle réagisse d'une manière
méprisante à son égard
par un : "Je ne comprends pas d'où
il sort...", suivi d'une tentative
d'intimidation de celui-ci en laissant entendre
que Me Tanay était quelqu'un de la
mouvance des co-accusés. Me Jean
Fermon, estimant indigne le traitement infligé
par le procureur à son collègue,
a réagi avec force, rappelant au
procureur son droit de faire venir le bâtonnier
de Gand. A ce moment, le président
de la cour a exhorté Me Fermon à
se taire " pour avoir interrompu le
procureur ". C'est là que Me
Bekaert, l'avocat de Fehriye Erdal, s'est
levé d'un pas décidé
et a été trouver directement
le bâtonnier afin qu'il prenne acte
des propos outranciers du procureur. Puis,
Me Taylan Tanay a expliqué à
ce dernier que les insinuations du procureur
se fondaient sur un faux. À son tour,
le bâtonnier a défendu Taylan
Tanay en rappelant son droit de siéger
dans la salle aux côtés des
avocats de la défense. La séance
devenant quelque peu tumultueuse, les juges
interrompirent finalement l'audience pendant
près d'une heure.
"Des
trafiquants de drogue..."
Plus tôt dans la matinée, Johan
Delmulle était revenu à l'attaque
avec des allégations sur un prétendu
trafic de drogue "organisé par
le DHKP-C". D'ailleurs, cette même
accusation avait tout simplement été
rejetée par le tribunal de première
instance de Bruges.
"Il
porte un triangle rouge..."
Puis, le procureur a interpellé les
juges à propos du "manque de
respect de Bahar Kimyongür à
l'égard de la Cour" (sic !).
D'après lui, l'accusé se présente
en retard aux audiences –oublie-t-il
que celles-ci ont lieu à Gand alors
que le prévenu habite à Bruxelles
?– ; «Il ne se lève
pas quand il le faut» ; et, enfin,
le pire des outrages : «Il porte sur
la poitrine "le triangle rouge"
que les Nazis faisaient porter aux prisonniers.»
Une offense impardonnable visant la Cour...
"Sept
ans pour Bahar Kimyongür..."
Enfin, lors de la reprise des répliques,
Johan Delmulle a fait un discours de plusieurs
minutes sur le danger d'héberger
des terroristes comme ceux du DHKC sur notre
territoire, avant de requérir...
dix ans pour Dursun Karatas et pour Musa
Asoglu, sept ans pour Bahar Kimyongür,
cinq ans pour Fehriye Erdal, Kaya, Sükriye
et Zerrin et, enfin, trois ans pour Hasan
Ekici et Irfan Demirtas.
Si un témoignage
démontre la véritable nature
non-démocratique du régime
turc, il est rejeté par la Cour
Le témoignage, appelé par
la défense, de Mademoiselle Birsen
Kars était déjà prévu
pour le vendredi 15. Il avait été
finalement ajourné "pour des
raisons de temps". Ce lundi, la Cour
en a décidé autrement :
le témoignage a été
tout simplement rejeté.
De
quel secret Mademoiselle Kars est-elle porteuse
? Pourquoi son histoire fait-elle si peur
à ceux qui d'emblée, dès
la première audience le 11 septembre
à Gand, avaient soutenu le caractère
de démocratie et d'État de
droit de la Turquie C'est que Birsen, brûlée
au troisième degré sur un
tiers de son corps après l'assaut
sanglant des prisons turques menée
par l'armée le 19 décembre
2000 contre les prisonniers politiques,
porte en elle la marque indélébile
d'un régime inhumain. Le même
régime à l'égard duquel
les tenants de ce procès politique
voudraient interdire, en le condamnant pénalement,
tout droit à la résistance.
Mais l'histoire terrible de Birsen Kars
ne peut plus rester dans l'ombre.
Qui est-ce Birsen
Kars ?
Mademoiselle Birsen Kars est née
le 9 juillet 1973 à Nuremberg. En
1984, sa famille décida de retourner
en Turquie. Là, elle est entrée,
en 1990, à l'université d'Istanbul
ou elle a fait des études en génie
industriel. C'est là qu'elle fit
connaissance de l'organisation IYÖ-DER
liée à la Fédération
étudiante TÖDEF
qui luttait pour la démocratisation
des universités qui subissaient les
diktats de la junte militaire qui avait
pris le pouvoir le 12 septembre 1980.
