Qui a dit que le dossier DHKP-C était vide ? Et qu'il n'existait aucun élément démontrant une quelconque intention de l'organisation marxiste turque à vouloir commettre des actes de violence en Belgique ?
Musa Asoglu, l'un des six inculpés du procès ? Non, c'est Georges Timmerman, journaliste à De Morgen, lors de l'émission de la RTBF Devoir d'enquête du vendredi 15 mai.
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Ce n'est pas non plus Bahar Kimyongür qui estime que Johan Delmulle -le procureur qui s'acharne à le poursuivre- a participé à « un plan machiavélique » en vue de le livrer aux autorités turques. Non, c'est un responsable de la Sûreté de l'Etat belge qui l'affirme sans ambages.
Le CLEA le pense aussi mais c'est le journaliste Paul Allaer qui confirme que, dans l'affaire DHKP-C, tout tourne autour de l'application de la loi antiterroriste, une loi qui ne nécessite pas la commission de délits pour être considéré comme un terroriste.
Et c'est l'ancien Directeur général de la Législation, des Libertés et Droits fondamentaux au Ministère de la Justice, Claude Debrulle, qui ajoute que de plus en plus de gens s'interrogent sur cette loi parce qu'elle menace la liberté d'expression et la liberté d'association.
Vendredi dernier, Devoir d'enquête a apporté plusieurs éclairages pertinents pour comprendre qu'une condamnation de Bahar Kimyongür -au terme du nouveau procès DHKP-C qui s'ouvre à la Cour d'appel de Bruxelles lundi prochain- constituerait un grave précédent pour tous les citoyens.
Un dossier pour voir plus clair
Le dossier qui suit, sur base d'une analyse approfondie des différents verdicts rendus jusqu'ici dans l'affaire «Kimyongür, Erdal et consorts», démontre pourquoi la loi antiterroriste est source d'insécurité juridique, de dépréciation du Droit et de corruption des libertés. Une synthèse à lire absolument avant l'entame du procès : Quatre procès, deux cassations
D'autant qu'il faudrait consacrer une émission supplémentaire sur ce qui fonde la militance du DHKP-C. Dans le cadre du reportage de la RTBF, en effet, ont été largement passées sous silence une série de thématiques relatives à la situation en Turquie : le non-respect constant des droits de l'Homme qui continue à y prévaloir, les souffrances subies par les cohortes de traîne-misère mais aussi les salariés. Sans parler des exactions d'Etat exercées à l'encontre des minorités « nationales » sauvagement réprimées chaque fois qu'elles font valoir les plus élémentaires revendications démocratiques.
Si vous souhaitez vous informer et découvrir les multiples aspects d'un dossier décidément «pas comme les autres», le CLEA vous invite à consulter les liens suivants :
- Commandez le livre de Bahar Kimyongür Turquie, terre de diaspora et d'exil
- Lisez le dossier «L'autre affaire Erdal»
Problème de mise en perspective ? L'investigation à laquelle se sont livrés les reporters de Devoir d'enquête s'est limitée, par moments, à une répétition des mots du Pouvoir : aucun questionnement n'a, par exemple, été formulé au sujet de la qualification d' « organisation terroriste » dont fait l'objet le DHKP-C. Les pressions exercées par l'Etat turc et la décision du Pouvoir Exécutif européen prise à ce sujet, sans aucun débat démocratique, soulèvent pourtant bien des interrogations. Gageons que des journalistes se pencheront rapidement sur les problèmes qui suscitent les «listes noires» de l'UE et qu'ils informeront la population de la menace que fait planer sur la démocratie, « la guerre contre le terrorisme ».
La RTBF l'a remarqué mais il faut encore le souligner : Le procès DHKP-C, qui reprend le 25 mai à Bruxelles, constitue une occasion de mener à bien un débat nécessaire sur les dangers des législations «antiterroristes».
Au travail !
L'agenda du CLEA pour le mois de mai :
- 19 Mai : Les terroristes font-ils la loi ? Ligue des droits de l'Homme et Bruxelles Laïque, en présence du Clea, 20h00, avenue de Stalingrad 18-20, 1000 Bruxelles. Un débat avec des parlementaires suivi, à 21h30, de la projection du documentaire Résister n'est pas un crime retraçant les moments clés de l'affaire DHKP-C.
- 25 mai : Rassemblement, 8h30, marches du Palais de Justice de Bruxelles avant la première audience du nouveau procès DHKP-C. [Lire]
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