Chers
amis, nous devons faire front car les militants
ne sont pas des terroristes, car les
militants, s’ils restent isolés,
seront, un à un, mis sous pression
comme c’est le cas pour les militants
de Greenpeace, nous serons inquiétés
par la justice comme les altermondialistes
liégeois poursuivis actuellement ; à terme,
nous serons muselés et incarcérés
comme Bahar Kimyongur l’a été.
En effet, sous couvert
de guerre contre le terrorisme, contre
la grande criminalité,
contre les malfaiteurs, une série
de lois permettent désormais,
dans notre pays, de condamner les citoyens
non pas pour des actes délictueux
qu’ils auraient commis ou pour
des actes de violence qu’ils
auraient perpétrés mais
pour leur engagement citoyen, pour
leurs convictions politiques. Voilà ce
qui guette tous les militants et c’est
pourquoi, tous ensemble, nous disons : «C'est
parce qu’elles sont liberticides,
qu’elles
menacent la liberté d’expression,
la liberté d’association,
le droit à la contestation,
qu'il faut remettre en question ces
lois».
Certains se diront peut-être « mais
la loi, il faut quand même la
respecter ! ». Heureusement,
tout citoyen belge, fier de l’histoire
de son pays, se rappellera que si nous
avions toujours respecter les lois,
que si nous avions toujours courbé la
tête devant les décisions
de nos dirigeants, nous n’aurions
actuellement ni le droit de critiquer,
ni le droit de s’organiser, ni
le droit de voter. La Démocratie
telle que nous la connaissons en Belgique
n’est pas un donné, c’est
une conquête ; fruit de
luttes, de grèves, de révoltes,
de mouvements sociaux. La démocratie,
ce n’est pas que les élections,
c’est aussi et avant tout les
citoyens en mouvement qui revendiquent
et conquièrent des droits ;
la démocratie, c’est nous.
Alors, aujourd’hui, au moment
où une série de ces conquêtes
sont reprises aux citoyens, le Clea,
aux côtés de 130 associations, entend
mettre toute son énergie dans
le développement d’un
mouvement social pour la démocratie,
pour remettre en question les lois
liberticides. Nous serons également
présents aux côtés
des militants criminalisés pour éviter
qu’ils aillent en prison ou que
leur parole ne soit muselée.
Chers amis, on essaye
de nous retourner le cerveau, on
essaye de nous faire douter de nous-mêmes. Halte au
terrorisme intellectuel !
N’acceptez plus le discours de
démocratisation de la Turquie
alors que dans ce pays, on abat encore
et toujours les gens en rue parce qu’ils
sont Kurdes ou arméniens, pourquoi
ne dit-on pas que c’est l’Etat
turc qui est criminel ?
Pourquoi ce n’est pas Electrabel,
ceux qui étranglent les consommateurs
en augmentant les tarifs et qui menacent
notre environnement avec des centrales
nucléaires, pourquoi ce n’est
pas Electrabel qu’on qualifierait
de malfaiteurs ?
Pourquoi entend-on chaque jour dans
les médias les paroles de Bush
qui au nom de la démocratie
et de la liberté mène
la guerre aux quatre coins du monde,
pourquoi ne dit-on pas que c’est
Bush le terroriste ?
Ensemble, nous sommes
forts ;
ensemble, nous allons cesser d’avoir
peur ; ensemble, nous allons passer à l’offensive.
Dès septembre, nous nous retrouverons
pour que le gouvernement retire du
code pénal la contestation sociale
sous toutes ses formes et pour que
des militants comme Bahar Kimyongur
ne puissent être criminalisés.
Notre combat ne fait que commencer.
Il dépend de chacun d’y
participer au nom de ce nous avons
de plus cher: la défense de
nos libertés.
Je vous remercie pour votre soutien. |