Dans
le cadre de ses activités politiques
sur le campus, elle fut une première
fois arrêtée et torturée
en février 1992. En septembre 1992,
elle a à nouveau été
arrêtée sur le campus même.
Elle subit une deuxième garde à
vue de 15 jours, ce qui signifie une deuxième
série de séances de torture.
Puis, la 3e cour de sûreté
de l'Etat d'Istanbul la condamnerait à
21 ans et demi de prison pour appartenance
à l'organisation " Devrimci
Sol ", sans preuve et sur la seule
base de déclarations effectuées
par la police.
Sa
captivité durera près de 11
ans, dont huit ans à la prison de
Bayrampasa et deux ans à la prison
de Bakirköy. Son transfert vers la
prison de Bakirköy surviendrait dans
le feu de l'assaut meurtrier du 19 décembre
2000 destiné à inaugurer les
nouvelles " prisons de type F ".
Entre
1996 et 2000, les prisons turques vont connaître
un regain de tensions. La raison : la volonté
de l'Etat turc de briser des détenus
politiques. Pour ce faire, l'armée
est envoyée sur les prisons à
plusieurs reprises, notamment à Ulucanlar
en septembre 1999, à Burdur et Bergama
en juillet 2000. Et puis, c'est l'assaut
final…
Le
19 décembre 2000, 21 prisons sont
investies par les forces armées,
assistées par des troupes d'élite
et la police politique. Bilan : 28 morts
et près 1000 blessés.
Birsen
Kars se trouve alors dans le bloc C de la
prison de Bayrampasa. Vers 4h50, les détenues
féminines sont réveillées
en sursaut par des bruits d'engin de démolition
et de coups de feu nourris. Quelques heures
plus tard, six de ses co-détenues
sont brûlées vives par les
bombes projetées par l'armée.
Elle
aussi connaîtra l'enfer. Elle se retrouvera
coincée au milieu d'une fumée
noire aveuglante qui fit fondre son corps.
Ses cheveux se détachèrent
par touffes entières. La peau de
ses bras se mit à s'accumuler au
bout de sa main et à fondre. Tout
brûlait, mais sans flamme.
Ses vêtements étaient restés
intacts mais son corps brûlait de
l'intérieur... Des brûlures
au troisième degré recouvrirent
un tiers de son corps. Certains médecins
soupçonneraient plus tard l'usage
de phosphore dans les gaz lancés
sur Birsen et ses amies de la prison de
Bayrampasa.
Elle
passa ensuite 6 mois à l'hôpital
sans interruption. En tout, elle subit 10
opérations chirurgicales. Avec les
séquelles de la grève de la
faim de 1996, sa situation médicale
ne fit que s'aggraver. En décembre
2002, elle fut libérée pour
une période de six mois en vertu
de l'art. 399 du Code de procédure
pénale (CMUK). Une fois libre, elle
subit d'autres interventions chirurgicales.
Comme
sa mise en liberté conditionnelle ne fût plus
renouvelée et qu'elle n'aurait pu survivre à des
conditions d'isolement dans l'état de santé où
elle se trouvait, sa famille organisa sa fuite vers l'étranger.
Depuis le 25 août 2005, elle vit en France où elle
reçoit des soins médicaux.
Le
témoignage de cette femme qui passa
un tiers de sa vie dans un univers carcéral
infernal où elle laissera sa jeunesse
et sa santé s'avère être
d'une importance capitale pour une meilleure
compréhension de la réalité
de la Turquie et pour mieux cerner la vérité
dans cette affaire.
Le Clea appelle à redoubler
la mobilisation ce mardi 19 septembre date
où, selon toute vraisemblance, le
procès en Appel se terminera à
Gand
Sur le site du Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association (Clea) on
peut lire :
"Venez nombreux, tous les jours, au
procès des 9 membres présumés
du DHKC pour soutenir Bahar Kimyongür
et dénoncer l'usage de la loi antiterroriste
qui menace les libertés de tous les
citoyens.
Soyons particulièrement nombreux
mardi car selon toute vraisemblance, le
procès se terminera ce mardi 19.
