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Record battu ! Dix années que s’éternise l’affaire DHKP-C. Elle a transité par tous les arrondissements judiciaires possibles et imaginables : Bruges, Gand, Anvers et maintenant, Bruxelles.
Et pourquoi au juste? Pour condamner des terroristes ?
Pourquoi alors, pas la moindre douille ne se trouve enregistrée comme pièce à conviction dans le dossier pénal ?
Comment se fait-il que l’on parle de terrorisme, dans une affaire où aucun acte de violence n’a été commis ou ne se préparait en Belgique, en Turquie ou ailleurs ? |
De loin, on l’avait repéré, et vous aussi, vous l’avez distinctement entendu : Johan Delmulle qui avance au pas cadencé. Le procureur fédéral est là pour s’acharner contre des militants.
Pour dire vrai, ciblés par Big Brother, on est vraiment peu de chose. Ici, nous tous, on est peut-être aussi imposants… qu’un tout petit caillou.
Mais au moins, un caillou dans la chaussure à Delmulle, une petite pierre qui l’exaspère et dont il n’arrive pas à se défaire !
Aujourd’hui, c’est l’heure des comptes ! Johan Delmulle a essayé d’extrader illégalement Bahar Kimyongür vers la Turquie. Bienvenue dans la démocratie «made in Belgium» où un procureur hors-la-loi peut impunément dicter sa loi.
Vous savez, Delmulle, c’est quand même quelqu’un ! Par exemple, quand on a soupçonné le Premier Ministre d’avoir transgressé le «sacro-saint principe» de la séparation des pouvoirs, Yves Leterme et certains de ses ministres ont immédiatement démissionné.
Johan Delmulle, lui, s’est fait casser par la Cour de cassation parce qu’il avait choisi le juge appelé à statuer dans le dossier DHKC… C’est la démocratie «made in Belgium» : au-dessus des lois, le procureur Delmulle continue à persécuter des opposants politiques.
Militants pourchassés, libertés d’expression et d’association violées, dossier vide, accusateur public maccarthiste… il suffit de se renseigner un tout petit peu, pour savoir que ce que nous répétons sans faiblir depuis des années est vrai…
Dans la démocratie belge, la vérité ne fait vraiment pas le poids face aux mensonges d’un procureur.
Attention ! Les législations appliquées dans ce procès sont sujettes à controverses et donc les parlementaires sont en train d’évaluer la loi antiterroriste…
Je suis persuadé que vous ne devinerez jamais qui était l’invité vedette des deux séances de la Commission du Sénat. Oui, en plein dans le mille : Johan Delmulle. C’est impressionnant, Delmulle au tribunal ou Delmulle devant la commission parlementaire, c’est Dick Cheney sur Fox News. Si vous lui prouvez que sa «guerre contre le terrorisme» constitue une menace pour la démocratie, il vous répondra : «Oui, mais si jamais il y a un attentat, c’est quand même à moi, que vous demanderez des comptes». Et quand on lui démontre que Bahar Kimyongür n’a commis aucun délit, il rétorque : «Jamais, je ne pourrais tolérer qu’Al Qaeda revendique des attentats à partir de la capitale de l’Europe».
Raccourcis grotesques ? Scandaleux ? Attention, l’argument fait mouche ! Grâce à cette rhétorique, Johan Delmulle a semblé convaincre les parlementaires aussi facilement que les juges de Bruges et de Gand.
Chers amis, quand le procureur parle de terrorisme dans cette affaire, c’est uniquement pour faire peur aux gens, pour laisser penser que nous sommes à la merci d’attentats sanglants comme à Madrid ou en Irak.
Le moment est donc venu de mettre les choses au point une bonne fois pour toute ! Si être terroriste, c’est tout faire pour tuer massivement des civils innocents dans une gare ou sur un marché, alors, soyez-en certains : le DHKP-C n’est pas et n’a jamais été une organisation terroriste.
Nous ne cherchons pas à caricaturer la réalité, à réduire le débat au «Bien» contre le «Mal». Si à chaque fois, nous nous sommes déplacés au tribunal, si nous répondons présents à chacune des occasions où il s’avère nécessaire de soutenir Bahar, Musa ou Sukriye, c’est pour affirmer que l’arsenal répressif dont disposent Johan Dubbleyou Delmulle et la police belge ne nous intimide pas.
Nous, les citoyens, les militants, nous refusons de nous taire : nous continuerons à critiquer, à protester, à marquer notre solidarité avec les peuples debout pour leur dignité.
Nous continuerons à nous mobiliser, pour changer le monde.
Jamais, depuis les attentats du 11 septembre, la résistance aux législations liberticides n’a été aussi tenace que dans l’affaire DHKC. A l'instar des trois juges d’Anvers, qui ont totalement innocenté les inculpés du chef d'appartenance à une organisation «criminelle et terroriste», nous tiendrons bon. Car nous devons empêcher que, dans notre pays, une jurisprudence dite «antiterroriste» ne criminalise les contestataires et les militants.
Jamais, Bahar et les autres opposants politiques au régime d’Ankara ne doivent retourner derrière les barreaux : s’ils sont à nouveau condamnés à Bruxelles, une part de chacun de nous, sera alors emprisonnée.
Dans la démocratie belge, l’ombre de George Bush plane toujours sur ceux qui sont censés nous représenter dans les différentes instances de l’Etat. Même des Sénateurs l’admettent : sans rapport de forces favorable, notre salut ne viendra ni des élections ni du Parlement.
Pensez-y, dans l’isoloir et chaque jour de votre vie : pour défendre ce que nous possédons de plus cher, pour protéger nos libertés, nous ne devrons compter que sur nous-mêmes.
Chers amis, je vous demande d’accueillir chaleureusement, de soutenir et d’encourager les militants victimes de la répression judiciaire. Applaudissez Bahar et ses camarades, ils méritent tous, tout notre soutien ! |