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À lire absolument notre nouvelle et très complète brochure «Kimyongur Bahar : Le dossier à charge»
[Lire]

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Un seul pas suffirait pour arrêter le compteur macabre !
Avant son incarcération, Bahar Kimyongür avait lancé un appel urgent à la constitution d'une délégation internationale en Turquie en vue de sauver la vie de l'avocat des droits de l'Homme Behiç Asçi, en grève de la faim depuis plusieurs mois en protestation pour les conditions de détention de ses clients. Il fut écouté mais Maître Asçi se débat encore entre la vie et la mort. Faisons du geste généreux de Bahar une victoire : Soutenons sa campagne ! [Lire]

 


La première lettre de Bahar Kimyongür à Deniz, son épouse, depuis la prison de Gand
                                                                             es


Chers amis et amies,

J’ai reçu de mon cher époux, ce «grand dirigeant d’organisation terroriste», sa première lettre après son incarcération. Je la partage avec vous...

Sachez que Bahar est considéré comme «très dangereux» par la direction de la prison de Gand. De ce fait, il n’a pas de droit d’accès à la bibliothèque ni aux activités comme le sport et des films en salle avec les autres détenus. Il est empêché de sortir de sa cellule 22 heures sur 24. Les visites se font toujours derrière une vitre…

Bahar m’a été enlevé parce qu’il a osé s’exprimer. Il est emprisonné pour ses convictions, au nom des lois “antiterroristes”. Au-delà de la souffrance d’une épouse, c’est la démocratie, la liberté d’expression qui sont menacées. C’est pourquoi, je me permets de vous appeler à nous rejoindre dans notre combat :
le Clea organise une série d’activités auxquelles vous pouvez vous associer pour soutenir la campagne «Liberté pour Bahar!»

Bien à vous,

Deniz Demirkapi
tel : 0486 846 170
e-mail :
deniz-demirkapi@hotmail.com
www.leclea.be

«
Prison de Gand, le 8 novembre 2006, vers 22h

Plus de 20 heures viennent de passer en ton absence. Et au moins 20 mois devront passer avant que je ne puisse à nouveau te toucher, te caresser les cheveux et t’embrasser. Peut-être même 40 ou 60.

Ce châtiment, c’est de la cruauté à l’état pur, de la barbarie gratuite, du terrorisme d’État.

Une fois de plus, nous avons été témoins et victimes d’une justice de classe, inique, bourgeoise et coloniale. Une justice du plus fort. Mais surtout une justice de vaincus. Ils sont paniqués devant la perspective de la colère des peuples et de la contestation sociale croissantes.

Alors, dans un élan de désespoir, entraînés par leurs instincts, ils s’acharnent sur nous... Sur moi, parce qu’il y a six ans, j’ai dit – à la presse, dans l’exercice de ma liberté d’expression– “nous” en parlant du DHKP-C. Ce “nous” a été interprété abusivement par le procureur Delmulle et ses comparses les juges Logghe, Denys et Libert, comme la preuve de mon appartenance au DHKP-C et même de mon rôle de “dirigeant” au sein du mouvement. Ils sont pourtant au courant qu'au moment où j’avais prononcé ce “nous” fatidique, l’armée turque était occupée à assassiner les prisonniers au nom d’une soi-disant opération de “retour à la vie”.

Ce jour-là, un jour triste de décembre qui vit la mort de 28 détenus, j’aurais pu revendiquer tout acte de violence révolutionnaire contre l’État turc. Ce “nous” émotionnel et empathique, les juges l’ont pris pour un “nous” réel, physique et effectif. Ce tout petit “nous” a fait de moi un dirigeant d’une organisation politico-militaire clandestine vieille de 36 ans, alors que n’importe quel sympathisant du DHKP-C a qui on aurait tendu le micro aurait tenu les mêmes propos. En Turquie, il n’est d’ailleurs pas rare que des milliers de manifestants crient à l’unisson leur soutien à la lutte armée et à la guérilla du DHKP-C.

Moi, qui ai toujours lutté publiquement et pacifiquement pour la démocratisation en Turquie, en coopération avec des personnalités politiques, des institutions gouvernementales et des ONG, comment aurais-je pu être un dirigeant du DHKP-C ?

Je crois bien que les premiers à devoir s’étonner de ce scoop sont les véritables dirigeants agissant très probablement dans la plus stricte clandestinité quelque part dans les villes et les montagnes de Turquie.

Les magistrats ont ainsi grossièrement et mesquinement travesti la vérité. L’ont-ils fait par pure ignorance ?

Certainement pas. C’est manifestement par nécessité de justifier l’application des nouvelles lois anti-terroristes en prévision des prochains conflits sociaux. On ne le dira jamais assez : ce procès politique intenté contre nous cadre parfaitement dans la stratégie de guerre préventive de l’impérialisme nord-américain.

