Le
but de cette invitation était
de sensibiliser quelques personnes
au cas de Bahar Kimyongür et des
trois autres détenus du procès
du DHKP-C et surtout de voir comment
prolonger la campagne menée « à Bruxelles » dans
la région.
Une bonne vingtaine
de personnes ont répondu à l’appel. Étaient
notamment présents le délégué FGTB
de Caterpillar, Hassan Isik, le délégué CSC
de Belgacom et élu communal d’Anderlues
Freddy Dewille, l’ancien délégué principal
FGTB de Glaverbel André Henry,
deux ex-ouvriers et syndicalistes de
Splintex, trois syndicalistes de la sidérurgie
(deux d’entre eux ont visité la
Turquie avec Bahar en 1998), un responsable
du mouvement des sans-abris, Paul Trigalet,
une musicienne bien connue du GAM, Karin
La Meir. Plusieurs personnes avaient
manifesté leur intérêt
mais ne pouvaient pas être présentes.
Après une introduction par Nadine,
Deniz et Necibe ont pris la parole. Deniz
a tenu à souligner ceci : «Quand
on dit que Bahar n’a commis aucun
acte illégal, on ne dit pas tout à fait
la vérité, car en réalité,
toute l’activité de Bahar était
légale – et Laurette Onkelinx
l’a encore reconnu en 2004, jusqu’à ce
que… la loi contre le terrorisme
n’ait été votée.
On me dit parfois que Bahar était
bien naïf. Mais personne n’a
jamais pensé que des activités
parfaitement légales d’information
sur l’activité d’organisations
révolutionnaires pouvaient être
du jour au lendemain décrétées
illégales par le vote d’une
loi au Parlement. Pourtant, c’est
ce qui s’est passé».
Necibe a insisté sur
l’éducation
qu’elle a donnée à ses
enfants. «Je n’ai pas eu
beaucoup l’occasion d’étudier,
c’est pourquoi j’ai tout
fait pour que mes quatre enfants puissent
faire des études supérieures.
Bahar a terminé l’université comme
archéologue. Il a toujours respecté mes
principes d’éducation centrés
sur la justice et le respect des autres.
Aujourd’hui en prison, il me dit
toujours : "Maman, ne t’en
fais pas, je n’ai jamais trahi
les principes que tu m’as appris".» Et
quand on lui demande comment va Bahar,
elle répond : «C’est
toujours lui qui me donne du courage,
quand je lui rends visite».
La cinéaste Marie-France Collard
a suivi toute la rencontre avec sa caméra
et son micro car elle travaille actuellement à un
documentaire sur l’affaire.
Que faire ?
La rencontre s’est très
rapidement orientée sur la question : «Que
pouvons-nous faire ?». Nadine
a présenté les thématiques
et les actions prévues dans la
campagne du Clea. Tous les présents
ont signé l’appel et ont
décidé sur-le-champ de
constituer un comité de soutien à Charleroi.
Hassan Isik a expliqué que «Bahar» signifie
printemps en turc, ce qui a donné l’idée
d’organiser une activité autour
du 21 mars. Cela permettrait de mobiliser
pour le jour de la Cassation, le mardi
27 mars à Bruxelles.
Une date de constitution
du comité de
soutien a été fixée :
ce sera le mardi 6 mars à 19h
au café «L’écho
des chavannes», rue des Chavannes,
3 à 6000 Charleroi. Toutes les
organisations, partis, mouvements et
individus désireux de défendre
les libertés démocratiques
y sont les bienvenus. |