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Kaya Saz |
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Sukriye Akar |
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Musa Asoglu |
Vous vous en souvenez,
le 28 février
2006, le tribunal correctionnel de
Bruges condamnait sept personnes pour
un total de 33 ans de prison pour des
faits abusivement qualifiés
de terroristes dans le cadre du procès
de l’organisation turque d’inspiration
marxiste, le DHKP-C.
Ce jour-là, trois des onzes
inculpés furent arrêtés
sur le champ et emmenés à la
prison de Bruges. Il s’agit de
deux hommes, Musa Asoglu, de
nationalité néerlandaise
et Kaya Saz de nationalité allemande
et d’une femme dénommée
Sukriye Akar, elle aussi de nationalité allemande.
Pendant près d’un an,
ces trois détenus -qui n’ont
jamais porté atteinte à l’ordre
public en Belgique ou ailleurs- ont
eu à subir un régime
carcéral d’une cruauté inouїe
(isolement absolu, lumière aveuglante
chaque nuit, surveillance agressive ôtant
toute intimité, traitements
humiliants lors des transferts, violation
du droit de visite, censure du courrier
...) que les organisations des droits
de l’Homme ont systématiquement
dénoncé.
Ces trois détenus ont porté plainte
en référé à cinq
reprises contre les mauvais traitements
subis et ont, à chaque fois,
obtenu gain de cause, parvenant même à imposer
pour chacun d’eux, 250 euros
d’astreinte au Ministère
de la Justice par jour de non-respect
de leurs droits. En dépit de
ces jugements et d’une mobilisation
citoyenne déterminée,
les améliorations de leurs conditions
de détention restent timides
en raison des réticences de
l’administration pénitentiaire
de Bruges qui ne cesse de reporter
l’assouplissement de leur régime.
Si leurs conditions
de détention
sont proprement scandaleuses, l’instruction
et le jugement qu’ils ont subis
ne le sont pas moins.
Un an après leur incarcération,
il incombe aux démocrates de
notre pays de se pencher sur les multiples
irrégularités qui ont émaillé le
procès du DHKP-C.
Par exemple, le fait
que Musa Asoglu aie été condamné à sept
ans de prison pour avoir été en
possession en 1999 de quelques armes
et d’un certain nombre de faux
papiers sans qu’il n’aie
jamais eu la moindre intention de commettre
un quelconque acte violent mérite
une certaine attention. D’autant
plus que les magistrats ont recouru à une
manœuvre malhonnête en
lui imputant la revendication d’un
attentat survenu en Turquie, revendication
aussi inexistante que sa responsabilité personnelle
dans les actes de violence perpétrés
en Turquie et ce, afin de soumettre
Musa Asoglu à la nouvelle législation
antiterroriste de 2004.
Kaya Saz et Sukriye Akar ont été condamnés à quatre
ans de prison pour leur seule présence
supposée dans l’appartement
de Knokke où le matériel
illicite de Musa Asoglu a été découvert.
Ayant déjà purgé plus
de 18 mois dont six mois en détention
préventive, Kaya Saz est libérable
depuis plus de 60 jours.
Comme ce procès a été traité à l’aune
de la nouvelle législation antiterroriste,
le caractère politique des infractions
précitées confère à celui-ci
une circonstance aggravante. C’est
la que se situe le problème :
au lieu de juger et de condamner strictement
les infractions commises sur le sol
belge, le tribunal de Bruges puis la
cour d’appel de Gand se sont
permis d’arbitrer un conflit
qui se livre à plusieurs milliers
de kilomètres d’ici et
pire, de légitimer la répression
effroyable de l’Etat turc à l’égard
de ses opposants.
C’est précisément
pour attirer l’attention sur
de telles dérives que le Clea
organise deux rassemblements, qui marquent
le premier anniversaire de la captivité des
militants politiques turcs :
- Premier rassemblement,
le mercredi 28 février, à 18h, à la
Bourse de Bruxelles;
- Deuxième rassemblement,
le samedi 3 mars, à 16h,
devant la prison de Bruges.
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