Les
député et sénateurs
membres du "comité de suivi" des
Comité P (police) et R (services
de renseignements) sont soumis depuis
quelques jours, sur injonction des
présidents de la Chambre et
du Sénat, à une restriction
inhabituelle de leur pouvoir de contrôle.
Le rapport commun (45 pages) des deux
Comités relatif aux conditions
de l'arrestation aux Pays-Bas de Bahar
Kimyongur(le porte-parole de l'organisation
turque d'extrême gauche DHKP-C)
ne leur a pas été communiqué.
Pour le consulter, les élus
n'ont d'autre choix que de se rendre
dans le bureau du secrétaire
des commissions de suivi, qui le conserve
dans un coffre-fort en raison de son
caractère "particulièrement
confidentiel"! Selon la note adressée
par les présidents de la Chambre
et du Sénat aux députés
et sénateurs, ce rapport est
consigné sous la procédure "for
your eyes only" ("ne peut
qu'être lu") : il est interdit
aux députés etsénateurs
de prendre des notes ou de rentrer
dans le local de consultation munis
d'un dictaphone.
Dans les
couloirs du Parlement, la grogne monte.
Des élus
refusent de travailler "dans de
telles conditions". La chef de
groupe MR au Sénat Christine
Defraigne l'a fait savoir à la
présidente de l'assemblée,
Anne-Marie Lizin. "C'est un peu
comme si un médecin était
appelé à poser un diagnostic
sans avoir accès aux radiograhpies",
déplore-t-elle. Et de s'inquiéter
: "quel peut-être dans ces
conditions le rôle de contrôle
du Sénat ou du Parlement, que
d'aucuns voudraient amoindrir? C'est
une question de principe démocratique."
Ce
rapport, demandé aux Comités
P et R suite aux débats parlementaires
sur l'arrestation de Bahar Kimyongur,
est voué à n'être
jamais révélé pas
plus qu'il ne sera publié dans
le rapport annuel des Comités
P et R, ni (surtout) présenté à la
sagacité des élus qui
voulaient savoir si le ressortissant
belge Bahar Kimyongur avait été volontairement
ou légalement "livré" aux
Pays-Bas par la Belgique. Circulez,
y a rien à savoir."
Marc
Metdepenningen
Vendredi
19/01/2007 |