Victor Hugo a écrit un jour : “Grattez le juge, vous trouverez le bourreau”. Chez nos juges, il ne fallait même pas gratter : ils ont la haine à fleur de peau. Cette vielle haine anti-sociale qui caractérise les régimes les plus arbitraires, les plus obscurantistes, les plus inhumains. Mais, comme disaient nos ancêtres : “Si les chiens aboient, c’est que la caravane passe.” En effet, ils ont beau s’exciter et mordre comme des chiens enragés, notre combat pour la justice, la fraternité et la dignité se poursuit.

Avec ou sans moi et malgré eux, nos espoirs avancent au galop, sur la piste de la victoire en marchant sur leur queue à Bint Jbeyl, à Oaxaca, à Gaza, à Ramadi et à Istanbul.

C’est ce qui fait notre bonheur. C’est un bonheur que nous payons très cher, ma petite fleur, mais ce monde injuste ne nous laisse guère le choix.

Chaque jour, des femmes et des hommes meurent pour avoir défendu leurs idées. Comparé a eux, notre sacrifice est finalement bien dérisoire. Dérisoire mais si indispensable. Et là, je parle de tous les amis et camarades qui ont contribué à la campagne pour les libertés d’expression et d’association en Belgique.

Embrasse-les toutes et tous de ma part. Embrasse également nos mères, nos grands parents et toute la famille.

Je suis fier de toi, mon ange gardien. Je t’embrasse de tes lèvres sèches et de tes yeux humides avec tendresse, passion et amertume.

Bahar
»


Note : Bahar raconte qu’après son arrestation au Palais de Justice, il a été mis à nu, affublé d’un gilet pare-balles et menotté. Puis on lui a fait porter un cache-yeux. Après l’avoir installé dans un véhicule de police, il a été attaché au siège et enchaîné par les pieds. Durant le trajet les policiers ont fait passer une musique trash assourdissante en langue allemande. Ainsi, pendant plusieurs minutes, on lui a fait subir exactement le même traitement que celui qui est décrit dans le film “The Road to Guantánamo”. C’est seulement vers minuit que Bahar est arrivé à la prison de Gand. Mais il ne sera pas au bout de ses peines pour autant : sous prétexte de “manque de cellule”, on le mettra au cachot de la prison. Là, il va passer douze heures infernales. Il raconte que l’odeur d’urine et d’excréments était insoutenable. Les matières fécales s’étaient accumulées dans une cuvette très profonde et il n’y avait pas de chasse d’eau à l’intérieur du cachot. Le matelas en mousse était dans état indescriptible : troué, décomposé, puant et complètement recouvert de cheveux et de poils humains incrustés dans la mousse. La couverture puait la mort. Les mouches en provenance de la cuve des toilettes ont tournoyé au dessus de sa tête pendant toute la nuit. Avant de le laisser à son sort, les gardiens l’ont, de force, une nouvelle fois mis à nu et à genoux. À la place de ses vêtements, il a dû porter une chemise à manches courtes bleue-ciel et un pantalon en toile de couleur bleue marine dont les boutons manquaient, de sorte que, chaque fois qu’il se levait, il devait tenir son pantalon pour pouvoir marcher. Bahar raconte ne jamais s’être senti aussi sale que lorsque il a dû s’installer sur ce matelas sans drap ni housse qui ressemblait à un gruyère, noirci et moisi. L’air étant irrespirable, il glissa sa tête dans sa chemise, malgré la difficulté à respirer à travers ses mailles. Cruelle ironie : le lendemain, vers 10h., une équipe médicale vint lui poser des questions sur sa santé. Bahar a répondu qu’il allait bien jusqu’au moment où on l’avait enfermé dans ce cachot où les conditions sont inhumaines. Vers 12h., il a pu enfin gagner une cellule un peu plus décente mais «de qualité dix fois inférieure à celle de la prison de Dordrecht...» aux Pays-Bas. C’est là qu’il subit à l'heure actuelle un régime d’isolement de 22 heures sur 24 (21 sur 24, si visite).


Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais, en plus, l'avenir d'un homme qui n'a commis aucun délit et comdamné aujourd'hui à cinq ans de prison ferme, est gravement compromis.  
 
 
 

autocollant
Bahar Kimyongür est un symbole
Il est le symbole des dangers que la lutte contre le “terrorisme” fait peser sur nos libertés

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«Dis-moi avec qui tu colistes...»
Lire :

«Un citoyen belge livré pour des raisons électoralistes à un régime pratiquant la torture ?»

Consultez aussi :
www.mouvements.be


Actualité de Huxley
«(...) au moyen de méthodes toujours plus efficaces de manipulation mentale, les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice– demeureront mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu'ils étaient aux bon vieux temps. La démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions (...) et de tous les éditoriaux mais (...) l'oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera.»
Aldous Huxley, Retour au meilleur des mondes
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