Depuis
juillet 1995, notre bureau d'information
s'efforce de dénoncer
les crimes commis par l'Etat turc à l'encontre des travailleurs, des syndicalistes,
des étudiants, des artistes, des prisonniers politiques, des organisations
démocratiques ainsi que des minorités nationales et religieuses.
Quoiqu'il ait changé trois fois de siège, notre bureau s'est toujours
trouvé à proximité des institutions européennes afin
de garder un contact permanent avec les eurodéputés démocratiques
et alertes à la question des droits de l'homme en Turquie.
En 11 ans d'activités, plusieurs centaines de délégations
politiques, syndicales et culturelles du monde entier ainsi que des progressistes
et même de simples curieux venant à titre individuel ont fréquenté notre
bureau d'information.
Pendant 11 années, les communiqués de notre bureau d'information
et le travail de traduction effectué par nos collaborateurs ont servi à informer
et sensibiliser une partie importante de l'opinion publique européenne
et même mondiale quant à la réelle situation en Turquie.
Par exemple, en décembre 2000 et janvier 2001, notre bureau avait envoyé vers
les 5 continents, des milliers de cassettes vidéo reprenant des images
de massacres dans les prisons perpétrées entre le 19 et le 22 décembre
2000, images qui avaient été censurées par la presse turque.
A l'heure où les autorités turques pourchassent sans répit
nos journalistes, caricaturistes et écrivains critiques, où des
journaux d’opposition sont saisis et leurs locaux mis sous scellés,
où 24 journalistes croupissent toujours dans les sinistres prisons de
type F, l'Union européenne et la Belgique en particulier se sont dotées
d'un nouvel arsenal judiciaire et vont même jusqu'à utiliser des
moyens occultes pour faire taire notre bureau sous prétexte d'activités
terroristes.
C'est d'ailleurs avec les mêmes allégations que l'Etat turc tente
de museler ses opposants sur son territoire.
Pour mieux comprendre l'évolution qui a conduit à la criminalisation
de notre bureau, il nous faut faire une brève rétrospective et
remonter au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, lorsque sous la pression
des Etats-Unis d'Amérique, une décision-cadre du Conseil établissant
une liste des organisations "terroristes" fut adoptée par la
Commission européenne sous présidence belge.
Cette décision-cadre qui devait servir à harmoniser la législation
pénale anti-terroriste à l'échelle européenne se
basait sur la définition du terrorisme la plus vaste et la plus floue
et donc, la plus répressive.
La sélection des organisations mises au ban en tant que "terroriste" s'est
faite sans le moindre débat contradictoire. Cette ostracisation ne permet
en outre aucune possibilité de recours pour les organisations visées.
Une fois que cette liste noire fut adoptée et la définition de
terrorisme établie, les diplomates turcs multiplièrent leurs tractations
pour obtenir que le PKK et le DHKP-C y soient insérés en tant que
tels.
Finalement, ce sera chose faite le 2 mai 2002.
L'étape suivante fut la ratification par le Parlement fédéral
belge d'une nouvelle loi anti-terroriste en la date du 19 décembre 2003.
C'est cette loi qui permet aujourd'hui au Parquet fédéral belge
de poursuivre des collaborateurs de notre bureau d'information pour avoir simplement
traduit des textes.
D’autre part, le 1er avril 2004, une opération policière
internationale orchestrée par un procureur italien de la Pérouse
et visant soi-disant le DHKP-C aboutit à l'arrestation de plus de 120
personnes dans 5 pays: la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Italie et la
Turquie.
Ce jour-là, notre bureau d'information est pris d'assaut par des hommes
masqués et armés jusqu'aux dents. Les portes sont défoncées,
les archives saisies, les occupants arrêtés. Même le jardin
du bureau est retourné.
Toutes les personnes arrêtées dans le cadre de cette opération,
y compris la centaine de militants arrêtée en Turquie, ont été libérées,
hormis deux journalistes révolutionnaires turcs qui se trouvaient en Italie,
une femme incarcérée à la prison de Rebibbia à Rome
et un homme détenu à la prison de Spoleto.
La presse turque révèlera que ces rafles constituaient une action
préventive servant à sécuriser le sommet de l'OTAN qui devait
avoir lieu à la fin du mois de juin à Istanbul.
L'opération violente contre notre bureau perpétrée le 1er
avril 2004 marque une étape importante dans la criminalisation de nos
activités. C'était en effet la première fois en neuf ans
d'existence que notre bureau faisait l'objet d'une perquisition.