"Tous les jours de la semaine, départ
pour Gand : à 7 heures 30 du matin,
rendez-vous: Métro Simonis (Thierry
0487 174 851) (début des séances
à 9 heures). L'adresse de la Cour
d'appel de Gand : Hof van Beroep te Gent,
Koophandelsplein 23, 9000 Gent."
| Pour rappel : neuf
personnes sont présentement poursuivies
des chefs d'association de malfaiteurs,
d'infraction à la législation
sur les armes, ainsi que de vol et de
recel, voire d'appartenance à
une organisation qualifiée de
"terroriste". Excepté
Bahar Kimyongür, laissé
en liberté après sa condamnation
en première instance à
quatre années d'emprisonnement,
comparaissent Sükriye Akar, Musa
Asoglu, Hasan Ekici et Kaya Saz. Depuis
le 28 février, ils sont incarcérés
à la prison de Bruges et soumis
à un régime exaspérant
d'isolement, de fouilles continuelles,
y compris anales, et de privation forcée
de sommeil... |
COMMUNIQUÉ
du 16/09/2006 : Une vidéo
contredit le procureur Delmulle lors
de la cinquième journée du
procès en Appel à Gand
Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association (Clea):
COMMUNIQUÉ À LA PRESSE
Affaire Kimyongür - DHKC:
Une vidéo contredit
le procureur Delmulle lors de la cinquième
journée du procès en Appel
à Gand
Tout au
long de cette cinquième
journée du procès en Appel
ce vendredi 15 septembre à Gand fut
consacrée aux plaidoiries de Me Carl
Alexander (pour Bahar Kimyongür), Me
Jan Fermon (pour Musa Asoglu) et de Me Raf
Jespers (pour Fehriye Erdal et Kaya Saz).
Il y fut question, entre autres, de la lecture
d'un "communiqué criminel",
d'après le Procureur; de la définition
du "terrorisme" et de la violation
du principe de légalité de
la loi contenue dans la loi antiterroriste;
des tentatives du Procureur prétendant
établir par "association libre"
des faits matéraiels délictueux
au départ d'activités parfaitement
légales; du caractère non
démocratique du régime turc
et du droit légitime à la
résistance contre la tyranie... Le
tout agrémenté par le rappel
des conséquences interpellantes de
l'action répressive du régime
turc sur ses victimes.
Un peu avant le début, à 9
h., de cette cinquème audience du
procès en appel, le Comité
pour la Liberté d'Expression et d'Association
avait réalisé, devant Tribunal
de Gand, une action symbolique pour soutenir
Bahar Kimyongur et les huit autres prévenus.
Portant des t-shirts noirs sur lesquels
ils avaient apposé le triangle rouge
–signe distinctif des prisonniers politiques
allemans dans les camps de concentration
nazies– Bahar Kimyongür et plusieurs
dizaines de ses amis, sympathisants et proches
s'étaient rassemblés –à
l'appel du Clea– devant le Tribunal
de Gand. Ils portaient tous une pancarte
avec la photo d'une bouche réduite
à silence par une fermeture eclair
et l'inscription, en français et
en néerlandais: "POUR
NOS LIBERTÉS".
Lecture d'un "communiqué
criminel" (sic!)
Lors
de cette cinquième audience, Me Alexander
a souligné que les "faits"
reprochés à Bahar Kimyongür
ont été, de toute évidence,
délibérément montés
et épinglés par le Parquet,
comme la conférence de presse tenue
le 28 juin 2004, incriminée par le
Parquet, où «un communiqué
"criminel"» du DHKP-C aurait
été lu délibérément.
D'après Me Alexander, rien ne tient
dans cette "fabrication" de la
réalité. Pas seulement parce
que quatre mois après les prétendus
"faits" la ministre de la Justice
avait –elle-même– confirmé
publiquement le caractère parfaitement
légal de toutes les activités
menées par le Bureau d'Information
du DHKC à Bruxelles mais, aussi,
preuve à l'appui, parce que la projection,
l'après-midi, à la demande
de la défense, d'un document vidéo
explicite viendra contredire complètement
la version défendue par Johan Delmulle
et remettre la vérité debout.
Quant à la question de ces photocopies
de documents d'identité au nom de
Kimyongür retrouvés à
Knokke, pour Me Alexander, cela ne suffit
pas pour établir une "appartenance
à une association de malfaiteurs".
Définition
du "terrorisme" et légalité
de la loi
Quant
à la définition du "terrorisme",
de l'acte terroriste, de l'appartenance
à organisation terroriste, ce qu'en
dit la loi belge de 2003 est l'une des questions
les plus problématiques, et certainement
interpellantes pour les démocrates.
