Les sbires
avaient suivi d’une façon évidente
les militants depuis l’après-midi,
mais ils ont attendu la fin de l’activité en
faveur des prisonniers politiques italiens
qui s’est tenue au cerlce «Borgorosso» de
Gênes, pour les attrapper alors
qu’ils
les croyaient isolés.
Les membres des forces
spéciales s’étaient
cachés derrière des
voitures, fondus parmis les passants,
derrières
les colonnes des portiques, puis ils
se sont subitement «matérialisés» fiers
de toute leur arrogance.
Ils ont exigé de pouvoir effectuer à leur
guise ce qu’on leur avait ordonné de
faire, c’est-à-dire confisquer
certains éléments du
matériel de diffusion que possédaient
les militants italiens. Mais ils ont
trouvé face à eux
un mur de résistance de la part
du groupe arrêté qui ne
leur a absolument pas permis de faire
ce qu’ils prétendaient.
Pris au dépourvu, les policiers
ont commencé, à ce moment, à faire
les durs et à menacer : «Maintenant
nous allons vous faire voir comment
nous fonctionnons !» «Vous
allez passer la nuit au commissariat !»...
et ainsi de suite, avec leur répertoire
autoritaire habituel.
À un moment donné,
un détail
a clairement mis en évidence
la préméditation de ce
contrôle et sa nature vexatoire.
Le «chef» de du détachement
entre en communication via téléphone
mobile avec son supérieur,
qu’il appelait «Dottore»,
et fait état de la ferme volonté des
militants de résister à la
perquisition et demande des directives
supplémentaires, tout cela sans
devoir expliciter en rien la nature
de l’opération en cours
ni de l’identité des personnes
interpellées.
On peut clairement
en déduire
que quelqu’un dirigeait cette
opération «frauduleuse» depuis
la salle des commandes du commissariat
de Gênes. On a essayé de
faire croire qu’il s’agissait
d’un contrôle de routine
alors qu’il était en réalité bien
question d’une «normale» opération
proactive de persécution
et d’intimidation anti-contestation
sociale.
Les activistes ont été embarqués
et emmenés au commissariat vers
minuit quarante. Ils ont seulement été relachés à cinq
heures du matin.
Le moment passé en prison a été éprouvant
pour les nerfs détenus, mais
jamais la peur et le découragement
n’ont pris le dessus, bien au
contraire, plusieurs fois des chansons
de lutte comme «Bandiera rossa» ou «Bella
ciao» ont été entonnées !
Pratique de plus
en plus habituelle dans nos “démocraties”,
une
militante, l’unique
femme du groupe arrêté,
a été soumise a destraitements
dégradants. Ils l’ont
fait se déshabiller
et lui ont imposé de faire des
flexions. Cet abus en particulier contre
une femme a pu se produire parce que, à un
certain moment, le groupe a été séparé.
En fait, cette vexation n’aurait
jamais été possible
car les co-détenus auraient sans doute
fait preuve d’assez de détermination
pour la contrecarrer !
Un détail qui dévoile
clairement la nature autoritaire et
anti-démocratique de la police de Gênes,
dirigée
par le ministre Amato, par le premier
chef de cabinet De Gennaro et par le
chef de la police Manganelli, est l’étalage
des «trophées» qu’ils
exposent avec soin et «orgueil» à l’intérieur
des salles d’interrogatoire :
drapeaux du Ché, de Cuba, des syndicats
des travailleurs et des partis de gauche,
confisqués avec violence à l’occasion
des sanglants passages à tabac
envers les manifestants contre le sommet
du G8 en 2001. Ces drapeaux sont posés
comme des avertissements à ceux
qui entrent pour être interrogés.
D’une façon choquante,
ces très peu démocratiques policiers
affichent impunément
la même arrogance autoritaire qui les
mena il y a 6 ans au massacre de masse
dans lequel Carlo Giuliani fut assassiné.
Les militants sont
sortis de cette expérience éprouvés
physiquement par la fatigue, mais
en même temps ils en sont ressortis
renforcés et encore plus convaincus
de la justesse de leur choix de lutte.
En quelque sorte, Carlo Giuliani vit
et continuera à vivre à travers
celle-ci.
Il s'impose de démasquer
et de combattre les opérations
de répression
et d’intimidation du gouvernement
et du ministre de la police Amato. |