Le 28 juin 2004, précisément en marge du sommet de l'OTAN à Istanbul,
une conférence de presse organisée dans un hôtel du quartier
européen par une coalition de gauche du nom de Resistanbul a été utilisé comme
prétexte par la Sûreté de l’Etat belge pour faire monter
la pression sur notre bureau d'information.
La Sûreté affirmait en effet qu'un communiqué de revendication
signé par le DHKC a été lu par deux collaborateurs de notre
bureau durant cette conférence. Il s'agit de Musa Asoglu et de Bahar Kimyongür.
Or, à cette conférence de presse, il n'était ni question
du DHKC, ni de ses communiqués, ni de revendication, ni même d'allusions à une
quelconque revendication. Elle portait en fait sur les abus de la police turque
dans le cadre des mesures de sécurité entourant le sommet de l'OTAN.
En fin de journée, une équipe de la chaîne de télévision
RTL se présenta dans les locaux de notre bureau d'information du DHKC
et interrogea Bahar Kimyongür, le traducteur du communiqué controversé.
Suite à la retransmission télévisée de cet interview,
un parlementaire bruxellois du nom de François-Xavier de Donnéa
connu en tant qu'actionnaire (et réactionnaire) proéminent sur
le marché turc, saute sur l'occasion pour interpréter le commentaire
du traducteur de ce communiqué comme une revendication, espérant
ainsi obtenir la fermeture de notre bureau.
Suite aux pressions exercées par ce provocateur et par ses complices turcs,
une enquête est ouverte.
Cette enquête aboutira à l’inculpation des deux attachés
de notre bureau précités.
L'une de ces deux personnes se trouve actuellement incarcéré à la
prison de Bruges, entre autres, des suites de la provocation concernant la lecture
imaginaire de ce communiqué tandis que le deuxième prévenu
a été condamné à quatre ans de prison. Ce dernier
est resté en liberté dans l'attente de son procès en appel à la
Cour d'appel de Gand. Le jugement de l’appel de Gand sera rendu le 7 novembre
prochain.
Vu le ridicule de l'accusation, il est évident que désormais la
Sûreté belge profitera de la moindre occasion pour obtenir la fermeture
de notre bureau.
Outre le fait que les pressions visant à la fermeture de notre bureau
sont indiscutablement une atteinte grave à la liberté d'expression
et d'association et sont une tentative d'imposer une vision unilatérale
et erronée de la Turquie parmi la communauté internationale sans
doute pour assurer l'impunité aux tortionnaires turcs, il serait naïf
et illusoire de la part des autorités belges et turques de penser que
la lutte sociale en Turquie pourrait en être affectée pour autant.
Ne pouvant plus exercer notre activité d'information librement et dans
le but d'éviter toute provocation future des services secrets turcs et
belges, nous avons décidé souverainement de fermer notre bureau
d'information de Bruxelles.
Cependant, avec ou sans bureau, même sous la plus opaque des censures,
les peuples du monde continueront d'être informés de la cinglante
réalité de l'Etat turc ainsi que de la lutte des révolutionnaires
pour le pain, la liberté, la dignité et la justice sociale.
Ni la répression, ni la censure, ni la prison ne nous feront taire !
Nous continuerons à dénoncer les crimes des puissances impérialistes
et de l’Etat turc !
DHKC
Bureau d’information de Bruxelles
Le 30 octobre 2006
De l'usage de l'information
par les différents media
Contrairement à la
RTBF radio (“La
Première” - 31/10/2006 - 7h.),
l'article paru dans De
Morgen (31/10/2006)
est plus correct et reprend même
une phrase du communiqué.
Extrait :
DHKP-C
sluit kantoor waar Erdal ontsnapte
De Turkse
extreem linkse volksbeweging DHKP-C sluit
haar bureau in de Stevinstraat in Brussel.
Volgens de Turkse beweging dient dat bureau
enkel om de publieke opinie te informeren
over de repressie en de onrechtvaardigheden
die Turkije begaat.
De
DHKP-C stelt dat de Europese Unie, en vooral
België, de organisatie het zwijgen
probeert op te leggen, "allemaal onder
het voorwendsel van de beschuldiging van
'terroristische activiteiten'". Volgens
de organisatie is er druk geweest om het
bureau te sluiten. "Omdat wij onze activiteit
om informatie te verstrekken niet meer kunnen
uitoefenen en om elke toekomstige provocatie
vanwege de Turkse en Belgische veiligheidsdiensten
te vermijden, hebben wij beslist om het te
sluiten." Boven dat bureau zat de extreem
linkse Turkse activiste Erdal zes jaar lang
ondergedoken. (Eigen berichtgeving 07:53).