C'est Me Fermon qui développera ce
sujet : Quand la loi ne précise pas
clairement quand vous commettez un
acte délictueux ou quand vous
n'en commettez pas, c'est le principe même
de légalité de la loi qui
est mis à mal. Tel est bien le cas
avec la législation antiterroriste
de décembre 2003, dans laquelle est
implicite la censure judiciaire de tout
écrit commentant des faits de violence.
Or, d'après Me Fermon, et même
si le procureur se refuse à l'admettre,
le seul fait de donner une définition
du terrorisme, revient à poser un
jugement politique. Or, dans toute cette
affaire, on évacue la politique par
la porte (le procès est correctionnalisé)
pour la faire rentrer par la fenêtre
(les charges sont, en fait, toutes d'ordre
politique).
Le cas du
porte-parole du DHKC à Bruxelles:
lorsque l'on tente de faire passer
de conjectures pour de l'argent comptant
Quels
seraient les faits "indéniables"
qui se retrouveraient dans le dossier d'instruction
"à charge" de Monsieur
Asoglu –porte-parole du Bureau d'Information
du DHKC à Bruxelles– et qui
prouveraient sa participation à d'activités
"terroristes"? Aucun... Tout se
réduit à la fameuse conférence
de presse du 28 juin 2004, le "communiqué
335" qui y aurait été
lu et le rôle de porte-parole du Bureau
d'Information que M. Musa revendique lui-même...
Quoi d'autre? Rien! Aucun fait matériel,
ni en Belgique, ni en Turquie, ni nulle
part ailleurs. Or, M. Johan Delmulle persévère
à faire référence continuelle
à "d'autres activités",
prétendument liées à
l'organisation qualifiée de "terroriste"
par le Parquet, à savoir, le DHKP-C.
Voici le raisonnement "imparable"
du magistrat fédéral: «M.
Asoglu est l'un des dirigeants du DHKP-C,
et je le prouve : il est le porte-parole
du Bureau d'Information». Cette argumentation
tautologique est d'autant plus non fondée
que si M. Asoglu avait occupé réellement
ce poste de chef-dirigeant, il n'aurait
pas été –le 28 juin–
le lecteur besogneux d'un communiqué
de presse, qu'il ne s'est pas empressé
de lire et dont il n'a "d'autorité"
changé ne fut-ce qu'un iota.
Le
droit légitime à la
résistance
contre la tyranie
En fin d'audience, Me Jespers et Me Fermon
sont revenus sur le label de "démocratie"
et de "véritable État
de droit" que le Parquet, en première
instance et en appel, et les juges de première
instance se sont efforcés et s'efforcent
à décerner, d'office, à
la Turquie. A travers de nombreux exemples
très interpellants, Me Jespers aura
vite fait de perforer ce masque d'opérette
pour décrire des frasques autrement
tragiques : les exécutions extra-judiciaires;
le disparitions forcées; les traitements
cruels, inhumains et dégradants des
prisonniers politiques; l'État d'urgence
frappant plusieurs régions du pays;
l'occupation illégale de Chypre;
le gouvernement, des organes de l'État
et la Justice soumis constitutionnellement
à la tutelle militaire; des journalistes
censurés et incarcérés…
"Contre un tel régime, au nom
de la souveraineté du peuple, la
résistance n'est-elle pas légitime?"
, ont-t-ils demandé...
Me Jan Fermon a, par ailleurs, souligné
l'existence manifeste d'un état
de nécessité, auquel l'opposition
politique progressiste a le droit de répondre.
Pour le Procureur Delmulle, par contre,
il est insensé qu'une organisation
d'extrême gauche puisse même
y penser: "Ce n'est pas au DHKP-C
de dire ce que la Turquie n'est pas
et ce qu'elle devrait être".
Cela
mérite, au moins, d'être soumis
à discussion, ne fut ce que pour
examiner cette prise de position idéologique
si manifeste du Procureur. En tous cas,
personne ne peut nier qu'avec ce genre d'assertion,
c'est Monsieur Delmulle en personne qui
met la politique dans le prétoire.
Seize
heures : le tribunal en a assez. Le
témoignage d'une ex-détenue
d'une de ces prisons prisons attaquées
aux lance-flammes par l'armée turque
en décembre 2000 ne sera auditionné
que lundi. Si le président le veut
bien...
