|
[Téléchargez et diffusez notre tract Gaza : Résister pour vivre]
Est-ce le même front ? En tous cas, chacun à sa façon –que ce soit à Gaza, ou à Bagdad ; à Athènes ou à Ankara ; à Tarnac ou à Bruxelles…–, nous sommes en lutte contre les différentes expressions du terrorisme d’Etat.
Tel est le message que le Clea a tenté de délivrer lors de différentes actions menées la semaine dernière.
[Pour lire l’argumentaire complet].
Mercredi passé(7/01/2009), nous avons organisé un rassemblement à l’occasion de l’audience introductive du nouveau procès DHKC, qui se déroulera à partir du 25 mai prochain.
[Pour un compte-rendu de l’action et de la séance, avec reportage vidéo].
Dimanche 11, le Clea a participé à la manifestation nationale –à la coorganisation de laquelle il avait adhéré– destinée à marquer notre solidarité avec les habitants de Gaza.
[Pour plus d’informations sur la guerre d’agression que mène actuellement Israël contre Gaza, vous pouvez consulter les liens internet au bas de ce message et le dossier assez complet mis en ligne sur le site du Clea :
http://leclea.be/#Gaza]
Sans prétendre faire le tour de la question, le Clea souhaite mettre en lumière certains aspects du conflit qui se déroule actuellement en Palestine. Nous vous proposons quelques pistes de réflexion non seulement à propos de la manière de se positionner vis-à-vis d’un Etat qui humilie un peuple en colonisant ses territoires mais également au sujet du droit des opprimés à résister.
Le Clea entend dénoncer avec force la version 2009 made in Israëlde la «guerre mondiale contre le terrorisme»
Cette propagande de l’Etat sioniste est largement diffusée, sans mise en perspective, par les grands médias occidentaux. Elle vise à faire passer les victimes pour des bourreaux, ce qui sert de justificatif au terrorisme d’Etat israélien.
Des terroristes? Hamas, Hezbollah, FPLP…, tous sont rangés dans le même sac. Toutes les formes de violence, de lutte armée des opprimés et de leurs représentants sont réduites à un terme unique et définitif : «terrorisme».
A en croire certains, face à une bande de « malfaiteurs » particulièrement coriaces, la «démocratie» israélienne agirait en bon père de famille: c’est pour le bien des Palestiniens, qui sont pris en otage par le Hamas et l’Iran, qu’Israël mènerait la guerre à Gaza.
Répétons donc, en chœur, avec Israël, les Etats-Unis et Sarkozy : «Le Hamas est un groupe terrorist ». Pendant ce temps, l’armée israélienne peut bombarder, «démocratiquement», une école de l’ONU bondée de civils, provoquant quarante décès à additionner aux mille Palestiniens morts depuis le début de l’offensive sur la ville martyre.
Les allégations que nous conte aujourd’hui l’armée israélienne à la télévision quand elle chasse les «criminels» à travers Gaza ne constituent, en réalité, qu’un remake de la propagande déversée depuis des siècles par les dominants à propos des dominés. On en retrouve le même argumentaire depuis les récits horrifiés des esclavagistes états-uniens (quand les «nègres» brûlaient les bâtisses occupées par les maîtres et leurs familles) jusqu’aux reportages de TF1 au sujet de la «racaille» des banlieues qui incendie des voitures.
Des terroristes? Les Palestiniens ont beau crier: «Aux voleurs! A l’assassin!» ; les colons israéliens envahissent leurs terres, détruisent leurs maisons, bloquent leurs routes, exilent leurs frères, parquent leurs familles dans des camps et tuent leurs enfants… Chaque jour de sa vie, la colombe palestinienne reste prisonnière, en cage, nourrie au «plomb durci». Et si jamais elle ose donner un coup de bec…
Quand l’oppressé s’énerve, se révolte, s’insurge, devient violent, résiste à la violence d’Etat, il est abattu sans sommation. L’Etat israélien terrorise Gaza.
Le Clea veut dénoncer la collaboration des autorités belges
avec Israël
La majorité gouvernementale belge semble toujours prompte à répertorier sur ses listes noires toutes les organisations qui soutiennent une lutte armée de libération pour faire face à l’oppression et, comme dans le cas qui nous préoccupe, à l’arsenal high tech employé par les troupes israéliennes. On connaît la chanson, en français comme en flamand: «Face au terrorisme, il faut demeurer intransigeant».
Fidèle soldat prenant part à «la guerre mondiale contre le terrorisme», l’Etat belge semble d’ailleurs toujours curieux de découvrir les nouvelles méthodes de répression et de surveillance exportées par Israël et dont l’efficacité a été «testée sur des terroristes palestiniens»… Soyez donc rassurés: c’est notamment grâce aux experts israéliens que notre pays se meut en un «Etat d’exception» et que la police belge sera, comme à chaque fois, équipée, sur le pied de guerre, lors de la prochaine «alerte terroriste» déclenchée sur notre territoire.
Parfois, l’Etat belge doit tout de même admettre qu’Israël exagère. Pour lui signifier sa désapprobation, notre pays, qui se tient en bonne position parmi les exportateurs européens d’armes vers l’Etat hébreu, entérine un rapprochement renforcé avec celui-ci.
Changement de tactique? Quand il s’agit de «peser sur Israël», la Belgique se fait complice des massacres perpétrés envers les Palestiniens et pour «marquer son mécontentement» envers l’attitude de son allié, notre gouvernement dialogue avec Israël comme s’il s’agissait du 28ème Etat européen.
L’Etat belge a choisi son camp…, et nous?
Aurions-nous dû être comptés avec ceux qui rejetaient dos-à-dos l’apartheid et la violence de l’ANC de Mandela envers le régime sud-africain? Aurions-nous été parmi ceux qui regrettaient les excès des Nazis mais refusaient d’entendre parler de Résistance face à l’Ordre nouveau? Hier comme aujourd’hui, la réponse est: «Non!».
Ce positionnement n’est en rien de l’aveuglement. Bien évidemment, parmi les pro-Palestiniens, vit et est stimulé un débat sur ce qu’il y a à désapprouver dans les discours et les pratiques portés par les tendances islamistes présentes au sein de la résistance palestinienne. Mais ce devoir d’analyse critique (aussi légitime soit-il) ne doit pas nous détourner du principal, ne doit pas amoindrir la nécessité la plus urgente et la plus essentielle: le soutien à un peuple qui lutte pour sa dignité depuis soixante ans, et aux organisations qu’il a choisies de se donner pour le représenter et le défendre.
Car, à travers ces tentatives d’élimination radicale du Hamas (après avoir réussi à ligoter la direction du Fatah), ce qui se joue aujourd’hui c’est l’opportunité pour les autorités israéliennes de renforcer la balkanisation territoriale et le morcellement politique de la société palestinienne. Une visée chimérique: même si Israël arrive à ses fins en éliminant le Hamas, cela ne mettra pas un terme à la résistance des Palestiniens pour obtenir un Etat indépendant.
Par ces quelques remarques et pour aller à contre-courant des informations et arguments largement diffusés, le Clea souhaite participer au débat, nécessaire en démocratie, sur le droit des opprimés à se rebeller.
Notre comité continuera à se manifester, tant il paraît chaque jour plus urgent de faire résonner l’écho des voix contestataires, celles qui ne restent pas muettes face à la violence d’Etat, celles qui portent haut le mot d’ordre: «Palestine vaincra!».
|