«Ici, ce n’est pas un rendez-vous des fans de Barak Obama !
«Alors qu’après des années de mobilisation, nous entamons le sixième round du procès DHKC, je suis heureux de vous voir, tels des guérilleros, fidèles au poste. Merci à vous tous.
«Chaque jour, chers amis, dans la fureur et le sang, la barbarie fasciste éclate à la face du monde. Chaque flash info nous rappelle tragiquement la violence des mots “terrorisme d’Etat”. Pour se débarrasser de ceux qui l’embarrassent, Israël ne fait pas de procès : l’Etat sioniste terrorise Gaza et sans appel est son jugement : il bombarde, assassine hommes, femmes et enfants.
«Peut-être en avez-vous entendu parler, même Amnesty International s’en est offusqué : il y a quelques mois, en Turquie, en pleine rue, un vendeur de journaux militants a été assassiné par la police. L’un de ses camarades, qui protestait contre ce meurtre, a, quant à lui, été tabassé jusqu’à la mort dans un commissariat.
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Cet acte militant par excellence pourrait être stigmatisé de “terroriste” dans un futur proche
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«Certains affirment encore : “Moi, Monsieur, je garde confiance en mon pays. Je suis sûr que la Belgique et l’Union européenne peuvent être les garants des droits de l’Homme et de la Démocratie dans le monde!”.
«Quelle est pourtant l’attitude de l’Etat belge par rapport au terrorisme d’Etat israélien ou turc ? Ca vous étonne ? Juste avant la guerre d'agression contre Gaza, la Belgique a voté un réchauffement des relations qu’elle entretient avec l’Etat hébreu. Ca vous surprend ? Quelques semaines après les assassinats politiques en Turquie, la police belge a signé de nouveaux accords de coopération avec ses homologues à Istanbul.
«En réalité, notre pays a, depuis bien longtemps, choisi son camp : la Belgique s’allie, se range aux côtés d’Etats qui oppriment les peuples. Dans la guerre mondiale contre le "terrorisme", la Belgique a fait son choix : à la demande de pays comme les Etats-Unis, Israël ou la Turquie, notre Etat répertorie ceux qui s’opposent, par tous les moyens nécessaires, à l’impérialisme et à l’oppression. Et ce n’est pas Israël mais bien ces organisations-là que la Belgique place sur sa liste des terroristes.
«Et nous, citoyens belges, face à la collaboration de notre propre pays avec des régimes belliqueux, face aux injustices qui se déroulent sous nos yeux en Palestine, en Turquie ou en Irak, n’avons-nous pas toutes les raisons d’enrager ?
«Ces derniers temps, exaspérés par les exactions, les dents serrées, la rage au ventre, les yeux mouillés de voir les cadavres d’enfants s’amonceler, certains ont suggéré qu’il serait grand temps d’arrêter de faire de la figuration, qu’il faut aller se battre aux côtés des opprimés, comme les Brigades Internationales l’ont fait en 36’ contre Franco et le Fascisme.
«J’aimerais tant vous dire : “Bonnes gens, rassurez-vous, restez devant votre téléviseur, le pouvoir judiciaire a retenu les leçons de l’Histoire. "No pasarán" n’a pas été crié en vain”. Eh bien, non ! Malheureusement, on a toutes les raisons d’être inquiets puisque nos tribunaux ont condamné récemment comme terroristes plusieurs personnes qui voulaient s’opposer aux forces d’occupation américaines en Irak.
«C’est vrai, vous avez raison, en Belgique, les militants ne sont pas violents. Quand on appose une signature au bas d’une pétition, c’est notre stylo qui fait office d’arme. C’est ça, ce sont nos voix qui font l’effet d’une bombe quand nous scandons à l’unisson : “Palestine vaincra”, et ce sont nos pieds qui frappent le sol quand nous nous rassemblons pour témoigner de notre soutien aux peuples en lutte, pour manifester notre admiration envers des hommes qui ne se résignent pas et qui restent dignes.