Le
Clea appele à redoubler la mobilisation:
prochains rendez-vous les lundi 18 et, tout
particulièrement, le mardi 19 septembre
Selon toute vraisemblance, le procès
en Appel se terminera le mardi 19.
Sur le site du Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association (Clea) on
peut lire :
"Venez nombreux, tous les jours, au
procès des 9 membres présumés
du DHKC pour soutenir Bahar Kimyonüur
et dénoncer l'usage de la loi antiterroriste
qui menace les libertés de tous les
citoyens.
"Tous les jours de la semaine, départ
pour Gand : à 7 heures 30 du matin,
rendez-vous: Métro Simonis (Thierry
0487 174 851) (début des séances
à 9 heures). L'adresse de la Cour
d'appel de Gand : Hof van Beroep te Gent,
Koophandelsplein 23, 9000 Gent."
| Pour rappel : neuf
personnes sont présentement poursuivies
des chefs d'association de malfaiteurs,
d'infraction à la législation
sur les armes, ainsi que de vol et de
recel, voire d'appartenance à
une organisation qualifiée de
"terroriste". Excepté
Bahar Kimyongür, laissé
en liberté après sa condamnation
en première instance à
quatre années d'emprisonnement,
comparaissent Sükriye Akar, Musa
Asoglu, Hasan Ekici et Kaya Saz. Depuis
le 28 février, ils sont incarcérés
à la prison de Bruges et soumis
à un régime exaspérant
d'isolement, de fouilles continuelles,
y compris anales, et de privation forcée
de sommeil... |
COMMUNIQUÉ
À LA PRESSE du 15/09/2006 :
Le Clea a réalisé
une action symbolique devant tribunal de
Gand
Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association (Clea):
COMMUNIQUÉ
À LA PRESSE
Affaire Kimyongür - DHKC:
Sous la bannière
de «Pour nos libertés»,
le Clea a réalisé une action
symbolique ce vendredi 15 septembre devant
tribunal de Gand
Gand,
15/09/2006 - Un peu avant le début,
à 9 h., de la cinquème audience
du procès en appel à Gand,
le Clea (Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association) a réalisé
ce vendredi 15 septembre, devant Tribunal
de Gand, une action symbolique pour soutenir
Bahar Kimyongur et huit autres personnes
comdamnées à Bruges en février
dernier.
Portant
des t-shirts noirs sur lesquelles ils avaient
apposé le triangle rouge --signe
distinctif des prisonniers politiques allemans
dans les camps de concentration nazies (1)--
Bahar Kimyongür et plusieurs dizaines
de ses amis, sympathisants et proches se
sont rassemblés --à l'appel
du Clea-- ce vendredi devant le Tribunal
de Gand. Ils portaient tous une pancarte
avec la photo d'une bouche réduite
à silence par une fermeture eclair
et l'inscription, en français et
en néerlandais: "POUR NOS LIBERTÉS".
La
police a adopté une attitude plutôt
respectueuse de la liberté de manifestation
et laissé les manifestants s'exprimer
sur le trottoir, mais elle a refusé
assez sèchement que les manifastants
fassent une photo sur les marches d'entrée
du Tribunal.
Une
audience très importante pour le
Clea
Cette cinquième audience du procès
en appel --qui a débuté par
une intervention de Me Carl Alexander, avocat
défenseur de Bahar Kimyongür--
est particulièrement importante pour
le Clea car le cas de Bahar Kimyongür
y est abordé directement et la défense
fait venir tour à tour des témoins
pour expliquer la grave situation des droits
de l'Homme en Turquie (terrorisme d'État,
assassinats politiques, disparitions forcées,
torture, conditions inhumaines de détention
pour les prisonniers politiques, médicalisation
forcée, emprisonnement de journalistes...)
et démonter l'affirmation gratuite
du procureur vantant, tant à Brugge
qu'à Gand, le caractère de
«démocratie« et d«État
de droit» du régime en place.
Pas
de garanties d'un procès équitable
La défense a dénoncé
dès la première audience,
lundi, à Gand, les irrégularités
constatées dans ce procès.
Pour sa part, le Clea ne cesse d'exprimer
sa crainte de ce qu’en Belgique, à
l'opposé du procès qui s'est
déroulé aux Pays-Bas, l'indépendance
de la justice ne soit pas garantie. Il faut
rappeler que lors du procès en première
instance à Bruges, on avait assisté
à la mise en place de procédures
dérogatoires mettant un place un
véritanle tribunal d'exception qui
violait le principe du jugement équitable:
le juge d'instruction avait été
neutralisé au profit des forces de
police et le juge de fond avait été
amené spécialement en provenance
d’un autre arrondissement judiciaire.
