De
nombreux passants ont hué la
barbarie de la police et une vingtaine
de membres du Parti communiste de
Turquie (TKP) a manifesté à l’endroit
même où les membres de
HÖC ont été battus.
En ce moment, 126
membres de HÖC
comparaissent devant le procureur de
la république. Les témoins
oculaires soulignent que les brutalités
policières se sont poursuivies
durant la comparution des manifestants
au tribunal.
Le lendemain, des
membres de la Confédération
syndicale des employés (KESK),
de la plateforme socialiste des opprimés
(ESP), des Maisons du Peuple (Halkevleri),
de l’Initiative pour la Paix
(Baris Inisiyatifi) et de la Plateforme
révolutionnaire indépendante
de classe (BDSP) ont manifesté pour
protester cette brutalité policière.
Ce dimanche, la Turquie
va connaître
de nouvelles élections générales.
Au total, 7395 candidats
sont en lice dans les 85 circonscriptions électorales
du pays pour pourvoir les 550 sièges
de la Grande Assemblée nationale.
Aux côtés des 14 partis
politiques qui se présentent,
la loi électorale fixant le
seuil national d’entrée
au Parlement à 10%, les organisations
de la gauche radicale et les patriotes
kurdes du DTP ont décidé de
présenter des candidats indépendants
pour assurer leur élection.
Selon les estimations,
une fois élus,
les candidats pro-kurdes devraient
pouvoir former un groupe à l'Assemblée
avec au moins une vingtaine de députés,
probablement le groupe parlementaire
du parti de la société démocratique
(DTP).
Le DHKP quant à lui, a décidé de
boycotter les élections pour
renforcer un 3e front extraparlementaire
en rupture avec la polarisation entre
une armée qui exacerbe le nationalisme
fasciste et l’AKP au pouvoir,
soutenu par Bruxelles et Washington.
Dans son dernier communiqué,
le DHKP précise cependant ne
pas mener campagne contre les candidats
pro-kurdes et ceux de la gauche radicale.
Lors des dernières élections
législatives de 2002, 11 millions
des 42 millions d’électeurs
ne s’étaient pas rendus
aux urnes. Craignant toute velléité de
désobéissance de la population
envers les shows électoraux,
les autorités, appuyées
par la presse, ne cessent d’appeler
les gens à remplir leur devoir
civique.
Aujourd’hui, nombreux sont les
citoyens qui ne se font plus d’illusions
dans les élections. Par exemple, à Uzunköprü dans
la province d’Edirne (région
de Thrace), les habitants de la ville
ont créé le Parti de
la dernière chance (Son çare
partisi). Les symboles de leur parti
sont la pelle, la pioche et le cercueil « pour
enterrer les autres partis ».
On note aussi qu’aux portes
de certains villages, des habitants
désabusés par les promesses électorales,
ont planté des panneaux invitant
les candidats en tournée électorale à rebrousser
chemin.
Les brutalités policières
observées lors de la manifestation
pacifique des membres de HÖC montrent
une nouvelle fois le caractère
illusoire de la démocratisation
de la Turquie et donne une nouvelle
fois raison aux millions de protestataires
qui boudent les élections.
[Source: Halkin Sesi (www.halkinsesi.tv),
le18 juillet 2007] |