Alors
qu’il n’a commis aucun
délit, aucun acte de violence,
Bahar a été condamné le
7 novembre dernier à 5 ans de
prison ferme comme « chef
d’une organisation terroriste ».
Ce verdict constitue une menace pour
tous les citoyens, tous les militants
car il signifie qu’actuellement
en Belgique, exprimer un point de vue
contestataire et s’organiser
afin de diffuser efficacement cette
opinion est passible de plusieurs années
de prison. C’est inadmissible
et c’est la raison pour laquelle
des milliers de citoyens en Belgique
et à l’étranger
se mobilisent pour réclamer
la liberté pour Bahar. Mais
pour cela, il faut que la Cour de Cassation
casse, aujourd’hui, le verdict
condamnant Bahar.
Bahar
n’est pas un terroriste, c’est
un militant ! Son engagement est
indispensable dans un pays qui se prétend
démocratique : c’est
lui qui a informé la population
belge à propos de la torture
que subissent les prisonniers politiques
en Turquie et à propos de leur
résistance face à cette
barbarie car les militants dans les
geôles turques aime la vie à en
mourir ; c’est Bahar qui
a organisé un rassemblement
devant l’ambassade des Etats-Unis à Bruxelles
pour soutenir la résistance
Irakienne à Falloujah au moment
où l’armée US
massacrait toute une ville.
Merci
Bahar, ton action aux côtés
des plus faibles, aux côtés
des insoumis nous rappelle qu’il
est légitime et même nécessaire
de se lever, de militer, de se révolter
contre l’injustice : que
ce soit contre les fermeture d’entreprises
en Belgique, la torture dans les prisons
turques ou la guerre en Irak.
Non
Mister Bush, non Madame Onkelinx, non
messieurs les juges et procureurs ; s’exprimer,
s’organiser, contester comme
Bahar le fait depuis 10 ans :
ce n’est pas du terrorisme. Il
s’agit de droits et de libertés
chèrement conquis en Belgique
par le mouvement ouvrier et que nous,
militants, intellectuels, syndicalistes,
communistes, anarchistes, pacifistes,
socialistes, écologistes, nous
défendrons. Il faut qu’aujourd’hui,
le verdict posé dans le cadre
du procès DHKP-C soit cassé !
Le
problème dans l’affaire
DHKP-C, du nom de l’organisation
communiste turque dont Bahar est le
sympathisant, c’est qu’à cause
de la nouvelle loi antiterroriste belge
inspirée par les législations
votées par l’administration
Bush, la Justice fait passer des opposants
politiques au régime turc, des
militants communistes pour des terroristes,
pour des criminelles.
Vous
savez, dans ce procès, il n’y
a pas d’un côté Bahar « le
gentil militant idéaliste» et
de l’autre côté,
les méchants terroristes du
DHKP-C.
Vous êtes
interpellés par la situation
de Bahar Kimyongür ? Interrogez-vous
alors sur le cas de Musa Asoglu qui
a été condamné à 7
ans ferme essentiellement pour les
mêmes motifs que Bahar à savoir
son travail au sein du bureau d’informations
du DHKC à Bruxelles, un bureau
qui a toujours respecté les
règles de la démocratie
belge. Et que dire de Sukriye Akar,
condamné à 4 ans fermes
comme membre d’une organisation
terroriste, sur base d’une preuve
qui est, selon le tribunal de Gand,
irréfutable: tenez-vous bien,
la police a retrouvé un sac
lui appartenant dans la voiture d’Asoglu !
4 ans de prison pour un sac à main
au mauvais endroit !
La
loi utilisée dans le jugement
DHKP-C est une loi liberticide made
in USA qui permet de condamner lourdement
comme s’ils étaient des
terroristes, des citoyens non pour
des actes délictueux qui auraient
commis, non pour des attentats qu’ils
auraient perpétrés mais
pour leur engagement politique, pour
leurs opinions.
Cet élément-là, à lui
seul, suffirait pour casser le jugement
prononcé en novembre dernier :
un procès politique doit être
jugé devant une Cour d’assise
et non devant un tribunal correctionnel
comme ça a été le
cas dans cette affaire. Les avocats
des condamnés ont relevé des
dizaines de points susceptibles d’entraîner
la cassation du verdict du tribunal
correctionnel de Gand. Je ne suis pas
juriste mais il ne faut pas être
un spécialiste pour comprendre
que ce jugement est politique et a été rendu
possible car le régime turc,
l’Etat belge et l’administration
Bush ont un intérêt commun :
sous couvert de lutte contre le terrorisme,
ils veulent museler la contestation
sociale.
Sous
le jugement DHKP-C, il y a une signature,
c’est signé George W Bush.
Ce jugement doit être cassé car
on ne peut pas condamner des opposants
politiques en les assimilant à des
bandits.
Et
si on ne se mobilise pas aujourd’hui
pour s’opposer à ce jugement, à ces
condamnations, à cette loi ;
nous subirons demain le même
sort que Bahar et ses camarades. Avec
un peu d’avance, Bahar,
c’est nous.
En
fait, quelle que soit la décision
de la Cour de Cassation –qui
sera normalement rendue cet après-midi
après l’audience qui va
se dérouler maintenant et durant
toute la matinée-, quelle que
soit la décision de la Cour,
il faut que le combat continue, il
faut que tous les citoyens s’unissent,
fassent front contre Bush et ses complices
qui mènent la guerre aux quatre
coins du monde et qui sous prétexte
de « guerre contre le terrorisme », à grand
renfort de paroles creuses sur la liberté et
la démocratie, massacrent et
réduisent à la misère
des peuples entiers. En Belgique, cette
guerre se déroule également :
les premières victimes en sont
Bahar, Musa, Sukriye, Kaya et les autres
personnes condamnées dans l’affaire
DHKP-C. Il faut que le jugement les
condamnant soit cassé, il faut
que la loi utilisée dans ce
procès soit supprimée,
il faut que la Belgique refusent d’être
soumise à la politique américaine.
La
démocratie, c’est nous,
la démocratie ce sont les citoyens
en mouvement. Contre la fascisation
du monde incarnée par les idées
et les actions de Bush et ses alliés
en Turquie comme en Belgique, il faut
développer un front réunissant
démocrates et progressistes.
C’est le rôle que s’est
fixé le Clea, le Comité pour
la liberté d’expression
et d’association. Chères
amies, chers amis, vous qui prenez
congé et vous rassemblez pour
que le jugement DHKP-C soit cassé :
il faut entrer en résistance,
résister n’est pas un
crime, mais c’est un droit, c’est
une nécessité !
Chers
amis, nous allons maintenant entrer
dans la salle d’audience :
vous allez voir que comme c’est
un procès « terroriste »,
vous allez un peu être considérés
par la police comme des complices des
terroristes. C’est en tous cas
ce qui ressort de la condamnation de
Bahar puisque le juge de Gand a expliqué que
Bahar était le chef d’une
organisation terroriste puisque de
nombreuses personnes étaient
venues le soutenir durant les audiences.
Voilà l’une des dérives à laquelle
conduit la guerre contre le terrorisme.
Terroristes, vous l’êtes
déjà même si vous
ne le savez pas !
Le
verdict sera normalement prononcé cet
après-midi, vous pouvez suivre
toutes les évolutions de l’affaire
sur notre site internet leclea.be.
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