Et pour le jugement en appel, c'est la même
autorité judiciaire qui avait «déplacé»
ce juge de première instance qui,
cette fois-ci par une procédure régulière,
a désigné le juge de fond
!
Quand
le Ministre Reynders plaide pour la comdamnation
de "toute forme de radicalisme"...
Quant au procureur Delmulle, sa présence
ne garantie en rien, bien au contraire,
le caractère équitable de
ce procès. Il y a seulement quelques
jours, le Ministre Reynders, à la
suite de l'affaire "militaires d'extrême
droite", plaidait pour un renforcement
du dispositif sécuritaire et faisait
appel à des dispositions légales
comdamnant toute forme de "radicalisme"
--se gardant, bien évidemeht de citer
l'«ultralibéralisme»
parmi ces "formes". Voulait-il
par là rappeler le fait inquiétant
que le texte initial de l'actuelle loi sur
les organisations criminelles, loi appliquée
aussi dans ce procès, avait été
déposé en 1998 par le Ministre
de la justice de l’époque, Stefaan
De Clerck, et avait été rédigé
par plusieurs membres de son cabinet dont
Monsieur Johan Delmulle? Voulait-il par
là rappeler que ce projet indiquait,
dans l’exposé des motifs de
la loi, un double objectif pour celle-ci
: d’une part la lutte contre la maffia
traditionnelle et d’autre part la lutte
contre... le «radicalisme»?
Heureusement, il ne serait pas suivi sur
ce point par le législateur, mais
cela n'a pas empêché Monsieur
Delmulle de continuer à faire --
à Bruges et Gand-- cette lecture-là
de la loi.
(1) Note
à propos du triangle rouge
| Pour rappel : neuf
personnes sont présentement poursuivies
des chefs d'association de malfaiteurs,
d'infraction à la législation
sur les armes, ainsi que de vol et de
recel, voire d'appartenance à
une organisation qualifiée de
"terroriste". Excepté
Bahar Kimyongür, laissé
en liberté après sa condamnation
en première instance à
quatre années d'emprisonnement,
comparaissent Sükriye Akar, Musa
Asoglu, Hasan Ekici et Kaya Saz. Depuis
le 28 février, ils sont incarcérés
à la prison de Bruges et soumis
à un régime exaspérant
d'isolement, de fouilles continuelles,
y compris anales, et de privation forcée
de sommeil... |
COMMUNIQUÉ
À LA PRESSE du 14/09/2006 :
Le Clea invite la presse pour une action
symbolique ce vendredi 15 à 9 h devant
le tribunal de Gand
Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association (Clea):
COMMUNIQUÉ À
LA PRESSE
Affaire Kimyongür - DHKC:
Action symbolique du Clea ce vendredi
15 à 9 h au tribunal de Gand pour
soutenir Bahar Kimyongur
Bruxelles,
le 14 septembre 2006
Madame, Monsieur
le Rédacteur,
Madame, Monsieur,
Nous vous
prions de bien vouloir mettre à la
disposition de votre public les informations
ci-dessous.
Nous vous
remercions d'avance pour la bonne suite
que vous voudriez bien donner à la présente
demande et vous prions d'accepter nos meilleures
salutations.
Le Clea
Plus d'informations:
http://www.leclea.be/
Le Clea (Comité
pour la liberté d'expression et d'association)
invite la prese à venir assister
à son action symbolique et spectaculaire
pour exiger l'acquittement de Bahar Kimyongür
et dénocer l'usage attentatoire contre
l'organisation démocratique de la
société constituée
par la nouvelle législation antiterroriste
belge.
Cette
action se déroulera juste avant le
début de la cinquième audience
du procès en Appel de Bahar Kimyongür
et neuf membres présumés du
DHKC, le vendredi 15 septembre, donc demain,
à 9h devant le tribunal de Gand (Hof
van Beroep te Gent, Koophandelsplein 23,
9000 Gent).
Cette
cinquième audience est particulièrement
importante pour le Clea car il y sera abordé
directement le cas de Bahar Kimyongür
et la défense fera venir des témoins
pour expliquer, notamment, la grave situation
des droits de l'Homme en Turquie et le caractère
non démocratique du régime
en place.