«Militer, agir comme nous le faisons sera-t-il un jour également interdit ? Je peux vous dire qu’il ne s’agit pas d’une question anodine, c’est même à cause de ce questionnement que nous sommes ici, là se situe précisément l’un des enjeux majeurs du procès DHKC. En bref, son issue déterminera si le fait de manifester et de s’organiser légalement pour soutenir des peuples en lutte constitue ou non, dans notre pays, un acte terroriste passible de plusieurs années de prison.
«Nous sommes donc présents aujourd’hui pour surveiller que les juges de la Cour d’appel de Bruxelles ne criminalisent pas des militants en les qualifiant de terroristes, une démarche liberticide qu’ont déjà tenté de justifier les tribunaux de Gand et de Bruges dans le cadre de cette affaire.
«Vous en êtes conscients, le procès DHKC constitue une étape essentielle dans la campagne policière visant à réprimer, en Belgique, toutes les formes de contestation sociale. La jurisprudence qui résultera du verdict final du procès DHKC doit en effet, d'après son contenu, permettre ou non aux forces policières d’aller un pas plus loin dans la répression qu’elles exercent sur les militants. Après Bahar et ses camarades, c’est notre tour. C’est pour cela qu’il est si important que nous soyons nombreux à chacune des étapes de ce procès et notamment lorsqu’il reprendra réellement à partir du 25 mai 2009.
«Car en réalité, dans le cadre du procès DHKC, nous sommes au centre d’un champ de bataille. Et c’est trop tard, même si vous essayez de fuir, tôt ou tard, l’ennemi vous rattrapera. C’est donc notre liberté à tous qui est en jeu à chaque moment de ce procès et il est de la responsabilité de chacun d’entre nous que cette bataille judiciaire tourne en faveur de la Liberté des militants.
«C’est la loi antiterroriste qui permet de condamner, dans notre propre pays, comme criminels les opposants politiques, ceux qui résistent ou ceux qui entendent se solidariser avec des luttes de libération. Et dans sa version 2009, cette loi entendra même s’attaquer, plus directement encore qu’actuellement, à la simple expression d’une solidarité définie, désormais, comme de “l’apologie du terrorisme”.
«Face à la violence de ce système mondial toujours plus inégalitaire, on n’aurait pas de raisons d’être fâchés, de vouloir tout changer ? Mais eux, ils ne veulent pas ; eux, ils veulent maintenir l’ordre tel qu’il est ; eux, ils ont peur que nos mots d’ordre traversent l’esprit des gens de la même manière que leurs balles transpercent les corps de nos frères… comme en Grèce. Alors, comme en France où la police stigmatise des anarchistes, les 9 de Tarnac, avec la loi antiterroriste, l’Etat belge entend museler tous les contestataires, comme il le teste dorénavant sur les communistes du Secours Rouge.
«Chers amis, si nous envisageons, aujourd’hui comme demain, de participer à la construction d’un monde meilleur, nous devons absolument stopper cette spirale répressive. Certes, en marquant notre solidarité avec les militants pourchassés mais également en dénonçant l’arme législative dont disposent les tribunaux pour chasser le militant.
«Et sur cette question aussi, nous demeurerons intransigeants : nous refusons de choisir entre les balles réelles et les balles en caoutchouc, entre la matraque et les lacrymos avec lesquels l’Etat cible ses opposants. Les parlementaires belges qui entameront le mois prochain une évaluation de la loi antiterroriste ne doivent pas se contenter de réformer cette législation. Ces prochaines semaines, nous allons faire monter la pression, nous allons mobiliser et nous exigerons que la loi antiterroriste belge soit purement et simplement abrogée.
«Vous avez aussi cette impression ? Face à tant d’injustices, d’avoir envie d’exploser ! Chers amis, nous devons faire front : chacun à sa façon, de Bruxelles à Gaza, de Tarnac jusqu’en Irak, d’Athènes à Ankara, nous sommes tous en lutte contre le terrorisme d’État.» |