Le 28 juin 2004,
en marge du sommet
de l'OTAN à Istanbul, une conférence
de presse organisée dans un hôtel
du quartier européen par une coalition
de gauche du nom de Resistanbul a été utilisé comme
prétexte par la Sûreté de
l’État belge pour faire monter
la pression sur le bureau d'information du
DHKC à Bruxelles.
La Sûreté affirmait en effet qu'un communiqué de revendication
signé par le DHKC avait été lu par deux collaborateurs du
bureau bruxellois durant cette conférence. Il s'agit de Musa Asoglu et
de Bahar Kimyongür.
Or, à cette conférence de presse, il n'était principalement
ni question du DHKC, ni de ses communiqués, ni de revendication, ni même
d'allusions à une
quelconque revendication. Elle portait en fait sur les abus de la police turque
dans le cadre des mesures de sécurité entourant le sommet de l'OTAN.
En fin de journée, une équipe de la chaîne de télévision
RTL se présenta dans les locaux du bureau d'information du DHKC
et interrogea Bahar Kimyongür, le traducteur du communiqué controversé.
Suite à la retransmission télévisée de cet interview,
un parlementaire bruxellois du nom de François-Xavier de Donnéa
de Hamoir, connu en tant qu'actionnaire
sur le marché turc, saute sur l'occasion pour interpréter le commentaire
du traducteur de ce communiqué comme une revendication...
Suite aux pressions exercées par lui et par ses amis turcs,
une enquête est ouverte.
Cette enquête aboutira à l’inculpation des deux attachés
du bureau bruxellois du DHKC cités.
Du mauvaise usage
de l'dentification projective :
Lorsque
le faucon se projette, il voit en l'autre
l'énergumène qui
est en lui
Quatre octobre
2004. Le procureur
fédéral Johan Delmulle vient d'indiquer qu'il
faut “fédéraliser” les
faits recueillis à l'encontre de Kimyongür,
et les monter en un dossier de pur “terrorisme”.
Dans cet esprit,
le magistrat en charge du dossier enjoint
la police de Bruxelles de l'interroger sur
la conférence de presse donnée le 28 juin
2004 boulevard Charlemagne, à Bruxelles.
Une demande expresse qui répond à l'injonction
dont le chevalier François-Xavier de Donnéa
de Hamoir s'était fait le medium halluciné.
Le 30 juin, celui-ci avait demandé –devant
la Commission de l'Intérieur de la Chambre–
que le gouvernement mette
la main sur l'“énergumène”.
«Oui, monsieur le Président,
monsieur le Ministre, c'est avec une réelle
stupeur que j'ai vu au journal télévisé d'une
chaîne francophone un énergumène, un certain
Bahar Kimyongür, membre du DHKC et apparemment
son porte-parole à Bruxelles, essayer d'expliquer
que c'était par erreur que son groupe avait
fait exploser une bombe dans un autobus en
Turquie, tuant plusieurs personnes. Cette
apparition à la télévision était ahurissante.
Je le répète : proprement
hallucinante (...). Il faut fermer le bureau
du DHKC en Belgique, il fait expulser ce
monsieur Kimyongür et ses collaborateurs
dans les plus brefs délais! On doit quand-même
agir, intercepter ces personnes et les interroger.
Dès que l'on voit apparaître
à la télévision un tel énergumène –faisant
explicitement référence à un attentat ou,
en tout cas, à un accident qui précédait
sans doute un attentat à un autre endroit–, il
faudrait fondre sur lui comme le faucon sur
la proie»...
Au lecteur de
juger qui est en fait l'énergumène...