-
Le 11 septembre 2001, la "guerre mondiale
contre le terrorisme" est lancée
à coup de guerres préventives
et de Patriot Act.
- Le 7 septembre 2006 la Belgique a eu,
avant la date, son mini Pearl Harbor -un
"complot" présumé
d'extrême droite impliquant des militaires
duquel se sont amparé immédaitement
quelques unes des plus hautes autorités
du gouvernement pour annoncer le renforcement
du déjà très liberticide
arsenal "antiterroriste" belge.
- Le 11 septembre 2006 a débuté,
à Gand, le procès en appel
de 9 membres présumés du DHKC.
Parmi ceux-ci figure Bahar Kimyongür
qui est jugé en vertu de la nouvelle
législation antiterroriste belge.
Son crime: avoir traduit, diffusé
et commenté un communiqué
de ce parti communiste turc et avoir collaboré
au bureau d'informations de cette organisation
à Bruxelles. "Délit"
d'opinion, "délit" d'appartenance...
Rappelons
qu'après sa condamnation à
Bruges en avril dernier, Bahar Kimyougür
avait été livré par
la Belgique à la justice néerlandaise
et arrêté aux Pays-Bas, suite
à une demande d'extradition introduite
par la Turquie. La Chambre d'extradition
de La Haye avait cependant rejeté,
le 4 juillet dernier, la demande de la Turquie
et remis Bahar Kimyogür en liberté.
Dans la motivation de sa décision,
le tribunal avait estimé que les
"faits" reprochés à
ce militant ne pouvaient fonder son appartenance
à une organisation terroriste et
qu'ils constituaient des actes respectant
la Constitution des Pays-Bas.
Mais, tout semble indiquer qu’en Belgique,
à l'opposé du procès
qui s'est déroulé aux Pays-Bas,
l'indépendance de la justice ne soit
pas garantie. En effet, dans notre pays,
au contraire des Pays-Bas, des activités
qui relèvent de la liberté
d'expression ont déjà été
condamnées comme activités
"terroristes". Par ailleurs, il
faut rappeler que lors du procès
en première instance à Bruges,
on avait assisté à la mise
en place de procédures dérogatoires
mettant un place un véritanle tribunal
d'exception qui violait le principe du jugement
équitable: le juge d'instruction
avait été neutralisé
au profit des forces de police et le juge
de fond avait été amené
spécialement en provenance d’un
autre arrondissement judiciaire. Et pour
le jugement en appel, c'est la même
autorité judiciaire qui avait «déplacé»
ce juge de première instance qui,
cette fois-ci par une procédure régulière,
a désigné le juge de fond
!
Tout
indique donc qu'il s'agit d'un procès
organisé pour obtenir un résultat
politique déterminé: créer
la jurisprudence permettant de condamner
toute personne solidaire d'une organisation
politique diabolisée administrativement
par le pouvoir. Ce procès nous concerne
donc tous car il engage l'avenir de nos
libertés fondamentales.
Face
à cette attaque sans précédent
contre nos libertés, le Clea rappelle
que s'exprimer, s'organiser, contester,
ce n'est pas du terrorisme et appelle donc
la presse à venir nombreuse suivre
l'action qu'il mènera demain dès
9h à Gand.
| Pour rappel : neuf
personnes sont présentement poursuivies
des chefs d'association de malfaiteurs,
d'infraction à la législation
sur les armes, ainsi que de vol et de
recel, voire d'appartenance à
une organisation qualifiée de
"terroriste". Excepté
Bahar Kimyongür, laissé
en liberté après sa condamnation
en première instance à
quatre années d'emprisonnement,
comparaissent Sükriye Akar, Musa
Asoglu, Hasan Ekici et Kaya Saz. Depuis
le 28 février, ils sont incarcérés
à la prison de Bruges et soumis
à un régime exaspérant
d'isolement, de fouilles continuelles,
y compris anales, et de privation forcée
de sommeil... |
COMMUNIQUÉ
À LA PRESSE du 14/09/2006 :
Un procès qui confirme
jour après jour son caractère
politique
Comité pour la Liberté
d'Expression et d'Association (Clea):
COMMUNIQUÉ À
LA PRESSE
Affaire Kimyongür - DHKC
à Gand :
Un procès qui
confirme jour après jour son caractère
politique